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ÉDITO
André Rouillé
De la passion dans l’art
07 févr. 2008
Numéro 223



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beaux Ryman du monde» : l’amour («J’en tombe totalement amoureux»), l’obsession («Je vais le voir tous les jours»), la préparation à l’épreuve de l’enchère («Je me dis qu’à moins de 2,5 millions de dollars je ne l’aurai pas. Je me prépare à ce prix»), le temps de la confrontation  («J’ai vécu cette vente dans mon lit, depuis ma chambre d’hôtel»), la victoire («Je l’emporte à 2 millions. Je suis fou de joie»).

Enfin, Claude Berri ne manque aucune occasion de souligner que les œuvres ne s’abordent jamais facilement et directement, qu’elles ne se dévoilent pas sans intercesseurs.
Le premier de ces intercesseurs est le savoir. Collectionner s’apprend : «C’est un processus lent que de devenir collectionneur». Faute de savoir, on est aveugle devant les œuvres : «Je ne comprenais pas. Je ne voyais rien» confesse Claude Berri à propos des œuvres de Robert Ryman avant qu’il ne rentre dans son univers.
Les galeristes, les commissaires-priseurs et les critiques sont également des intercesseurs. Mais il en est d’autres plus précieux encore : tous ses amis qui regardent les œuvres de sa collection. «J’aime sentir ce qu’il y a dans [leurs] yeux, cela renouvelle ma façon de regarder. On a aussi besoin du regard des autres».
Regarder les œuvres au travers du regard des autres. Comme pour se protéger des éblouissements qui émanent des œuvres. Comme pour franchir une nouvelle étape sur ce chemin infini qui mène vers les œuvres.



André Rouillé

______________
Carl André, 3rd Iron Square, 2007. Plaques de fer de 10 x 10cm assemblées. 30 x 30cm. Courtesy Galerie Yvon Lambert. © Carl Andre. Photo André Morin.

Lire l'entretien de Claude Berri dana Beaux-Arts Magazine, févr.

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