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ART | CRITIQUES
Louise Bourgeois
Tendres compulsions
05 mars - 02 juin 2008
Paris. Centre Pompidou


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Louise-Bourgeois-<em>Crouching-Spider<-em>-2003-Bronze-patin-eacute;-au-nitrate-d-rsquo;argent-et-acier-inoxydable-Vue-au-Centre-Pompidou-Forum-Courtesy-Centre-Georges-Pompidou-Paris-©-Georges-Meguerditchian
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ADAGP-Paris-2008

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Courtesy-Centre-Georges-Pompidou-Paris-©-Louise-Bourgeois
Photo-Christopher-Burke-ADAGP-Paris-2008

  
Par Muriel Denet

tanières (Lair), qui évoquent des amas de matières fécales. Les formes mammaires et caverneuses, restes d’un festin anthropophage, pullulent dans l’installation baignée de lumière sanglante, qui engloutit la figure du père. Puis le marbre, que l’artiste travaillera à Pietrasanta en Italie, au milieu des années 60.

Le marbre blanc des Cumul, mais aussi le noir rugueux d’un sarophage perlé de ventouses rétro éclairées, telles que celles qu’elle appliquait à sa mère malade (Ventouse, 1990). En biscuit, plus loin, un personnage fantastique monte la garde : un autoportrait paraît-il, en Cerbère décapité, toutes mamelles dehors, pattes griffues, et phallus en bandoulière (Nature Study).

L’hermaphrodisme ou le mélange des genres : l’hystérie, «normalement» féminine, tend ici un corps masculin et gracile, en un arc acrobatique et parfait, en bronze poli (Arch of Hysteria). L’ambivalence et la force de ces sculptures tiennent tout autant aux formes qu’aux matériaux, et aux tensions qu’ils induisent. Les replis de latex évoquent l’intériorité chaude et humide des corps ; le poli du marbre, du biscuit ou du bronze, font eux barrage, miroir condamnant à l’extériorité.

Dans la salle des «Lieux de mémoires», l’araignée (Spider), au gigantisme et à l’élégance cauchemardesques, règne en figure protectrice au-dessus d’une cage cylindrique qui accueille quelques vestiges d’un temps passé, dont des fragments de tapisseries violentés, tel ce chérubin émasculé par les mains de la mère pour les besoins puritains du marché américain.
Plus loin, les chambres rouges. Celle des enfants, d’un côté, emplies de machineries inutiles et de fluides figés, de l’autre, celle des parents, couleur sang et passion. Enserrées dans des parois de récupération installées en colimaçon, elles capturent le spectateur qui se fait voyeur vu par un autre spectateur, ou par lui-même, dans un miroir piège.

Le Passage dangereux est encore un piège à spectateur. Pourtant extérieur à la cage, impénétrable et pleine d’un bric à brac déconcertant – de vieilles chaises dépareillées sont suspendues dans les airs -, le voilà cerné, dans l’étroit couloir de circulation.
Sur un sommier sommaire, une mécanique à forniquer, corps réduits à des tiges d’acier chaussées de pieds nus, annoncent d’autres copulations, comme celle du Couple IV, sans tête, et unijambiste, aux gros corps asexués de tissu noir rembourré. L’acte d’amour est sinistre et mécanique, ou bien orgiaque et incestueux (Seven in bed).
Dans cette dernière partie c’est le tissu et ses formes molles qui dominent, comme un retour aux sources. Des Personnages réapparaissent en empilement de coussinets cubiques, ainsi que des fragments de corps, grossièrement surfilés, amputés ou embryonnaires, qui rappellent la première activité de Louise dans l’atelier familial qui consistait à restaurer les pieds et les mains des personnages de tapisseries. Une œuvre qui, jusqu’au bout, oscille avec malice entre restauration et cannibalisme.

Le Cabinet d’art graphique, tel un cabinet de curiosités ou un laboratoire, fourmille d’esquisses et de miniatures, de petites protubérances phalliques en bronze, de femmes-maisons en marbre.
A l’entrée, une mosaïque de quadrillages griffonnés au stylo bleu, et rouge, trahit la frénésie toujours vivace de l’expérimentation, quelqu’en soit le matériau (Sans titre, 2004).

La force de l’œuvre, et l’exposition en est une remarquable démonstration, réduit finalement l’histoire personnelle et intime, abondamment racontée, et sans cesse réinterprétée par l’artiste elle-même et ses exégèses, à un arrière-plan, un fond de sauce, qui bouillonne, et s’exprime par cristallisations aux formes multiples, tout en tension entre attraction et répulsion, dégoût et fascination, morbidité et enfantillage. Rien que de plus universel.

Publications
Louise Bourgeois, Éd. Centre Pompidou, Paris, 2008.

Œuvre(s)
Louise Bourgeois
Crouching Spider, 2003. Bronze patiné au nitrate d’argent et acier inoxydable.
Arch of Hysteria, 1993.
Quarantania I, 1947-53.
The Blind Leading The Blind, 1947-9.
Fillette (Sweeter version), 1968-1999. Latex sur plâtre, œuvre suspendue. 59,6 x 26,6 x 19,6 cm.
Louise Bourgeois, 2007. Photographie. Portrait de l’artiste.

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com