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ART | CRITIQUES
Christoph Büchel, Daniel Firman...
Superdome
29 mai - 24 août 2008
Paris. Palais de Tokyo
Marc-Olivier Wahler, le directeur du Palais de Tokyo, présente cinq artistes réunis dans une exposition au titre un peu étrange «Superdome» au vu des oeuvres rassemblée. S’agit-il de montrer, une fois encore, l’élasticité que l’art peut revêtir aujourd’hui.   


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Fabien-Giraud-amp;-Rapha-euml;l-Siboni-<em>Last-Manoeuvres-in-the-Dark<-em>-2008-laquo;-Last-Manoeuvres-in-the-Dark-raquo;-Terre-cuite-noire-eacute;maill-eacute;e-intelligence-artificielle-acier-Pr-eacute;visualisation-CGI-de-l-installation-2008-nbsp;-Courtesy-le-Palais-de-Tokyo-©-Fabien-Giraud-Raphael-Siboni

Jonathan-Monk-<em>Stationary-Metamorphosis-Within-a-Geometric-Figure<-em>-2008-laquo;-Time-Between-Spaces-raquo;-Courtesy-Galerie-Nicolai-Wallner-Copenhague-©-Anders-Sune-Berg-©-Jonathan-Monk

Arcangelo-Sassolino-<em>Afasia-1<-em>-2008-laquo;-Afasia-1-raquo;-Acier-gaz-verre-nbsp;-Courtesy-le-Palais-de-Tokyo-©-Arcangelo-Sassolino

Daniel-Firman-<em>Chute-libre<-em>-2007-Coffre-fort-et-cong-eacute;lateur-Courtesy-Galerie-Alain-Gutharc-©-Daniel-Firman
©-Photographie-Marc-Domage

  
Par Isabelle Soubaigné

L’exposition «Superdome» ouvre ses portes comme le stade mythique du même nom. Mais quels points communs peut-on trouver entre l’exposition et le Superdome construit à la Nouvelle-Orléans, à la fois lieu de divertissement avec ses Super Bowls et ses concerts, et lieu de recueillement et d’accueil pour des causes plus sociales ou politiques.
C’est en s’inspirant de cette dualité que le directeur du Palais de Tokyoa rassemblé des oeuvres qui oscillent entre spectacle et vanité. En jouant sur la capacité  des productions artistiques à s’étendre d’un domaine à un autre et à côtoyer ainsi des mondes différents et riches d’enseignement, Marc-Olivier Wahler cherche à montrer, une fois encore, l’élasticité que l’art peut revêtir aujourd’hui.

Aucune entrée spectaculaire, pas de sens de visite déterminé par une signalétique trop voyante. Seul le texte explicatif se détache sur le mur de droite et quelques flèches discrètes nous indiquent l’endroit où l’on peut trouver les oeuvres exposées. Une petite cimaise blanche nous fait face et nous invite à la contourner pour découvrir le  travail de Fabien Giraud et Raphaël Siboni.

Last Manoeuvres in the Dark trône dans une des premières pièces du Palais de Tokyo. Une multitude de casques en terre cuite noire émaillée à l’effigie de Dark Vadors est disposée à la manière de l’armée de Xian. Ces masques qui semblent empalés sur la structure métallique qui les soutient nous toisent de leurs regards inquiétants. Des fils les relient à un ordinateur central et s’apparentent à des barbelés.

A la fois coeur, poumon et cerveau, le serveur informatique diffuse différents morceaux de musiques qui se chevauchent et se mélangent pour recomposer à l’infini un chant de noirceur ténébreux. Les sons sourds diffusés par les hauts parleurs qui nous entourent entrent en écho avec la composition géométrique de l’ensemble de l’oeuvre.
La figure du mal utilisée ici et cristallisée dans l’image du contre-héros de la Guerre des étoiles se multiplie et semble pouvoir se déployer à l’infini. Mais la répétition des “visages” annule l’unicité de la terreur qui s’en dégage. On ne craint plus “Le Mal” incarné dans un seul être, mais l’on est plongé dans une atmosphère où ce sentiment provient de toute part. Le passage du singulier au multiple change notre vision de l’ensemble.
Fabien Giraud et Raphaël Siboni tentent de nous faire accéder à leur vision futuriste et angoissante d’une culture du divertissement  qu’ils déclinent sous plusieurs formes.

On passe du bruit au silence. Dans la pièce voisine une immense cage en fer contient une machine étrange. Tout d’abord figée dans un mutisme total, elle se révèle au bout de quelques minutes comme un appareil dangereux qui propulse à plus de 600 km/heure des bouteilles de bières vides. Afasia est l’oeuvre d’Arcangelo Sassolino.
Issue d’une nouvelle série ayant pour thème l’aphasie, cette installation scande notre visite de détonations sourdes et inattendues. Les bris de verre s’entassent au pied du mur qui fait obstacle aux projectiles. Les bouteilles utilisées font à la fois référence à la culture pop / rock et à l’environnement urbain. Mais c’est avant tout la violence qui prend forme. Le rapport avec le spectateur est tendu.
On aborde l’oeuvre de manière physique et tout notre corps est mis à contribution dans cette expérience angoissante. Suspendu dans le temps et dans l’espace le geste de l’artiste incarné dans le processus mécanique d’une machine aux allures de mitraillette, nous contraint à une immobilité angoissante. Nous attendons inquiets et espérons ne pas nous laisser surprendre.

Le mot «aphasie» signifie «sans parole» et désigne un trouble affectant l'expression ou la compréhension du langage parlé ou écrit en dehors de tout déficit sensoriel ou d’un dysfonctionnement physique. Ce terme prend ici tout son sens. La suspension, un court instant,  du langage artistique d’Arcangelo Sassolino est mise en parallèle avec notre présence stupéfaite. Pour lui, ses “sculptures sont les émetteurs d’un temps physiquement comprimé, d’une mémoire permanente, d’un  équilibre dangereux.” Nous sommes pris en otage d’une oeuvre en constant devenir sur laquelle nous n’avons aucun contrôle.
   
Plus loin, Daniel Firman donne une autre interprétation de la notion d’équilibre et de la gravitation des corps. L’éléphant Würsa (à 18000 km de la Terre) est une production conçue  spécialement pour le Palais de Tokyo. Posé au centre de la pièce, l’animal  hyperréaliste de taille réelle repose sur sa trompe et pointe vers le plafond le reste de son

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