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ART | CRITIQUES
Sam Durant
Sam Durant
15 mars - 17 mai 2008
Paris. Galerie Praz-Delavallade
L'artiste américain Sam Durant investit les deux espaces de la galerie Praz-Delavallade de ses œuvres à la fois naïves et anxiogènes, dénonçant les contradictions sociales et politiques aux États-Unis.


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-nbsp;-Courtesy-Galerie-Praz-Delavallade-©-Sam-Durant

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-nbsp;-Courtesy-Galerie-Praz-Delavallade-©-Sam-Durant

  
Par Magali Lesauvage

Sur des cubes blancs, socles qui font de l'œuvre une sculpture, l'artiste américain Sam Durant a disposé des miroirs. S'y réfléchissent des petites constructions de bois, modèles réduits de potences. Dans cette installation, dont le titre Abolition dévoile sans détour le propos, Sam Durant fait un inventaire terrible des instruments de la peine de mort par pendaison, esquissant ainsi une autre histoire des États-Unis.
<r /> Des modèles du XIXe siècle, utilisés pour les hors-la-loi ou les esclaves récalcitrants, au Saddam Hussein Gallows, en passant par le Lincoln Conspirators Gallows, c'est toute l'histoire du système social et judiciaire américain qui est convoquée dans des œuvres d'apparence naïve, mais où les miroirs apportent une dimension réflexive.

Par l'effet de répétition, le spectateur se trouve piégé par la tentation de la comparaison typologique, comme lorsqu'il est face aux photographies de châteaux d'eau des Becher - technique de la répétition qui souligne par ailleurs l'engourdissement des consciences, à l'heure où l'élection présidentielle américaine semble oublier la question de la validité de la peine de mort. Une série de dessins vient compléter l'installation: Sam Durant y fait l'inventaire des modes d'exécution, associées à des statistiques sur les origines ethniques des condamnés à mort, une histoire des death rows où ils sont incarcérés, ou des études de criminologie.
Il fait ainsi œuvre de faits historiques, captés dans le réel mais non visibles, occultés par le pouvoir dans des stratégies de réécriture de l'Histoire.

Artiste engagé, Sam Durant dénonce tour à tour dans ses œuvres la colonisation, dont il dissèque les ambiguïtés dans des tableaux vivants (Pilgrims and Indians, Planting and Reaping, Learning and Teaching, 2006), la permanence des luttes pour les droits civiques ou les oublis de l'Histoire (Proposal for White and Indian Dead Monument Transpositions, Washington, D.C., 2005).

Aussi son œuvre tend-elle à s'orienter vers la typologie du monument, comme œuvre d'art destinée à interpeller la société. Le second espace de la galerie, rue Duchefdelaville, présente une installation de 2000, intitulée Southern Rock Garden Beginning-less/Endless Primordial Connection to a Floating World with Consciousness of Sheer Invisible Mass.
Ce projet de monument vise à rendre hommage au «Southern rock» (rock sudiste), né dans le parc de Jacksonville, en Floride. S'inspirant de la composition forme de symbole de l'infini des pierres du temple Ryoanji à Kyoto, des fausses pierres (rocks en anglais), auxquelles sont associées des sons, font circuler le spectateur autour d'une poubelle verticale.
La bande sonore, composée par Takeshi Kagami, associe les clochettes bouddhiques à la musique rock. La musique, objet du monument et métaphore de l'art en général, relie les êtres dans un mouvement hypnotique, dans le vase clos des références.

Œuvre(s)
Sam Durant
1) Galerie rue Louise Weiss:
Gallows Composite A (Mankato Gallows, Haymarket Gallows, Rainey Bethea Gallows, Saddam Hussein Gallows), 2008. Wood, metal, spray enamel, pvc. Dimensions variables.
Gallows Composite B (John Brown Gallows, Billy Bailey Gallows, Lincoln Conspirators Gallows), 2008. Wood, metal. Dimensions variables.
— 10 dessins, 2008. Graphite on paper. 61 x 81,5 cm chacun :
History of Death Row
Death Penalty Last
Death Row Exonerations
Increases
Financial Facts
Recent Studies
Criminologists View
Race Executed
Support for Life
Education
.

2) Galerie rue Duchefdelaville:
Southern Rock Garden Beginning- less / Endless Primordial Connection to a Floating World with Consciousness of Sheer Invisible Mass, 2000. Fiberglass, trash can, audio system. 91,5 x 580 x 640 cm
— 10 œuvres sur papier, 2000.
- Collage and adhesive tape on photocopy. 28 x 21,6 cm chacune :
Wandering Rocks with Trash Can
Time Thinking w/ Trash Can
Garbage Can of Spiritual Understanding
Noguchi’s Garden w/ Trash Can
Trash Can/Noguchi Sculpture
Formal Influence.

- + 4 ink on paper. 45,72 x 59,7 cm chacune
Friendship, Park Working, Drawing
Ben Franklin’s Stove
American Theme/Pot Bellied Stove
Friendship Park with Flags
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