PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
ART | CRITIQUES
Jennifer Allora, Michel Blazy...
Ralentir vite
09 déc. 2004 - 20 févr. 2005
Paris. Le Plateau
Des installations, peintures et sculptures pour un parcours à différentes vitesses rappelant qu’une œuvre ne se consomme pas comme un produit, qu’il existe un temps du regard à retrouver pour saisir la portée des images.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR
LIRE L'ANNONCE
INFOS PRATIQUES

Michel-Fran-ccedil;ois-<em>Le-Projecteur<-em>-2004-Affiches-Courtesy-galerie-Carlier-l-gebauer-Berlin

Dominique-Gonzalez-Foerster-<em>Petite<-em>-2001-Installation-avec-DVD-352-x-652-cm-Courtesy-Schipper-Krome

Dominique-Gonzalez-Foerster-<em>Petite<-em>-2001-Installation-avec-DVD-352-x-652-cm-Courtesy-Schipper-Krome

David-Claerbout-<em>Sans-titre<-em>-(Carl-and-Julie)-2000-Installation-vid-eacute;o-Courtesy-galerie-Micheline-Szwajcer

  
Par Muriel Enjalran

Pour son premier commissariat d’exposition au Plateau, Caroline Bourgeois a choisi de présenter un ensemble de pièces explorant l’image dans toutes ses dimensions : conceptuelle, temporelle, politique et sensible. Dans un espace transformé et recomposé, installations, peintures, sculptures, certaines présentées pour la première fois en France, rythment et définissent un parcours à différentes vitesses qui nous rapplle qu’une œuvre ne se consomme pas comme un produit, qu’il existe un temps du regard qu’il faut retrouver pour saisir la portée des images.

C’est à votre propre image que vous êtes confrontés dès votre entrée dans l’espace d’exposition avec les miroirs jumeaux de Félix Gonzales-Torres qui saisissent un instant votre présence solitaire ou accompagnée.
Les questions du double, de l’altérité et de la disparition sont évoquées par une autre pièce un peu plus loin : les doubles ampoules qui ne s’éteindront pas au même moment symbolisent la durée de la vie humaine.

C’est le rapport de l’œuvre au temps que remet ici en cause Michel Blazy en nous proposant une promenade dans un jardin au blanc d’Espagne : corolles, motifs en spirale couvrent le sol de tout l’espace. L’affluence en réduit la durée de vie, l’œuvre est condamnée à disparaître sous les semelles des visiteurs et à contaminer finalement tout le lieu et l’espace extérieur : œuvre éphémère et « proliférante », le visiteur grâce à elle laissera une trace de son passage.

On se faufile ensuite dans l’atelier déserté de Bruce Nauman à l’image des souris qui de temps en temps animent la pièce. L’artiste présente une vidéo montrant les images diurnes de son atelier enregistrées avec une caméra infra-rouge. Il poursuit ici son questionnement sur la création évoquée déjà dans plusieurs pièces : quels rapports entretient l’artiste avec son atelier ? Qu’est-ce que ce lieu nous dit d’un processus créatif ? Est-ce qu’il confère une caution artistique aux objets qui y sont produits ? L’atelier, où l’artiste a réalisé de nombreuses vidéos ayant pour sujet direct le corps et ses déplacements, devient l’unique objet de l’œuvre.

La vidéo de David Claerbout nous fait, elle, entrer dans l’intimité d’une famille. Un homme et une petite fille sont sur la terrasse d’une maison de vacance très stylisée. La fillette occupée à dessiner nous tourne le dos, l’homme, quant à lui, nous regarde imperturbable. Un capteur placé à l’entrée de la salle d’exposition signale la présence du visiteur : alors le petite fille se retourne un instant, puis se remet à dessiner. Il se dégage une certaine mélancolie et étrangeté de cette image, entre fixité et mouvement. Œuvre interactive et déroutante, le regardeur devient le regardé.

L’étrangeté et le rêve pourraient définir l’univers de Dominique Gonzalès-Foester et de Sébastien Diaz-Moralès. L’aspect très cinématographique de leur travail, le souci de la mise en scène les rapprochent.
Dans Petite, Dominique Gonzalès-Foester a reconstitué l’univers blanc et doux d’une petite fille dont la silhouette fantomatique apparaît et disparaît sur une fenêtre-écran. De lents travellings montrant des ombres, des paysages semblent évoquer l’univers réel et rêvé de la fillette. L’œuvre se situe dans la lignée des « Chambres », une série de pièces qui explorent la notion d’identité, la limite des espaces privés et publics, qui, brouillant les repères du spectateur, créent un sentiment d’angoisse et d’anxiété.

L’angoisse et l’anxiété sont également suscitées par le film de Sébastien Diaz-Moralès où l’on suit la course effrénée d’un homme traînant un sac dans des paysages semi-désertiques de Patagonie. Le danger invisible est signifié par les hurlements d’une meute qui relance régulièrement la course.
L’image dédoublée marque la limite entre deux réalités qui se superposent, se disjoignent ou se prolongent. C’est un véritable tableau surréaliste que propose ici Moralès : son personnage en chapeau rond et complet, venu de nulle part, n’est pas sans évoquer L’Homme au melon de Magritte, et le paysage bleu et sombre sans rappeler l’univers de Dali.

Le dédoublement et la surimpression caractérisent également la pièce de Judith Kürtag. Des images en noir et blanc d’un visage, d’une main et d’un mur glissent et se superposent dans une lenteur qui les rendent presque abstraites, à la façon d’une mémoire qui confond, mélange et réinvente.

Revenir sur l’origine d’une

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
LIRE L'ANNONCE
INFOS PRATIQUES
 



Rechercher une critique d'expo