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ART | CRITIQUES
Laurent Grasso
Laurent Grasso
29 oct. - 03 déc. 2005
Paris. Galerie Chez Valentin
Pour sa deuxième exposition à la galerie Chez Valentin, Laurent Grasso utilise le motif à la fois neutre, banal et fantasmatique du nuage, pour offrir une rêverie sur l’image et son statut, dans une installation non dépourvue d’étrangeté.


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Par Anne Malherbe

L’espace de la galerie Chez Valentin est particulièrement approprié à la dernière œuvre de Laurent Grasso, Projection (précédemment exposée à la galerie Extraspazio de Rome). Ayant franchi les portes en verre fumé, le visiteur se voit entouré par les différentes déclinaisons d’un même motif. Série de photographies, néon, projection vidéo, film sur moniteur serent en effet de supports multiples à la présentation d’un nuage. Motif récurrent de l’histoire de l’art — exercice d’école de tout peintre —, le nuage, ici, ne permet jamais d’élucider totalement les raisons de sa présence.

Occupant largement le fond de la salle, la vidéo se déroule en un long travelling arrière. Un nuage de fumée court à travers les rues de Paris comme une menace. L’installation sonore, un grondement sourd, guide notre interprétation : rumeur qui enfle? phénomène météorologique mutant? cavalerie fantôme? A travers les volutes blanches on jurerait presque de voir se profiler les sabots d’un cheval. Cependant la fumée poursuit sa course entre les porches, les enseignes et les vitrines, sans autre modification. Un instant, elle se rapproche de la caméra et vient en occulter tout le champ. Mais rien ne se produit, sinon que la vidéo recommence sa boucle.

Le film, cette fois en noir et blanc, est également montré sur un vieux téléviseur des années 60. Le support, qui attire l’attention, le noir et blanc, la taille réduite de l’image établissent une distance entre le spectateur et le film. La force suggestive du nuage en est affaiblie et l’on s’interroge alors davantage sur l’incongruité de l’ensemble. Si le téléviseur semble devoir imposer une date au film qu’il retransmet, le film, en revanche, sans narration, donc privé de repères chronologiques, n’en apparaît que plus insolite. Dépourvu de cause et de finalité (on ne saura jamais la raison de sa course), le nuage se meut indépendamment de la téléologie qui conduit généralement les histoires. Suspendu au-dessus du sol, occultant la rue, mais dénué de toute force d’impact, il est aussi sans ancrage dans la réalité.
Pour autant, la situation ne se veut pas absurde. Le nuage pose plutôt l’hypothèse d’une fumée sans feu, d’un élément qui s’insèrerait dans le monde hors de la chaîne des causes et des effets.

Les photographies, où ce même nuage se détache sur un fond sombre, accroissent l’étrangeté du phénomène en posant la question de l’antériorité : le nuage montré sur les photographies a-t-il été abstrait du film? ou au contraire les photographies présentent-elles le motif qui sera ensuite glissé dans ce film? La question n’est oiseuse qu’en apparence : elle relève encore une fois l’impossibilité d’assigner une place à ce nuage qui ne connaît ni origine ni évolution. Nuages dans lesquels cependant, comme dans ceux que Mantegna plaçait dans ses ciels, on voudrait voir une silhouette ou un profil.

Enfin, le néon, couronnant le mot «projection» de la silhouette stylisée du nuage, en offre par là-même une autre représentation. Mais, justement, film, photographies, néon doivent-ils être perçus comme les différentes images d’un nuage qui existerait en-deçà de chacune de ses représentations et qui serait le seul véritable? Ou celui-ci n’existe-t-il nulle part?

Ce phénomène déroutant qui glisse dans les rues ne serait en effet qu’une image mais sans modèle, un nuage anti-platonicien, sans amarres ontologiques. Comme le titre l’indique, il n’y aurait de réalité que celle de la projection, celle de nos fantasmes qui lestent les images flottantes, constitutives du monde visible.

Œuvre(s)
Laurent Grasso
— Projection, 2005. Néon. 180 x 140 cm.
— Sans titre, 2003-2005. Vidéo couleur sonore support dvd. 3 minutes en boucle.
— Sans titre, 2003-2005. Vidéo N&B sur support dvd, téléviseur Doney Brionvega, socle en bois.
— Sans titre 1, 2005. Photographie marouflée sur aluminium, châssis affleurant. 94 x 74 cm.

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com