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ART | CRITIQUES
Jenny Holzer
Jenny Holzer
11 sept. - 23 oct. 2004
Paris. Galerie Yvon Lambert
Avec trois installations de diodes Jenny Holzer met en espace les poèmes de son ami et poète américain Henri Cole. A l’aide de « bandes électroniques », elle chorégraphie les mots, les laisse naître des murs, apparaître pour s’effacer enfin. Elle ouvre un espace poétique sans cesse renouvelé, où les mots sont donnés à voir avant même de se donner à lire.


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Par Isabelle Soubaigné

Pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie Yvon Lambert, Jenny Holzer, connue depuis vingt-cinq ans pour ses installations politiques aux messages fortement engagés, présente trois nouvelles installations de diodes qui mettent en espace les poèmes de son ami et poète américain Henri Cole.
En se servant de ces « bandes électroniques » l’artiste chorégraphie les mots, les laisse naîtr des murs, apparaître pour s’effacer enfin, en se donnant à voir avant même de se donner à lire. Elle ouvre ainsi un espace poétique sans cesse renouvelé.

La première pièce plonge le visiteur dans une obscurité presque totale interrompue par le passage de phrases de couleur rouge qui semblent s’écrire au fur et à mesure de leur lecture.
Neuf bandes de taille décroissante du haut vers le bas flottent dans le coin gauche de cet espace. Corps d’abeille, rayures suspendues, la forme de l’installation reprend celle de l’insecte qui virevolte dans le poème tout comme le bourdonnement visuel des lueurs incertaines du texte qui s’affiche. Les mots guidés par ces rails invisibles défilent à des vitesses différentes. Horizontales et parallèles, ces lignes laissent apparaître des caractères aux corps tantôt identiques tantôt plus épais.

Le mur de droite déverse les poèmes dans un sens de lecture inversé, sans que l’on puisse saisir l’oeuvre dans sa totalité. Est-ce une manière de nous dire que ce n’est pas un simple texte mais un espace à lire ? Est-ce une manière de nous convier à une expérience temporelle, à rebours, afin de remonter au-delà des mots et de leurs significations. Le spectateur est partagé entre l’envie de lire ces phrases comme on suit maladroitement les lignes de son doigt lors du premier apprentissage de la lecture et celle de se laisser hypnotiser par la lumière de ces émanations alphabétiques.

Jenny Holzer nous confronte ici à l’expérience de la poésie incarnée. La chair des mots devient palpable, on épelle dans sa tête toutes les syllabes pour les reconstituer ensuite mentalement et s’imprégner de leurs significations ou bien on se noie dans la lumière qui nous accueille dès l’entrée. Puis la pièce s’éteint comme à la fin d’un chapitre ou celle d’un recueil afin de laisser le temps au lecteur de reprendre sa respiration, de reposer ses yeux pour s’imprégner à nouveau du silence et s’immerger dans une nouvelle atmosphère. Laisser les mots, jusqu’ici suspendus, se déposer lentement, comme ces phrases qui se désagrègent au fur et mesure qu’elles s’inscrivent, nous laissant à peine le temps de les lire.
Comme un écho inaudible qui se disperse dans la galerie, Gravity and Center affiche l’impossibilité de dire je t’aime (Sorry, I cannot say I love you when you say you love me...) comme une redondance à l’impossibilité de lire les phrases qui le constituent.

Puis on emprunte un couloir qui s’ouvre sur une pièce plus petite, plus froide aussi, dans des tons de blanc et de gris diffusés par des bandes lumineuses hémisphériques.
Nouvelle rencontre, requin échoué sur la plage. L’atmosphère, différente, contraste fortement avec la salle précédente. La mise en scène du texte semble mettre l’accent sur l’animal éventré dévoilant ses côtes au regard du lecteur. Les lettres s’écoulent à la même vitesse pour nous donner à lire les phrases du poème Beach Walk. Cette promenade au fil de l’eau paraît plus paisible. Mais cet apaisement n’est que de courte durée. L’obscurité se fait immédiate, juste le temps pour un éclair lumineux d’agresser l’oeil, de prendre le spectateur au dépourvu.
Comme une vague qui vient se briser avec violence sur le récif, les mots apparaissent tout à coup par l’absence de lumière. Cette réserve laisse la place à un chevauchement de messages identiques mélangeant le premier et l’arrière plan, la lenteur à la rapidité des lettres qui s’affichent, replongeant à nouveau le spectateur dans un flux d’informations illisibles. Comme une vague qui en chasse une autre, les mots se poussent, se superposent et s’effacent jusqu’à la prochaine déferlante. Texte de l’arrière plan inversé, comme s’il devait être lu de l’intérieur même de ce thorax électronique, va et vient entre le dedans et le dehors, entre le lisible et le visible.

Jenny Holzer perturbe encore une fois la quiétude qui s’était installée. Les rêveries du promeneur solitaire n’étaient que de courtes durées puisque le temps nous presse, et nous incite à accélérer la cadence. Là encore, c’est un coin de l’espace d’exposition qui est occupé par l’oeuvre.
Faut-il alors considérer l’endroit investi comme un « refuge » ? La Poétique de l’espace de Gaston

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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