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Par Frédéric Lebas Cédric van Eenoo présente Euxysème... production de choses, aspirateurs, fruits et légumes timides. C’est un site à l’univers loufoque dans lequel on croise de petits bonhommes dessinés à la façon résolument low tech de Pacman ou Space Invader. Cet univers ludique et astucieux dévoile des trésors d’ingéniosité pour conjuguer des saynètes absurdes avec la vie quotidienne. De cette composition se dégage une poétique et un amusé sur Internet. Avec Sonoises de Sylvain Hourany nous pénétrons dans un tout autre univers. Ce site expérimental composé de différents modules autonomes propose une réflexion sur le bruit. Sonoise est une tentative de symboliser des bruits et des sonorités propagés instantanément par les réseaux de communication. Ce site rend compte de la circulation chaotique des flux d’images et de bruits ruminés et éructés par les machines dans leurs phases cryptées, partielles et pour le moins indescriptibles. C’est une suite de dérapages, de zappings incessants qui nous ramènent à une sorte de mer primordiale électronique, une écume bruyante. Après ces perturbations bruitistes, une question se pose pour Sylvie Coussot : « Internet n’aurait-il pas d’horizon ? » C’est pourquoi elle propose dans Paysage en ligne que chacun puisse créer le sien, et le mettre en résonance avec ceux d’autres personnes. Il s’agit d’une invitation au voyage pour la recomposition d’un horizon collectif virtuel. Non pas des horizons perdus, car ils sont tangibles et font partie de nos propres vécus, du moins quand on accepte de faire l’expérience communautaire de « se retrouver au centre des centres du monde ». Quant à l’Allemand Wilfried Agricola, il aborde le thème de la paix avec 138 Seconds of Peace ? Est-ce une utopie, une invention, un mirage ? Lancé au début de la guerre en Irak (2003), ce site se situe dans une tradition iconoclaste : la paix d’une procession religieuse de jeunes ne doit pas faire oublier que les conflits et les haines, attisés par l’ignorance et « l’œil du malin », ne sont pas loin… Odyssée est le fruit de l’association d’Arte France et du collectif Plokker en hommage au centenaire de la parution d’Ulysse, le livre de James Joyce qui inaugure la littérature moderne. Ce site se situe en quelque sorte dans la continuité de l’interprétation par Joyce de l’Odyssée d’Homère. On s’immerge dans un univers pittoresque parsemé d’organes, d’art, de couleurs, de symboles et de techniques littéraires. Ce site multimédia est remarquable dans sa réalisation plastique, autant que dans la mise en scène interactive. Dans une veine contestataire, l’œuvre de l’Anglais Michael Takeo Magruder intitulée est en ligne sur la plate forme multimédia Turbulence.org. Trente fenêtres sont proposées : titres, textes, images et sons ont été recueillis sur le site http://news.bbc.co.uk/ entre le 29 décembre 2003 et le 1er février 2004, puis agencés pour aboutir à un malstrom chaotique dont la saturation pose la question du statut de l’information « entre l’individu et des moments finis de l’histoire récente ». L’acte de réappropriation est certainement symbolisé par la palette de couleur mise à disposition, tel un orgue des humeurs, l’internaute peut à loisir changer la couleur de l’image animée qui est incrustée dans les lettrines. Pentafon (Tracks of Creativity) de l’Italien Tilli Giuseppe, qui expérimente un nouveau mode de création musicale, utilise une main comme interface symbolique. Le dispositif procède par inversion des médiums : ce ne sont plus les doigts qui appuient sur les touches du piano, ou une baguette sur une cymbale, mais l’ersatz de la préhension qu’est le pointeur. Les sons sont ainsi déclenchés par l’action du clic sur les doigts d’une main. La main est promue à la fonction d’instrument ludique de musique dans une expérience vécue de manière collective : par l’entremise d’un login et d’un mot de passe, nous avons accès à une base de données en ligne avec laquelle nous pouvons créer nos propres compositions. Enfin, le site l’Étant Modern de Marc Veyrat, Mathieu Castella, Neige Berthet, Sophie Pyronnet et Julien Lemesre ressemble à s’y méprendre à un clip musical, mais interactif. C’est une immersion dans un monde débridé mêlant le psychédélique et le fluo des années 1980 sur fond d’un remix électronique pop de Air. Un rythme tourbillonnant, effréné, ponctué de perturbations visuelles complexes nous fait passer de fenêtre en fenêtre. Les formes se bousculent et ne se ressemblent pas, mêlant anachronisme graphique et haute technicité. Ces œuvres multimédias en ligne sont la démonstration des potentialités créatives d’internet qui laisse libre cours à l’imagination/I>/I>/i>/I>/I>/I>/I>/I>/I> ... |