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Par Frédéric Lebas
La dernière actualité de Tamara Laï; était le festival Vidéoforme à Clermont Ferrand où elle présentait le cd-rom Solénoï;des : des cyber poèmes pulsés tels des flux électroniques, et des pensées jaillissant de manière chaotique et confuse sur l’écran cathodique. Avec Sacrifier, le Sacrifice, Sacrificing, elle poursuit ses expérimentations en vue de réconcilier le réel et le virtuel, le corps et l’esprit pour déjouer les processus inhérents aux processus de virtualisation. De ce fait, elle interroge les dimensions mentales et corporelles attachées à la notion de sacrifice.
Dans une société occidentale policée régie par une économie libidinale toujours plus maîtrisée, le sacrifice rituel dans son sens liturgique et dans sa fonction régulatrice permettant de polariser les violences, les tensions individuelles et sociales, n’aurait plus lieu d’être.
Dans cette situation, Tamara Laï; part en quête de nouveaux territoires sacrificiels dans les rites quotidiens, quitte à s’ériger sur l’autel sacrificiel pour devenir un bouc émissaire, martyr et monstre d’un nouveau genre. Mais cristalliser sur soi toutes les tensions d’une société est trop lourd à porter.
La présence de Tamara Laï; sur de nombreuses listes de diffusion et plates formes internet n’est pas fortuite, au contraire… Elle s’adresse à tous les « opérateurs culturels », quels qu’ils soient, afin de leur demander si leurs contributions ne seraient pas de l’ordre du sacrifice.
Un sacrifice qui pousserait jusqu’à ses retranchements les limites culturelles liées au corps : Art charnel et Body Art, ou bien encore, le sacrifice de l’artiste et son œuvre sur l’autel de la critique. Répondre aux propositions de Tamara Laï; consiste à faire un don de soi pour l’autre, c’est-à-dire lui remettre une part de soi-même : un texte, une image, une animation ou bien une musique. L’ensemble de tous ces éléments réunis constitueraient une éthique du sacrifice des acteurs de la culture à l’échelle mondiale (il suffit de prendre connaissance de la nationalité des participants pour s’en convaincre). En respectant la logique du don/contre-don, le sacrifice n’est pas gratuit comme certains le prétendent. Chaque participant recevra en retour un autoportrait de l’artiste, sous la forme d’un morceaux de son corps nu virtuel et signé. Cette œuvre participative témoigne que l’échange symbolique qu’implique le sacrifice subsiste dans nos sociétés aseptisées et normalisatrices. Nous avons besoin de jouer avec les paradoxes et les tabous qui nous habitent. Se souiller pour se purifier. L’échéance pour participer : le 31 mai 2005.
Liens http://www.imal.org/tamara_lai/SOLENOIDES/solenoide.htm http://www.tell-a-mouse.be/sacrifice/sacrifice.htm
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