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Par Frédéric Lebas La thématique de la cinquième édition du festival @rt Outsiders, qui se déroule à la Maison européenne de la photographie (MEP), est « la résistance des artistes face à la censure » dans les différents domaines de la création contemporaine (cinéma, la musique, les jeux vidéo ou le net art). Membre fondateur de la compagnie trash-punk « La Fura del Baus » de 1979 à 1989, Marcel-Li Antunez Roca a réalisé des performances mécatroniques en inventant de multiples dispositifs tels que des Bodybots (robots contrôlés par le corps), le Dresskeleton (l’exosquelette, interface du corps) et la Systématurgie (narration interactive avec des ordinateurs). Ces principales performances s’intitulent Epizoo (1994), Afasia (1998), Requiem (1999) et Pol (2002). Actuellement, il travaille au projet d’art spatial Transpermie-Dedalus. En arrivant dans la salle, le « spect-acteur » (spectateur devenu acteur) reste interloqué devant le dispositif mis en place. Il est pris de rires mêlés d’embarras devant les situations burlesques et rocambolesques dans lesquelles il est pris. Résistance-Tantale reprend le principe des photographies populaires de rues du milieu du XXe siècle, mais sublimé par l’imagination d’Arundez Roca et les nouvelles technologies interactives mises à disposition. De cette alchimie, il ressort une œuvre animée et fictive. Notre participation active est requise. Outre l’interface visuelle conventionnelle de l’écran géant, on doit introduire le visage dans une boîte en fer (style boîte aux lettres). Une courte séquence est capturée par une vidéo déclenchée par le son de la voix. Après traitement informatique notre visage-avatar est immergé dans un univers totalement délirant mêlant anachronisme vestimentaire, corps dégingandés, fantasmatiques et dénudés : nouveaux doubles évoluant dans une dimension absurde. On emprunte huit corps qui nous font migrer dans des saynètes, volontairement tronquées tels des collages surréalistes, dans des mises en scènes baroques et fantasmagoriques. Les corps d’emprunt tour à tour jouent de la guitare électrique, vêtus de robes, de maillots de bains de grand-mère ou encore soumis à des mutations dignes d’Akira de Katsuhiro Otomo. Hommage à Dali, Hommage à Goya sont les principales inspirations. On voit aussi les positions provocantes à la Pierre Molinier avec des ustensiles « rigolos », un Hermann Nitsch jouant avec du ketchup, ou, plus proche de nous, des jeux avec de la boue selon Costes. Ce travail sur les affects, les émotions, nous transforme en suppliciés, tel Tantale. Sans pouvoir maîtriser la production de sa propre image, ni arrêter le processus, notre identité est littéralement volée, captée, détournée. Comme soumis à la censure. C’est une œuvre du détournement de soi pour une œuvre collective qui inlassablement se reproduit sans trouver son achèvement. Non sans humour, la compromission à cette œuvre transgressive est totale, dés que l’on y participe, il n’y a plus d’échappatoire possible, autre que celui de s’abandonner à l’œuvre, et cela sans que la censure s’exprime… <Liens www.marceliantunez.com www.kapelica.org/marcelli/ www.art-outsiders.com www.marais.biz/evenements/nuit_blanche.htm www.festival-emergences.info
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