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ART | EDITORIAL

Arnaud Vasseux, <em>Sans titre (Calade)</em>, 2010. Sculpture plâtre teinté. 69 x 74 x 105 cm. Réalisation Cassable In-Vivo From Point to Point. © Arnaud Vasseux<br /><br><br><br />
Objets et nuages: insistances de la matière
30 mai 2013
Numéro 417
C'est peut-être l'apanage des périodes troublées que d'accroître la valeur signifiante des choses et des évènements, que de faire émerger en tous points du tissu social des signes des bouleversements en cours. Aussi peut-on tenter de déceler au travers de certaines expositions récentes, ou de récurrences thématiques, des fragments de discours sur l'époque. Non pas des propos concertés de la part des artistes et des curateurs, mais plutôt un ensemble d'expressions sédimentaires et de résonances captées par bribes au fil des expositions par les spectateurs, et tressées par eux jusqu'à dégager quelques figures possiblement emblématiques de l'époque.
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Par André Rouillé

C'est peut-être l'apanage des périodes troublées que d'accroître la valeur signifiante des choses et des évènements, que de faire émerger en tous points du tissu social des signes des bouleversements en cours. Comme si l'intensité de ce qui agite la société et le monde débordait de toute part et s'imprimait en toute chose. A cet égard, l'art contemporain, en tant que capteur de signes, que sismographe social, serait un terrain privilégié de transcription et d'expression des grands phénomènes de l'aujourd'hui. D'autant plus que cette sensibilité à l'aujourd'hui chaotique est l'un des traits de l'art contemporain, à la différence de l'art moderne, qui, lui, était beaucoup plus orienté vers l'infini des devenirs.

Aussi peut-on tenter de déceler au travers de certaines expositions récentes, ou de récurrences thématiques, des fragments de discours sur l'époque. Non pas des propos concertés, ni des messages proférés par des artistes et des curateurs depuis des musées et des galeries, mais plutôt un ensemble d'expressions sédimentaires et de résonances captées par bribes au fil des expositions par les spectateurs, et tressées par eux jusqu'à dégager quelques figures possiblement emblématiques de l'époque.

Alors que depuis quelques décennies déjà on ne cesse, dans le sillage de l'art conceptuel et performatif, de parler de «dématérialisation», et que l'antienne se voit considérablement relancée par l'essor des réseaux numériques, voici que la très importante exposition «Poétique d'objets» (Lieu d'art et action contemporaine de Dunkerque), ainsi que celle de François Curlet (Palais de Tokyo), viennent affirmer de façon magistrale cette évidence que ni les objets, ni la matière, n'ont déserté l'art et le monde. Bien au contraire, nous vivons sans doute plus que jamais, en art et au quotidien, avec et parmi les objets.
Le règne des objets prospère dans une frénésie de consommation stimulée par la publicité et une obsolescence programmée, c'est-à-dire dans le cadre d'une hégémonie grandissante de l'économie de marché qui n'épargne plus ni l'art ni nos corps eux-mêmes devenus objets, marchandises et machines…

Il n'y a donc pas de «dématérialisation» du monde et de l'art, mais une conjonction de phénomènes: un accroissement considérable du nombre des objets matériels et des désirs d'objets; l'émergence d'états nouveaux de matières, souvent plus fluides et plus légères, notamment numériques; une délocalisation accrue des lieux et des agents de production des objets vers des pays à faible coût du travail, laquelle délocalisation peut être perçue en Occident comme un effondrement, ou une amputation, du règne des objets.

Cependant, une performance n'est pas moins matérielle qu'une sculpture en marbre, elle mobilise seulement des états différents de matière: des corps, des lieux, du mouvement, et… des photos et vidéos pour s'inscrire dans le marché de l'art. Si une sculpture s'oppose à une performance, ce n'est pas en raison d'une supposée «dématérialisation», mais à hauteur des différences de matériaux mobilisés par l'une et par l'autre.

La notion de «dématérialisation» est apparue dans les années 1970 dans le sillage de l'emploi croissant de la photographie aux sels d'argent en tant que matériau de l'art contemporain, alors qu'elle était encore perçue comme une «image sans matériau» par ceux qui ont (longtemps) pris la peinture comme le parangon de l'art. Mais la photographie est aujourd'hui à son tour largement concurrencée par le matériau numérique plus léger et plus labile, sans que, là encore, il ne s'agisse d'un processus de «dématérialisation».
En effet, le numérique n'abolit ni la matière ni les objets, il consiste en un nouvel état de matière assorti à de nouvelles catégories et de nouveaux usages d'objets (ordinateurs, tablettes, téléphones, écrans, réseaux, fibres, etc.)

La notion de «dématérialisation» notamment appliquée pour décrire certains passages de la peinture à la photographie, puis au numérique, présente le grave inconvénient d'être entachée d'une tonalité nostalgique de perte, de dégradation d'un état originel essentialisé. Comme si la peinture, le bronze ou le marbre étaient les matériaux originaires et naturels de l'art, par rapport auxquels toute innovation équivalait à une détérioration ou une dégénérescence, surtout quand les nouveaux matériaux, tels que la photographie au XIXe siècle, sont d'origine industrielle.
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J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

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