logo
logo
Aujourd’hui Expositions Événements Spectacles Vernissages Éditos
art... photo... design... danse... livres... parisART RECRUTE
 


ART | EDITORIAL

368
Pierre Ardouvin, exposition «Robert&rsquo;s Walls», galerie Chez Robert, Paris. 19 oct.-04 déc. 2011<br><br>Courtesy galerie Chez Robert, © Pierre Ardouvin<br /> Les foires sont-elles la ruine de l'art
20 oct. 2011
Numéro 368
La Fiac a plus que jamais réussi à mettre en émoi le petit monde de l'art. Des initiatives et des opérations de toutes sortes, des lieux «off», partenaires, concurrents, ou périphériques, tous plus «hype» les uns que les autres, se greffent sur elle, plus nombreux d'année en année. Faut-il s'en plaindre? Évidemment non! Pour autant, en écho au comte Léon de Laborde qui demandait en 1856 «La vulgarisation de l'art est-elle la ruine de l'art?», une question semble se poser avec de plus en plus d'insistance: «Les foires sont-elles la ruine de l'art?»
imprimer
Share to Facebook Share to Twitter
carre_rouge  Par André Rouillé

La Fiac, qui est désormais l'une des plus importantes foires internationales d'art contemporain, a peut-être plus que jamais réussi à mettre en émoi le petit monde de l'art. Des initiatives et des opérations de toutes sortes, des lieux «off», partenaires, concurrents, ou périphériques, tous plus «hype» les uns que les autres, se greffent sur elle, plus nombreux d'année en année. Faut-il s'en plaindre? Évidemment non! On a raison de souligner que Paris est durant quelques jours le point de convergence des regards les plus aiguisés du monde: ceux des plus grands collectionneurs, dont beaucoup feront le voyage et seront reçus avec tous les honneurs et le luxe dus à leur notoriété et... à leur pouvoir d'achat.
Pour autant, en écho au comte Léon de Laborde qui demandait en 1856 «La vulgarisation de l'art est-elle la ruine de l'art?», une question semble se poser avec de plus en plus d'insistance: «Les foires sont-elles la ruine de l'art?»

En tant que foire, la Fiac est prioritairement conçue pour vendre, quitte à plier l'art à sa logique marchande et à la demande de la clientèle, au détriment collatéral de la valeur et des dynamiques esthétiques. Car, en art comme ailleurs, l'écart peut être grand entre le succès commercial et la qualité d'innovation; car, également, en matière d'audace, les collectionneurs ne sont pas toujours exemplaires, les tentations spéculatives ayant souvent raison des plus belles émotions esthétiques.

Le succès croissant de la Fiac, son caractère de rendez-vous annuel majeur de l'art contemporain en France, et sa capacité à agréger autour d'elle une nuée d'autres initiatives, l'élèvent au rang de modèle d'accès aux œuvres. Au détriment, encore, d'autres approches plus réflexives, plus imaginatives, plus sensibles des œuvres telles qu'elles se pratiquent dans les centres d'art, dans les musées, ou dans les biennales, plus proches de l'art que de sa commercialisation.
En effet, aussi brillantes et aussi riches d'œuvres exceptionnelles soient-elles, les foires ne sont pas des lieux de vision, de dialogues esthétiques, ou tout simplement d'émotion. Ce sont principalement des lieux d'argent, voire de spéculation financière, dans lesquels les œuvres sont ravalées au rang de choses à vendre, de marchandises, et ainsi comme frappées d'invisibilité — la valeur quantitative d'échange faisant en quelque sorte écran à la qualité des œuvres.

Car voir, en particulier voir des œuvres d'art, est une disposition qui ne s'exerce pas sans conditions.
L'époque moderne a pour cela inventé le dispositif du «white cube» décliné à l'infini par la galerie, et tour à tour interrogé, subverti, déserté, contourné par les artistes. Dans, avec ou contre le «white cube», les artistes n'ont pas cessé, depuis le début du XXe siècle, de concevoir conjointement leurs œuvres et les régimes de visibilité de chacune d'elles.
C'est précisément ce que la foire aplatit en juxtaposant de façon quelconque (sans pertinence esthétique forte) des stands en formes de répliques commerciales du «white cube», dégradées par leur exiguïté, leur uniformité et leur linéarité.

Voir, c'est aussi faire visuellement, intellectuellement et émotionnellement dialoguer entre elles des œuvres en fonction d'un certain ordre de pertinence susceptible de faire sens. Or, dans les «stands», où les cimaises sont de taille assez modeste, et où il s'agit pour les galeries de présenter un échantillon aussi large et varié que possible de leur fonds, c'est l'hétérogénéité qui prévaut et isole les œuvres dans une insignifiance qui les rend invisibles.
Car on ne voit bien que ce que l'on peut mettre en relation, et en sens. Dans des conditions, donc, qui sont étrangères à la foire pour laquelle la perspective de vente est la principale raison pour les œuvres d'être là.

Aplatissement du régime de visibilité des œuvres, de leur force signifiante, et des conditions (y compris matérielles) du plaisir esthétique, tels sont quelques uns des effets que produit la marchandisation à outrance par les foires.
Si l'existence d'un marché dynamique de l'art n'est évidemment pas contestable, y compris pour les artistes auxquels il peut (parfois) procurer de substantiels revenus, la prolifération planétaire et l'hégémonie croissante des foires est au contraire ruineux pour l'art. Mais aussi pour le marché de l'art lui-même, en particulier pour les galeries qui en ont été longtemps le pilier.

L'effervescence parisienne qui entoure la Fiac, conjointe à l'essor vertigineux des grandes salles de ventes et aux sommets atteints par certaines enchères, confirme de façon éclatante ...


puce rouge Page 1 / 2 fleche suivante Page suivante

site_com

ÉDITORIAL fleche_rouge
La dérive des documents
Une sorte d'épuisement affecte aujourd'hui les dispositifs documentaires. Notamment la photographie de presse confrontée aux exigences croissantes de la société hypermoderne. Mais la crise déborde largement la photographie. Ce sont le mythe de l'objectivité et de la transparence du document, et la fable de sa vérité, qui sont en train de s'effondrer.
Plus encore, le protocole documentaire est lui-même en train de s'inverser dans les images, après avoir, en histoire, connu de profondes mutations. Alors que...
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  L’Art pictural mis à l’honneur dans l’Eure
puce rouge  Aurélie Filipetti: nouvelle ministre de la Culture et de la Communication
puce rouge  Le CERN accueille son premier chorégraphe en résidence
puce rouge  Les projectionnistes du réseau MK2 en grève
puce rouge  Prix Résidence pour la Photographie: appel à candidatures
puce rouge  Le Getty Museum renvoie 34 de ses employés
puce rouge  Exposition du photographe Reza vandalisée en Loire-Atlantique
puce rouge  David Weiss, du duo Fischli/Weiss, est mort
puce rouge  Le Lavoir moderne en danger: la lutte continue
puce rouge  Exposition photo au QG de François Hollande
puce rouge  Le directeur d'un espace d’exposition italien brûle ses œuvres
puce rouge  Le photographe afghan Massoud Hossaini reçoit un prix Pulitzer
DIAPORAMA

spacer
Créez des cadeaux photo personnalisés (livre photo, calendrier photo, …) sur Snapfish, le spécialiste du tirage photo numérique en ligne.
Le 118000 annuaire professionnel Paris et renseignements téléphoniques.
Vous pensez profiter des beaux jours pour visiter la capitale ? Sélectionnez simplement la rubrique hotel sur le site Voyages-sncf.com et trouvez votre hotel paris !

pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales