Les foires sont-elles la ruine de l'art 20 oct. 2011 Numéro 368 La Fiac a plus que jamais réussi à mettre en émoi le petit monde de l'art. Des initiatives et des opérations de toutes sortes, des lieux «off», partenaires, concurrents, ou périphériques, tous plus «hype» les uns que les autres, se greffent sur elle, plus nombreux d'année en année. Faut-il s'en plaindre? Évidemment non! Pour autant, en écho au comte Léon de Laborde qui demandait en 1856 «La vulgarisation de l'art est-elle la ruine de l'art?», une question semble se poser avec de plus en plus d'insistance: «Les foires sont-elles la ruine de l'art?»
Par André Rouillé
La Fiac, qui est désormais l'une des plus importantes foires internationales d'art contemporain, a peut-être plus que jamais réussi à mettre en émoi le petit monde de l'art. Des initiatives et des opérations de toutes sortes, des lieux «off», partenaires, concurrents, ou périphériques, tous plus «hype» les uns que les autres, se greffent sur elle, plus nombreux d'année en année. Faut-il s'en plaindre? Évidemment non! On a raison de souligner que Paris est durant quelques jours le point de convergence des regards les plus aiguisés du monde: ceux des plus grands collectionneurs, dont beaucoup feront le voyage et seront reçus avec tous les honneurs et le luxe dus à leur notoriété et... à leur pouvoir d'achat.
Pour autant, en écho au comte Léon de Laborde qui demandait en 1856 «La vulgarisation de l'art est-elle la ruine de l'art?», une question semble se poser avec de plus en plus d'insistance: «Les foires sont-elles la ruine de l'art?»
En tant que foire, la Fiac est prioritairement conçue pour vendre, quitte à plier l'art à sa logique marchande et à la demande de la clientèle, au détriment collatéral de la valeur et des dynamiques esthétiques. Car, en art comme ailleurs, l'écart peut être grand entre le succès commercial et la qualité d'innovation; car, également, en matière d'audace, les collectionneurs ne sont pas toujours exemplaires, les tentations spéculatives ayant souvent raison des plus belles émotions esthétiques.
Le succès croissant de la Fiac, son caractère de rendez-vous annuel majeur de l'art contemporain en France, et sa capacité à agréger autour d'elle une nuée d'autres initiatives, l'élèvent au rang de modèle d'accès aux œuvres. Au détriment, encore, d'autres approches plus réflexives, plus imaginatives, plus sensibles des œuvres telles qu'elles se pratiquent dans les centres d'art, dans les musées, ou dans les biennales, plus proches de l'art que de sa commercialisation.
En effet, aussi brillantes et aussi riches d'œuvres exceptionnelles soient-elles, les foires ne sont pas des lieux de vision, de dialogues esthétiques, ou tout simplement d'émotion. Ce sont principalement des lieux d'argent, voire de spéculation financière, dans lesquels les œuvres sont ravalées au rang de choses à vendre, de marchandises, et ainsi comme frappées d'invisibilité — la valeur quantitative d'échange faisant en quelque sorte écran à la qualité des œuvres.
Car voir, en particulier voir des œuvres d'art, est une disposition qui ne s'exerce pas sans conditions.
L'époque moderne a pour cela inventé le dispositif du «white cube» décliné à l'infini par la galerie, et tour à tour interrogé, subverti, déserté, contourné par les artistes. Dans, avec ou contre le «white cube», les artistes n'ont pas cessé, depuis le début du XXe siècle, de concevoir conjointement leurs œuvres et les régimes de visibilité de chacune d'elles.
C'est précisément ce que la foire aplatit en juxtaposant de façon quelconque (sans pertinence esthétique forte) des stands en formes de répliques commerciales du «white cube», dégradées par leur exiguïté, leur uniformité et leur linéarité.
Voir, c'est aussi faire visuellement, intellectuellement et émotionnellement dialoguer entre elles des œuvres en fonction d'un certain ordre de pertinence susceptible de faire sens. Or, dans les «stands», où les cimaises sont de taille assez modeste, et où il s'agit pour les galeries de présenter un échantillon aussi large et varié que possible de leur fonds, c'est l'hétérogénéité qui prévaut et isole les œuvres dans une insignifiance qui les rend invisibles.
Car on ne voit bien que ce que l'on peut mettre en relation, et en sens. Dans des conditions, donc, qui sont étrangères à la foire pour laquelle la perspective de vente est la principale raison pour les œuvres d'être là.
Aplatissement du régime de visibilité des œuvres, de leur force signifiante, et des conditions (y compris matérielles) du plaisir esthétique, tels sont quelques uns des effets que produit la marchandisation à outrance par les foires.
Si l'existence d'un marché dynamique de l'art n'est évidemment pas contestable, y compris pour les artistes auxquels il peut (parfois) procurer de substantiels revenus, la prolifération planétaire et l'hégémonie croissante des foires est au contraire ruineux pour l'art. Mais aussi pour le marché de l'art lui-même, en particulier pour les galeries qui en ont été longtemps le pilier.
L'effervescence parisienne qui entoure la Fiac, conjointe à l'essor vertigineux des grandes salles de ventes et aux sommets atteints par certaines enchères, confirme de façon éclatante ...
galeriste Market bashing Vos édito donne la nausée tellement ils sont de mauvaise foi, la foire n'est même pas débuté que vous la critiqué, vous avez la condamné avant de l'avoir vu, on appelle cela des préjugés.
Rhéal Olivier Lanthier 22 oct. 2011
martyre durate à Saint Etienne, je me suis baignée dans l'émotion Au Musée d'Art Moderne, hier, j'étais seule dans les grandes salles hautes et lumineuses qui reçoivent l'oeuvre de Damien Cabannes, j'ai pu tourner et nager dans la couleur, flotter dans la salle des immenses plâtres accompagnées des toiles abstraites, avancer avec le courant, des toiles aux sculptures, puis de céramique en céramique, m'immerger dans les dialogues de l'une à l'autre,
Me poser les questions de la peinture, jouir de la poésie, m'étonner de la force et de la justesse, heureuse de baigner seule dans une mer non polluée. 23 oct. 2011
olivier long le spectacle de l'entre-soi A 37 000 Euros le stand, la Fiac Paris n’est devenue une foire internationale qu’en virant les galeries qui font moins d’argents (reléguées cette année dans les coulisses du spectacle en mezzanine). Bilan des courses : aucune découverte, aucun jeune artiste, pas de peinture, pas d’émergents, uniquement des valeurs sûres et bien connues, rien qui dérange. A 32 Euros l’entrée (pour virer les étudiants et autres indésirables qui ne sont pas potentiellement des acheteurs), on y va surtout pour ne pas être surpris et pour se retrouver entre soi (Vieux cons et pintades court bouillonnées au rendez-vous, le XVIème arrondissement se donne en spectacle : « incroyable ! Vous ici très chère ? Je ne m’attendais pas… etc…»). Il y a beaucoup de galeries étrangères, mais c’est un peu le même phénomène que lorsque Gagosian s’installe à Athènes : ce n’est pas pour défendre l’art local, c’est simplement pour ouvrir une succursale de plus d’une galerie new yorkaise et créer de la valeur ajoutée en étiquetant des produits d’importation « made in Paris ». En prime le commentaire obscène de Jennifer Flay (dans le journal de la sauterie) « les foires permettent aux artistes de vivre et de gagner de l’argent », en clair « S’ils sont gentils, les toutous du système seront récompensés : des miettes tombent de la table». Visiblement, ce n’est pas la crise pour tout le monde. Le problème c’est qu’en France les gens sont éduqués et comprennent ce qui se passe (on n’est pas au Brésil), quand l’injustice devient criante, le mélange devient explosif.
23 oct. 2011
Franck Longelin les mouches Quelle découverte!...F.I.A.C, et voilà les mouches qui se précipitent et grésillent sur l'étron fraîchement sorti!... Quel ennui!...Rien d'autre? 23 oct. 2011
broun Putain de luxe Que dit cette FIAC qui avant d'avoir commencé a déjà été l'occasion de business ? Qu'en temps de crise le luxe se porte bien. C'est une règle économique, qui ne concerne l'art que s'il parle au luxe, donc les œuvres très cotées, c'est à dire de bons placements. Le luxe adore le confort, dont il est la quintessence. L'importance du business peut-il ruiner l'art ? Sous la même verrière cette année, Anish Kapoor a réalisé une œuvre sublime qui ne peut pas se vendre dans le cadre de la FIAC. Son œuvre s'inspirait du volume de la verrière. C'était un geste très fort qui montrait plastiquement comment l'artiste avait vu l'essentiel, comme un poète. Ce fut un moment intense pour ceux qui l'ont vu, vécu. La FIAC ne ruinera personne d'autres que des acheteurs qui auront les yeux plus gros que le ventre. La FIAC est un évènement commercial. L'art dépend d'une attitude qui peut être en prise avec un évènement extérieur, mais dépend surtout d'une résonance intérieure vertigineusement traduite dans une œuvre. 23 oct. 2011
ovni La Fiac et ses Satellites, Trop, c'est trop ! La Fiac et ses expos jardins +5 "Fiac off" ( slick-Show off- Art Elysées-Chic Art Fair- Cutlog ).
Vous y êtes allés vous les Amateurs d'Art à toutes ces "Fiacs" in et off ?
( pour repère, la revue L'oeil donnent un juste aperçu du foisonnement des lieux )
Alors ok pour la transmission par les Journalistes des dossiers Presse des galeries
mais je doute fort qu'ils aient pu de visu faire leurs critiques dans tous les lieux.
A moins d'avoir un talent de randonneurs, je me demande comment du 20 au 23 octobre
( dont 2 off jusqu'au 24 ), les Amateurs d'Art peuvent tout voir sans être "down", overdosés.
Sans compter les 92 Galeries Parisiennes qui ouvraient leur portes le jeudi 20 jusqu'à 22h.
Paris se veut Capitale de l'Art Contemporain sur 4 jours (par la quantité), un peu court 4 jours. Une semaine serait raisonnable.
Sachant que seule la Fiac prend déjà pour avoir un aperçu pointu 1 journée et une demie en zapant ( plus la queue d'1 heure minimum si on a pas de pass ou d'invitation)
Certes au pas de course, sans halte pour reposer son regard, on peut voir les lieux In et Off, mais à bout de souffle ( Bref, le parcours du combattant ).
De toutes façons pour prendre le temps d'acheter il faut zaper quelques lieux .
Oui mais lesquels ?
A la Fiac les gros acheteurs, gotha des grandes richesses (à quelques millions ou plusieurs milliers d'Euros) viennent en général avant le vernissage public.
Les Vernissages de la Fiac deviennent infréquentables, les oeuvres disparaissent derrière une cohorte de moutons cherchant leur troupeau, chacun cherche son appartenance à un groupe marqué de leur sceau... ils viennent là pour baguenauder dans un pâturage de Mondanités. A fuir !
Les oeuvres disparaissent derrière la foultitude.
La foule tue le regard sur l'Art...
Trop de Lieux tuent le temps de voir.
Trop d'oeuvre de génie... JAMAIS TROP, elles sont exceptionnellement rares ( comme de tout temps ).
Souhaitons qu'Art Paris qui est un excellent salon pour la Photo dont l' "atmosphère " rappelle les Fiacs des années 80 à 90 (pour mémoire: en 77, 15 Francs l'entrée ) où l'on prenait le temps de Voir, restera un temple de l'Art est non un trop plain d'oeuvre et de foule.
Je ne manque jamais une Fiac.
La Fiac nous offre un grand bain de l'Art Contemporain à la température de notre époque, voir même de l'année.
Du Bon mais aussi du Mauvais en over dose.
Le plus de la Fiac: certaines galeries montrent des chefs d'oeuvres de peintres certes reconnus mais dont certaines oeuvres n'ont jamais été exposées .
Alors forcément j'en sors ravie d'avoir admiré de rares mais d'extraordinaires chefs d'oeuvres ayant appartenus à des galiéristes ou à des Collectionneurs.
Anatole Valda le 23 octobre 2010 24 oct. 2011
réalités nouvelles Article à lire.... ! La réponse à votre analyse/édito se trouve dans le Journal Les Echos dans l'article de Jean Max Koskievic qui déconseillaient vivement l'achat d'oeuvres à la FIAC la comparant à une marché de voitures d'occasion avec vice cachée ... Les Tacots !
http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/autres/221139093/fiac-c-est-foire
article qui se termine ainsi :
"Sur le marché de l’art contemporain, les « tacots » ce sont les œuvres d’artistes ayant une valeur esthétique, et lorsque les prix des œuvres d’un artiste diminuent, plutôt que de faire augmenter la demande pour ces œuvres (comme le prescrirait la loi de l’offre et de la demande), cela conduit à une baisse de la demande des collectionneurs. La raison en est simple : cette baisse signale que la « qualité » des œuvres de l’artiste diminuent c’est à dire que la carrière de l’artiste est en déclin.
Voilà pourquoi nombres d’artistes contemporains ont vu leurs prix augmenter par la seule décision des intermédiaires, les faisant passer de « la bOhème à la bÉhème» !"
24 oct. 2011
Théo Sans infra- mince, que faire? Le "white cube" est comme tel euclidien. 24 oct. 2011
formacolor en bis repetita. mais qu'avons nous à proposer en alternative ? bonjour
je lis avec intérêt votre édito (je m'étais déjà positionné sur la F.I.A.C, dans un autre édito, jadis): les foires sont les foires, et, celles de l'art n'échappent pas à la règle.
Les artistes ont, aussi, besoin de vendre pour survivre...
Cependant, il y faudrait quelque mouvement pour mettre en place un lieu où il se passe des choses: je veux dire d'un Art qui réfléchissent au mieux ces problématiques, qui de jour en jour SE FONT PLUS PRESSANTES )!) ! Est-ce possible à Paris ?
Si oui, tenez moi au courant, j'en serai... .
FORMACOLORformacolor.blog.club-corsica.com}
{ 25 oct. 2011
Étudiante à réfléchir... Ce qu'est encore plus déprimant c'est les jeunes artistes et étudiants d'art à Paris et en Europe que continuent toutes les années d’aller voir cette foire comme si elle était une vraie exposition d'art. Et pire encore les professeurs dans l’université qui les encouragent dans le mauvais sens, sans aucune charge critique. C'est irresponsable, c’est triste.
Sur le commentaire d'Olivier Long sur le Brésil. Je suis vraiment désolée mais ce qu’on voit au tour de la FIAC à Paris ce n’est pas du tout explosif. Je ne vois aucune manifestation des artistes (comme vous-même peut-être) et des étudiants français sur la FIAC. Bien au contraire, vous payez cher et vous allez voir et vous en discutez encore après « les œuvres » avec les copains autour d’un verre. C’est dommage !! Surtout parce que c’est vrai que vous êtes éduqués et que normalement vous comprenez ce qui se passe. Alors il faudrait agir avec intelligence, avec audace (avec l'art peut-être).
28 oct. 2011
alberto sorbelli l'artiste est le seul responsable... Les foires sont-elles la ruine de l'art
yes!
les bourgeois marchand ont toute mon ammiration : ils font tres bien leur travaille.
les artiste (faussaire) ne font pas leur travaille et le peu qu'ils font le font tres mal:
il n'ont acun gout acune ambition acun mot a dire! ils se font bien manipule et ils aime ça.
l'artiste est une poule d'elevage industriel q'on decoupe en quartier pour faire la chire a pate (de qualite grand distribution) 07 nov. 2011
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