logo
160520ArtAbordable
AUJOURD'HUI EXPOSITIONS EVENEMENTS SPECTACLES VERNISSSAGES EDITOS
RECHERCHER


ART | EDITORIAL

Mona Hatoum, Jardin suspendu, 2008. Sacs de terre, graines, herbe.<br><br>© Mona Hatoum/ CNAP/ photo : Marc Domage, Paris
La querelle des anciens et des postmodernes
18 mars 2012
Numéro 381
Face à l'injustice et aux discriminations dont ils s'estiment les victimes, «les artistes décident d'entrer en résistance». Une résistance «contre le pompiérisme d'État, pour la diversité». En réalité, une querelle flamboyante contre «les agités du bocal postmoderne à prétention avant-gardiste» que relancent avec la force du désespoir les tenants des «arts de la main» qui s'insurgent contre «l'hégémonie que cet art dit ‘contemporain' exerce aux dépens de la plus vaste communauté artistique de notre pays».
fleche suivante1/2
Share to Facebook Share to Twitter
imprimer
Par André Rouillé

Face à l'injustice et aux discriminations dont ils s'estiment les victimes, «les artistes décident d'entrer en résistance». Une résistance «contre le pompiérisme d'État, pour la diversité». En réalité, une querelle flamboyante contre «les agités du bocal postmoderne à prétention avant-gardiste» que relancent avec la force du désespoir les tenants des «arts de la main» en criant leur certitude que «ni la peinture, ni la sculpture, ni la gravure, ni l'art mural n'ont épuisé leur potentiel émotionnel». Et en s'insurgeant contre «l'hégémonie que cet art dit ‘contemporain' exerce aux dépens de la plus vaste communauté artistique de notre pays».

L'excès des mots exprime la profondeur et la réalité des souffrances. Dans le cri des artistes «de la main», qui retentit à nouveau aujourd'hui, on entend «la dépossession galopante de leur statut d'artiste», et la déchéance de ceux qui, après avoir «patiemment élaboré une œuvre et conquis une certaine notoriété, se voient relégués au rancart».
Déclin social, perte de considération, mépris des pouvoirs publics, chute des revenus financiers, baisse de visibilité et relégation de leurs œuvres dans les catégories infamantes du «ringard» et du «dépassé»: ce lourd tribut versé à l'évolution du monde et aux changements des manières de faire art, les artistes «de la main» en rendent responsables les tenants de l'«esthétique néo-duchampiste [sic] alimentant un marché mondial du scandale où l'apologie de la laideur le dispute au rien, au sale et au répugnant». Ils en fixent aussi une origine: le milieu des années 1960, avec «la pénétration croissante des intérêts américains dans la politique culturelle française».

Par delà les dérives lexicales et les flagrantes limites du propos, la légitime exaspération et les revendications adressées à l'État par les artistes «de la main» confirment que le monde de l'art n'est pas un espace idyllique d'unité mais un champ de lutte et de concurrence, et qu'une forte intrication relie l'esthétique aux questions économiques, sociales, politiques, et morales.

Cette exaspération et ces revendications ont l'immense mérite de mettre en évidence le fait que le monde, l'art et la culture sont animés par une certaine communauté de valeurs, et d'exemplifier à nouveau que «l'art est autonomie et fait social» (Theodor Adorno).
Si l'art a effectivement ses raisons proprement artistiques, celles-ci ne sont pas indépendantes de raisons — économiques et sociales — plus larges que l'art.

Le drame des «arts de la main» n'est donc guère imputable aux artistes «labellisés ‘art contemporain'», et guère plus à la gauche française et à Jack Lang rituellement accusés d'avoir indûment apporté un soutien délibéré aux œuvres conceptuelles. Ce drame, l'État ne pourrait guère le dénouer, quand bien même satisferait-il à la revendication qui lui est adressée de pourvoir à un juste «financement de la diversité artistique». Parce que ce drame traduit l'irréductible césure qui s'est creusée entre les «arts de la main» et les transformations des sociétés contemporaines dont les arts contemporains tentent, eux, de capter esthétiquement les forces et paradigmes.

En particulier, les rapports que les uns et les autres arts entretiennent avec les notions de «tradition» et de «métier» sont radicalement différents. Les artistes «de la main» n'ont pas plus de métier que les artistes contemporains; les uns et les autres exercent seulement leur métier de façon différente, avec d'autres matériaux et savoir-faire, selon d'autres protocoles, en vue de créer d'autres types d'œuvres, obéissant à d'autres ordres de pertinence.
En outre, la place et les rôles des spectateurs vis-à-vis des œuvres sont totalement différents.

Ces différences apparaissent opportunément au travers d'une opération que le Centre national des arts plastiques (Cnap) pilote actuellement en prêtant au Domaine national de Saint-Cloud (jusqu'au 04 juin) l'œuvre intitulée Jardin suspendu (2008) de l'artiste libanaise Mona Hatoum.
Constituée d'une double rangée de sacs en toile superposés, l'œuvre ressemble aux murets que les militaires érigent dans les villes en guerre pour se protéger des balles ennemies. A ceci près que les sacs de Mona Hatoum ne sont pas remplis de sable, mais de terre et de graines qui, en germant, percent les parois des sacs et couvrent l'œuvre de mille pousses d'herbe verte.

Cette œuvre qui n'est ...
fleche suivante1/2



ANNONCES


160513Abordable
ÉDITORIAL fleche_rouge
Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

fleche Lire la suite
160517Le104impatience
160510MitterrandMcCollum


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Bilan de la Nuit européenne des musées 2016
puce rouge  Le Musée départemental Matisse, au Cateau-Cambrésis élu palme d’or du palmarès des musées de France par Le Journal des Arts.
puce rouge  Air shark: le requin monumental de l’aéroport Côte d’azur
puce rouge  Les 15 finalistes du Prix Levallois 2016
puce rouge  Valérie Mouroux rejoint l’Institut français
puce rouge  Disparition de l'artiste François Morellet
puce rouge  Patrimoines vivants dans un Moyen-Orient en conflit
puce rouge  Les collections des musées de la Ville de Paris en ligne.
puce rouge  Les lauréats du 61e Salon de Montrouge ont été annoncés.
puce rouge  L’école Camondo ouvre dès la rentrée 2016 10 % de places gratuites.
puce rouge  La galerie Templon fête ses 50 ans en 2016
puce rouge  Les nouveaux membres du conseil d’administration du Centre Pompidou
DIAPORAMA

Jef Geys, Cannabaceae Hennepfamilie Humulus lupulus L. Hop, 1999. Détail d&rsquo;un dyptique. Encre sur papier, sous Plexiglas; fleurs séchées et collage sur papier. 51 x 38 cm; 49 x 36 cm
Jung Hee Choi, Environmental composition 2011 02, 2011. Vue de l&rsquo;exposition «Des Mondes Possibles», Frac Franche-Comté, Besançon, 2013.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales