L'art unidimensionnel 04 nov. 2011 Numéro 369 Le marché, qui a besoin de choses pour les convertir en marchandises, tend à circonscrire les œuvres à leur fixité matérielle, et à nier que leur valeur artistique réside aussi, et peut-être surtout, dans l'expérience esthétique immatérielle qu'elles peuvent susciter chez le spectateur. Non pas une expérience superficielle suffisante aux marchandises, mais une expérience instruite et adéquate qui permette une appréciation pertinente des formes, des qualités et du sens des œuvres.
Par André Rouillé
C'est une évidence, rien n'échappe aujourd'hui au marché, pas même l'art. La question, avec le marché, n'est donc pas son existence, mais son hégémonie et ses dérèglements. Ainsi l'essor du marché de l'art se fait contre l'art, dont il affecte la nature autant que les pratiques, les conditions de visibilité, ou les modes de circulation et de réception.
Il est aujourd'hui devenu difficile d'envisager comment une pratique artistique pourrait se déployer, sinon totalement hors du marché, du moins dans sa périphérie. Difficile également de s'imaginer que certains des plus grands artistes ont affiché jusqu'à très tard dans le XXe siècle leur mépris, voire leur franche hostilité, à l'encontre du marché de l'art. Difficile encore de se souvenir que certaines pratiques d'avant-garde comme le Land Art étaient très imprégnées d'une sorte de défiance vis-à-vis du marché, voire inspirées par des velléités de se détacher de son emprise.
Quant aux tentatives de résistance en art, elles sont devenues si vaines qu'elles se sont transformées chez les artistes les plus radicaux en thématiques artistiques, c'est-à-dire en œuvres critiques du marché, mais visibles et accessibles… sur le seul marché. Autrement dit, elles ont été converties en marchandise, et rendues largement inopérantes. L'hégémonie du marché est telle qu'il peut ainsi sans risque (presque) tout absorber, et fermer à l'art (presque) toute véritable perspective de prospérer hors de lui.
Il est à cet égard éloquent que ce soit une foire (la Fiac), une structure strictement commerciale plutôt qu'un musée ou une biennale, qui scande la scène artistique française. Signe que l'agenda, les acteurs et inévitablement les pratiques de la culture et de l'art ont été, au cours des dernières années, absorbés par le commerce, et les œuvres pliées à l'implacable logique de la marchandise.
Alors que les œuvres présentées dans un musée, où elles ne sont pas à vendre, se prêtent à un regard exclusivement esthétique, dans une foire ou une salle de vente, c'est un regard marchand qui prévaut, et qui trouve un relai dans la presse et les grands médias dont les colonnes et les émissions sont émaillées des records de ventes et d'enchères intervenus sur les grandes places de la planète. Le lien est désormais établi entre art contemporain et jet-set, entre grand artiste et cote élevée, entre art et business. Le beau s'est dissout dans le cher.
C'est à ce grand spectacle des œuvres-marchandises que vient assister dans les foires un certain public plus adepte des salons de l'auto que des musées d'art contemporain. Plus habitué aux lieux de vente qu'à l'art, ce public curieux peut être troublé ou déconcerté par certaines œuvres, mais en quelque sorte rassuré par le fait qu'elles leur apparaissent sous la forme domestiquée de la marchandise.
Si l'affluence de ce type de public dans les grandes foires confirme que les lieux marchands sont devenus des lieux importants de visibilité de l'art, elle est devenue si importante qu'elle menace la sérénité des actes d'achat des collectionneurs, au point que pour la contenir la Fiac a fixé des prix d'entrée délibérément dissuasifs.
En outre, les succès des grandes foires stimulent une multiplication de «jeunes» foires qui viennent s'agréger à elles, et ainsi les légitimer plus encore en tant que dispositif par excellence de diffusion de l'art à l'époque de sa marchandisation généralisée. Un rôle que les foires doivent à leur congruence avec l'actuelle époque d'hégémonie de la valeur d'échange, et à leur intégration à un réseau planétaire que fréquentent galeries, marchands et collectionneurs d'art du monde entier.
L'action des Galeries Lafayette est, à Paris, une autre manifestation des bouleversements profonds qui affectent le champ, le marché et les œuvres d'art contemporain. Cette chaine de grands magasins a créé en son sein une galerie d'art habilement intitulée «Galerie des galeries», une sorte de «surgalerie» assurant une fusion entre le monde de l'art et celui de la marchandise dont l'invention des grands magasins a inauguré le règne.
Par le biais de la «Galerie des galeries», il est en effet subrepticement énoncé qu'aucune différence radicale — c'est-à-dire de nature — ne sépare plus vraiment les œuvres, exposées dans les galeries d'art, des marchandises présentées dans les rayons des magasins des Galeries Lafayette.
Autant les marchandises de ces magasins ne sont assurément pas élevées au statut d'œuvres; autant les œuvres intégrées ...
alberto sorbelli l'artiste est le seul responsable...
le mariage entre marchand et artiste (que ici je denomme faussaire) produis des poupe marchandise a gogo juste pour justifier et remplire les nombreuse platforme (ou les formes sont plate) des nombreuse foire d'art qui remplisse les agenda des touriste/collectioneurs du monde.
cette superficiel readaptation du processus de conception, gestation et accouchement de l'oeuvre devien quelque chose comparable a :
arrache un coeur vivant d'un individu pour le decoupe en 1000 morceaux et les greffer sur 1000 poupe barbie!
en croient donne la vie et une autonomie d'action a la poupe.
(a defaut de la "naturel" energie creatrice, mais motive par l'avidite et la vanite d'exister a tout prix sourtout au prix de L'esthetique*
le faussaire tente d'imiter le papier d'emballage sans etre capable de percevoire et cree la forme et la matiere a l'interieur).
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la naturel energie creatrice donne forme a la matiere.
on peu aussi appeller "evolution" ce processus.
* la finalite "esthetique" ne justifie pas et surment plus a notre epoque, tout le processus farci d'escroquerie, banalite imitation et autre comportement non esthetique, necessaire a la realisation de l'objet esthetique.
ce processus est totalment en desaccord avec la vocation ethetique de son objet final : cree le beau!
(voire l'article de marcela Iacub sur artpress n.382 oct 2011 a propos d'un faussaire pretendu artiste qui repond au nom de tino sehgal. a ne pas oublier la cusine fast food de francesco vezzoli, qui utilise a juste titre tous les flacons d'arome artificiel existant sur le marche, comme un collegien fan de l'autre vedette fastfood : lady gaga! le succes du fastfood est base sur un prix tres bas du produit, grace a la basse qualite des produits alimentaire utiliser, et le reciclage de gout uniforme et artificiel).
on a connu l'histoire de la production de beaux objet plus au moins beaux plus au moins savant, plus au moins extraordinaire pour la recreation de la nature a son niveau plus essentiel : "composer les matiers avec l'energie" sans reste bloque sur le palier de "l'imitation".
( parmis les "EXTRAORDINAIRE" : rembrandt shakespeare bach hendel mozart cezanne seurat malevitch kandinsky ...)
et l'histoire de l'esthetique ?
le theatre depuis sa naissence met en scene son public et le reactions du public
et c'est ansi que l'art et l'esthetique trouve sa premier forme d'existence.
l'action est esthetique avant d'arrive a l'aboutissement.
la realisation n'est pas cache derrier l'oeuvre
le poete cree son tissu organique regle la permeabilite et impermeabilite de ces cellules transorme l'environnement visuel acustique climatique pour recevoire les stimulation energetique necessaire et elimine le fausse stimulation.
dans l'histoire de l'art on a donne energie et beaute a la pierre au bronze au bois aux couleurs reproduit sur toil aux image en mouvement dans l'espace ou sur les ecrans.
il nous reste a composer d'autre matiers avec l'energie.
pour cela on peu se debarasser de la vision beourgoise de duchamp :
"l'ouvre est dans les yeux de qui regarde"
on a encore besoin de ce type d'ouvre? que sont en total contraddiction avec la naturel evolution du quotidien de chaquen d'entre nous et aussi de l'evolution philosophique et esthetique.
on a reelment besoin de decorer notre espace a l'infini?
le travaille millenaire de l'image a participer a notre evolution mais on peu plus se resumer et s'identifier a notre capacite a cree des image et a apprecier les images.
on est bien plus interesse a l'extension, interpretation, utilisation du temps.
apprendre a le subir ou a le dominer, l'elargir le retressir, le compose et decoupe, le partage, le donner, le recevoire... se perdre dans une temporalite indefinisssable et inconcevable et rejoindre le mouvement des planetes des cicle et de la nature
donne la beaute au temps et a notre façon de voire l'autre, soi meme, l'echange, la relation, la transmission.
laisse les reliques, fetiches et faux objets aux bourgeois!
detruir les inutils imitations!
les bourgeois sont mort! ils se sont entretuez par avidite par castration subie et inflige, par absence de capacite sensoriel ignorance organique de l'etre et de l'univers. sont enterre dans les procedures et dossier.
les bougeois on produit la toxine qui les a tue : l'imitation.
imitation de personalite, des geste, des objets des idee et des gouts des autre...
l'imitation applatie, banalise, les etre et l'energie. l'imitation n'est ni la vie ni la mort :
l'imitation est l'inutilite, est la bourgeosie.
leur impuissence est eleve au rang de supreme hierarchie. leur conscience les oblige a encadrer l'impuissence dans un cadre mystico divin pour confirmer un pretendu pouvoir a leur incapacite.
un bourgois exploite les capacite et les conaissence des autres.
il prend conscience de son impuissence.
il devien l'ennemi de la conaissence des capacite, et de la creativite.
il travaille a reduire tous au rang de bourgeois.
il cherche a rendre necessaire l'inutil qui justifie sa vie et sa nature inutil d'impuissent occupe a accumuler l'inutil et a celebrer les rytes de castration collective.
un bourgeois a besoin de rester a "son niveau" pour ne pas se sentire en danger.
tout ce que est superieur en force energie et creativite est automatiquement detruit par un bourgeois puisque denonce son etat d'impuissence.
tout se qui est inferieur doit etre utiliser et sacrifie pour garantire la protection de sa qualite d'impuissent.
il devient necessaire de s'eloigner de la fausse interpretation economique, politique, social, culturel que la bourgeoisie a impose uniqument pour justifier toute leur incapacite inutilite insensibilite. l'absence des capacites , conaissences, sensibilite, a developpe (freud : absence de fallus et erection) l'enorme avidite materiel de la bourgeoisie qui masque leur inutilite derrier un decor de fausse puissance.
la metaphore de la societe bourgeoise sert a remplacer un fallus incapable d'erection par un dildo. rien de "non esthetique" dans tout ça! au contraire cela aide a prolonger le plasir en moment de difficulte ou a rendre possible le plasir a qui est en difficulte cronique.
mais au cour de siecle la bourgeoisie a trasformer les "puissant" en monstre, demon, souvversif, rebelle, ennemi du pouvoire etabilie. les a marque d'infamie criminalise, elimine de la vie social esile, punie, tuez, affame, oblige a une condition d'inactivite.
la bourgeoisie a fait des genie en force et puissance des criminels.
elle a eduquer la masse a se mefier des etre genial et puissant a le marginaliser.
un etre capable d'exprimer une energie differente et superieur ne trouve pas sa place dans l'economie bourgeoise.
deja dans l'ecole un enfant plus dinamique plus intelligent plus rapide ou beux ou different vien automatiquement marginaliser par l'ensemble des etudiants et punie par les insegnants.
il grandie avec un sentiment de coulpabilite de ne pas rassemble aux autre et s'ennuie par le manque de stimulation a son niveau.
l'enfant genial et ou different devien un criminel grace a l'institution de l'education.
la criminalite est la seul creation de la bourgeoisie! elle sert a justifie la peur cronique du bourgois (peur d'etre decouvert incapable et impuissent) et a signifie l'armee et la force de l'ordre : fond de commerce et argument essentiel de la politique bourgeoise.
"l'homme de genie veux etre un, donque solitaire"! ecrit baudelaire
mais il veux, ou s'accomode de cette solitude, impose par le regime de la mediocrite bourgeoise, pour ne pas mourire?
cette meme mauvaise interpretation des formes et contenu esthetique a vue le XX siecle et debout XXI sature de faux redymade faux pop-isme bref que des mauvais interpretation denature et vide de sens, naturel, sang, energie, donque sans evolution.
voici kant et son genie:
l’art doit avoir l’apparence de la nature », ça n’est qu’au sens où il ne doit pas paraître intentionnel. « Avoir l’apparence » ne signifie pas ici « ressembler » mais « apparaître » (erscheinen). Aucune trace d’effort, de technique, d’habileté ne doit persister. Apparition et révélation ont ici un sens voisin : l’art apparaît comme nature, ou à la manière de la nature, soit libre et nécessaire.
Le génie Kantien 07 nov. 2011
Morituri te salutant DOUX MÉLANGES Difficile de démèler musées au service des marchands, centres d'art éblouis par des artistes préfabriqués, foires à la remorque du dernier succès de vente...
J'espère toujours un sursaut de survie de la part des galeristes entraînés dans une crise qui ressemble à celle de l'euro. Les foires jouent ici le rôle des banques. Si cette monnaie n'a plus de valeur à quoi bon la défendre?
Bravo pour votre analyse. 07 nov. 2011
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Jean Starck On peu dire qu'une contre révolution économique et artistique est devenue nécessaire et presque inévitable L'analyse d'André Rouillé sur l'état critique du monde de l'art doublée d'une analyse critique très pertinente de Alberto Sorbelli sur la main mise de la nouvelles bourgeoisie financière sur nos espaces vitaux ,me laisse quelques espoirs ..il y a encore des individus assez lucides pour regarder l'abîme présent sans fléchir.. 08 nov. 2011
La Peau De l'Ours Osons faire front pour défendre la notion d'oeuvre comme objet d'appréciation esthétique! Je suis tellement d'accord avec votre édito que je l'ai mis en lien et commentaire après un article d'Aude de Kerros suite à la FIAC, qui pointe lui aussi ces dérives du marché si mortifères pour l'art.
Donc, voir:
http://rillon.blog.lemonde.fr/2011/10/21/aude-de-kerros-fiac-marche-financier-de-lart-et-les-autres/ 08 nov. 2011
Théo La Ligne Mais il ya un réseau en France, des critiques sont au courant et ils le taisent. Ils ont bien raison.Le commerce et ses produits continueront d'exister, et pourquoi pas? L'invention de la géométrie n'a pas fait disparaître les arpenteurs. L'art d'aujourd'hui, en France, n'a de valeur qu'épistémologique. Il ne peut être digne d'intérêt que pour des chercheurs de pointe dans des domaines qui ne sont pas nombreux Ce fut toujours ainsi à toute époque de rupture de savoirs établis.
08 nov. 2011
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Cécilia de Varine En marge Ne vous inquiétez pas, il existe bien de très nombreuses formes d'art hors marché. Mais vous avez raison, leur survie est difficile, invisible, inaudible... Et les institutions de service public sont aujourd'hui totalement prisonnière du jeu du marché. C'est très grave, et cela se joue avec l'argent public. 22 nov. 2011
formacolor "L'Homme Unidimensionnel" Il y a encore des individus pour regarder l'abîme sans fléchir" dit l'un des intervenants sous réagir...oui.
Oui, Herbert MARCUSE, un de ces penseurs dont on ne parle plus guère (il n'est pas seul dans cet oubli: W. REICH etc.)avait ainsi titré un de ses ouvrages.
Je crois que La Mondialisation Ultra Libérale a rendu bien du monde u-n-i-di-m-e-n-s-i-o-n-n-e-l.
formacolor
22 déc. 2011
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