Etre contemporain ou ne pas être? 14 avril 2011 Numéro 352 A l'entrée du Parc floral de Paris, le nom du salon Réalités nouvelles est curieusement accompagné de la mention «Art contemporain». Or, ce salon créé en 1946 n'est pas contemporain, mais historique. Cette mention qui lui est inopportunément accolée révèle que le label «contemporain», qui a longtemps été violemment réfuté par de nombreux artistes «vivants», semble avoir gagné la partie. Être contemporain ou ne pas être, tel est le défi...
Par André Rouillé
A l'entrée du Parc floral de Paris, le nom du salon Réalités nouvelles est curieusement accompagné de la mention «Art contemporain». Or, ce salon n'est pas contemporain, mais historique: créé en 1946 dans le sillage de l'association «Abstraction-Création» fondée, elle, en 1931. Si cette pérennité du salon atteste que les pratiques artistiques excèdent en France amplement le domaine contemporain, cette mention qui lui est inopportunément accolée révèle en revanche que le label «contemporain», qui a longtemps été violemment réfuté par de nombreux artistes «vivants», semble avoir gagné la partie. Être contemporain ou ne pas être, tel est le défi qui s'impose aujourd'hui à quelque cent mille artistes en France, et qui se manifeste là, subrepticement, à l'entrée de l'un de leurs derniers salons historiques indépendants.
Entre les artistes «contemporains» et les artistes «vivants», entre l'art «contemporain» et l'art «vivant», les frontières sont bien réelles. Elles sont faites de différences de lieux et de modes d'exposition, d'itinéraires professionnels, de circuits de diffusion, de réseaux et de supports d'informations, de flux financiers, et, indissociablement, de pratiques, de matériaux, de postures esthétiques.
Alors que la scène de l'art «vivant» est pour l'essentiel nationale, celle de l'art contemporain est nécessairement internationale, et de plus en plus. Au cours de la dernière période, les galeries locales de la scène contemporaine ont trouvé dans les foires un moyen d'accéder à un rayonnement international. Et de s'adapter ainsi aux conditions médiatiques, économiques et esthétiques de la mondialisation.
Un salon d'art «vivant» comme Réalités nouvelles, ancré dans l'histoire et le territoire français, présente des artistes qui ont individuellement acquitté une cotisation à l'association gérante du salon. Dans les foires, qui naissent et prospèrent dans les points stratégiques du monde (New York, Bâle, Paris, Shanghaï, etc.), ce sont les galeries qui exposent pour montrer, promouvoir et vendre leurs artistes. D'un côté, les ventes sont possibles mais aléatoires — le salon «ne perçoit aucun pourcentage sur les ventes»; d'un autre côté, les foires et les galeries sont des structures explicitement et hautement commerciales. Les artistes des salons sont pour la plupart amateurs ou au mieux semi-professionnels, ceux des foires sont de plain-pied dans le marché.
Les artistes «contemporains» propulsés par le marché sur la scène internationale sont soumis à une concurrence artistique intense par laquelle l'esthétique n'est jamais vraiment séparée de l'économie, ni des stéréotypes qui vont et viennent au gré des spéculations.
L'art «contemporain» serait ainsi plutôt global, conceptuel et aérien, tandis que l'art «vivant», lui, serait plus local, matériel et terrestre.
Si l'art «contemporain» peut en effet être dit «conceptuel», c'est dans la mesure où ses œuvres sont, pour nombre d'entre elles, adossées à un projet, une posture, ou une idée, qu'il s'agit, par les moyens de l'art, d'exprimer sous une forme sensible. La création contemporaine consiste ainsi, pour l'essentiel, en des processus d'actualisation d'idées sous la forme d'agencements plastiques de matériaux, d'outils et de protocoles élaborés en fonction d'un concept directeur et de valeurs esthétiques toujours à réinventer.
L'artiste américain Jimmie Durham, par exemple, a récemment installé à la galerie Michel Rein une pièce monumentale, intitulée Regarde, composée d'un échafaudage de chantier en aluminium sur lequel sont fixées une dizaine de petites caméras de surveillance. Dans une galerie d'art où son utilité n'est pas flagrante, ce dispositif à la fois encombrant et fragile tourne à vide, mais, par cela même, il suscite plastiquement une réflexion sur le bien-fondé éthique et pratique des programmes de vidéosurveillance pour conjurer les violences urbaines.
En choisissant librement ses moyens plastiques, Jimmie Durham rompt avec les genres (sculpture), les règles et les matériaux canoniques de l'art. C'est précisément cette totale liberté plastique qui lui permet d'arrimer une forme à une idée, de produire un faisceau complexe de sens extra-esthétiques, et de connecter son œuvre avec le monde.
Les artistes «vivants» du salon Réalités nouvelles, comme de nombreux autres, travaillent à partir de conceptions différentes, et tout aussi respectables, de l'art. Alors que les artistes «contemporains» n'échappent pas toujours à cette «tradition du nouveau» (Harold Rosenberg) ...
Alocco être ? Définition de contemporain: de la même époque, actuel.
je suis donc contemporain.
Je suis aussi vivant,(pour quelques temps encore j'espère), donc contemporain de vous et de moi-même.
Je suis donc vivant ET contemporain.
Le seul vrai problème est: SUIS-JE ARTISTE ?
J'ai beaucoup travaillé à l'être, mais... Oui, bien sûr ! Non, dirons d'autres...
Au fond, de tout cela m'est indifférent.
L'essentiel est que
j'ai vécu (vivant) mon temps (contemporain?) et mon travail avec passion.
Marcel Alocco 15 avril 2011
Franck Longelin Pas de nom pour le mort!... Dîtes-moi, André Rouillé, vous mentionnez bien le nom d'un artiste de "l'art dit contemporain" dans votre article, mais aucun nom d'artiste de "l'art dit vivant"! Et puis, surtout, cette grave omission (sur le plan humain): vous ne mentionnez même pas le nom de cet artiste décédé depuis peu, je vous cite: "...Aussi, l'hommage rendu dans le Catalogue 2011 à un artiste récemment décédé loue-t-il sa «peinture abstraite, construite, concrète et géométrique»..." La moindre des choses aurait été d'écrire son nom! Mais il est vrai qu'en ces temps "contemporains" se perdent aussi tous ces "petits signes" d'humanité! 16 avril 2011
visiteur Les yeux en face des trous ? Bonjour,
je viens de visiter le salon Réalités Nouvelles. J'avais lu votre article et effectivement l'art abstrait est de l'art moderne pas vraiment de l'art contemporain sauf à faire la confusion aentre l'art actuel (l'art existant actuellement) et l'art contemporain qui historiquement date du siècle dernier.
Du coup cela m'a intrigué j'ai cherché le fait qui est le point de départ de votre article. Je n'ai rien vu de cette mention qui sert tout de même de point de départ à votre article.
Du coup à la fin de mon parcours j'ai demandé à une des organisatrices du salon. Elle n'était absolument pas au courant d'une telle chose et m'a confirmé qu'elle ne voyait pas l'intérêt d'affubler le salon RN d'une telle qualification pour attirer les visiteurs.
J'en viens alors à m'interrogr sur la pertinence même de votre analyse quand l'accroche de l'article allègue un fait objectif qui semble erroné.
Les organisateurs auraient-ils supprimé cette mention ?
Lequel de vous ou de moi n'a pas les yeux en face des trous ?
Bon vent et bonne plume
16 avril 2011
Léon Encore,encore,encore,....... "Arts'strength": Kosuth. 17 avril 2011
Théo D'un peu plus loin Vivant ne s'inscrit pas, comme tel,dans la temporalité historique .Mais,l'histoire n'est pas le présent; elle est une construction rétrospective. 18 avril 2011
Olivier Long, (artiste contemporain vivant) Bullshit dude! J'apprécie l'auteur mais là je tiens à dire que tout ça sent l'obscurantisme et que le propos est franchement discriminatoire (du genre tribunal de l'inquisition : es-tu hérétique ou pas? ou physio raciste à l'entrée d'une boite de nuit). L'art contemporain français n'est pas plus international que Johnny Halliday n'est américain et c'est bien là le problème. La séparation binaire art contemporain/ art vivant cache mal des clivages plus profonds et des différences de culture réelles quand on voyage un peu à l'international. C'est pour ça que personne ne spécule sur l'art contemporain français au niveau mondial (quel que soit ses efforts louables de contemporanéité induit par l'intense matraquage opérés par les écoles d'art). L'art contemporain qui rêve de mondialisation est un mirage, ou plutôt c'est un mirage issu de la globalisation, en fait il n'y a que des cultures locales soutenues (ou pas) par des réseaux locaux. Exemple : En France il n'y a pas de vrais collectionneurs et c'est l'état qui prétend assurer l'affaire depuis Louis XIV. Autres exemples : la peinture allemande est soutenue par des banques et des sociétés allemandes puissantes et c'est pour ça qu'un Gerhardt Richter vaut 100 fois le prix d'un Daniel Buren, l'art belge est affaire de collectionneurs flamands depuis l'invention de la peinture à l'huile, l'art chinois est une création purement asiatique d'un empire qui tient à prendre sa revanche sur l'Amérique, l'art relationnel est quant à lui typiquement franchouillard, c'est une culture de quartier. Le néonéonéodadaïsme français (soi disant issu de Duchamp) est à l'art mondial ce que Eddy Mitchell est au Blues américain. Ce qu'on appelle l'art contemporain ce sont des effets locaux d'une globalisation qui n'affecte que quelques produits financiers (Murakami, Hirst, etc...) censés truster les autres. Le taux de conceptualisation inclus dans ces produits est minimum, les effets de pensée qu'ils sont censés produire est faible et c'est pour ça que les intellectuels ont déserté le champs de la critique d'art depuis longtemps. La raison en est simple : on ne peut pas globaliser et travailler dans la subtilité de la pensée, (c'est pour ça que Murakami ressemble si fort à Disney). L'art contemporain mondialisé est une sorte de globish artistique, une forme appauvrie de dadaïsme pour nouveau riche. Il est à l'art ce que le globish est à l'anglais : une sorte d'esperanto. 18 avril 2011
marie sallantin "Grands et petits secrets" Danièle Granet et Catherine Lamour sont deux journalistes qui ont publié au terme d'une vaste enquête sociologique "Grands et petits secrets du monde de l'art", Fayard 2010. Je me souviens qu'elles disaient qu'un centaine de personnes faisaient le monde de l'art sur la planète. On parle "global" et puis quand on soulève la couverture, c'est 100, un chiffre dérisoire. Quelques galeries puissantes, quelques musées célébrissimes pour accueillir quelque stars en boucle... Pourtant il y avait au siècle dernier un art moderne qui lui aussi était global, ouvert vers tous les continents de l'art, curieux de ses marges, infiniment traversé par des différences et les emprunt. Un art aventureux et non replié. A celui-ci s'est substitué quelque chose d'homogène d'Est en Ouest, des productions très répétitives qui semblent à bout de souffle destinées aux milliardaires (ils n'ont jamais été si nombreux aujourd'hui nous dit me magazine Forbes) On les nomme "Art contemporain" et cette marque les désigne qu'on le veuille ou non. Aujourd'hui il vieillit et radote un peu, lifté à mort. Comme tout vieillard il cherche la respectabilité des médailles et pour cela, se réfugie au Louvre, à Orsay, dans les palais, il a si peur de mourir. En plus, rendez-vous compte, André Rouillé lui oppose l'art vivant ! Il a bien vu ! Mais quant à savoir où il est passé celui-là, pendant tout ce temps à lui taper dessus et à faire des yeux doux pour l'autre chouchou, vous savez, l' immatériel avec ses doudous éphémères, ses retrouvings mondains très riches et si branchés... ? Il faut en être , forcément ! Surtout que - l'autre chouchou - ses jours sont comptés. 18 avril 2011
artiste.gass réaction àcet artcle L'art contemporain signifie seulement l'art d'aujourd'hui,de notre époque,mais pour avoir du succès ne faut-il pas simplement deformer la réalité,où décrire ce que l'on hait seulement,où que l'on juge l'artiste n'a pas à mon point de vue cette définition,il ne doit parler que de ce qu'il aime et le fait vibrer,simno cela cevient un message politique car nous avons en France encore la possikbilité de pouvoir nous exprimer librement,si nous voulons demoncer quoique se soit nous avons la presse pour le faire ;mais nous ne sommes pas des journalistes il ne faut pas mélanger les genres.Si nous avons des problèmes avec nous même,c'est chez le spy qu'il faut en parler.Nous ne devons ,je crois nous contenter de decrire ce qui nous parrait beau et qui n'agresse pmersonne.Tant par la vue que les autres sens l'art estv avant tout pour moi un message d'amour et non pas revbendictionnel. 12 mars 2012
Vincent Lemaitre réponse à Monsieur Rouillé Votre article date de 2011 mais je viens juste de le découvrir donc il est un peu tard pour réagir, j'essaye quand même.
Je trouve votre article intéressant mais un brin condescendant avec la peinture.Vous globalisez l'art a une dualité entre le "contemporain" et "l'historique". La peinture comme art "historique " et le "contemporain" comme art affranchi du médium 2D ayant pour origine l'après guerre et/ou pour certains le marché de l'art de la fin des années 60.( je précise pour éviter les nombreuses confusions à ce sujet ).Vous impliquez l'idée que la peinture actuelle serait, plutôt surannée, obsolète, d'amateur,voir, au mieux,...de semi-professionnel ( quelle promotion ! merci ! )dont l"idéologie et l'éthique laisseraient franchement à désirer puisque, selon vous, c'est principalement dans l'art contemporain que l'art requiert son origine dans une conception de l'esprit a des fins de réflexions sur les éthiques. Attention ! attention ! l'art contemporain commence à prendre de la bouteille,40, 50, 60 ans ? le compte à rebours est lancé : tic-tac, tic-tac, bientôt l'art contemporain passera dans le camp des arts historiques, celui des arts imbéciles et sans éthiques ! merci qui ? merci le temps qui passe...
La peinture est là, abstraite ou non, on s'en fout, le débat est caduc.La peinture est là depuis 30 000 ans ( voir plus ), certes, pas reconnues comme concept artistique en ces temps ancestraux mais avec une valeur plastique à laquelle l'on peut s'affilier aujourd'hui.Quelqu'uns ont décrété la peinture morte à la fin des années 70 mais c'est raté, il serait temps de le reconnaitre.La peinture est présente , impliquée, populaire ou élitiste, ou les deux à la fois, ou même intime à des cercles restreints parce que tout simplement elle n'a pas le soutien logistique qu'elle mériterait avoir.bref, la peinture vit,malgré le nihilisme Duchampien ambiant( j'adore Duchamp pourtant, je mettrais deux majuscules à son nom si ça ne tenait qu'à moi )et les puérilités "rigolotes " anglo-saxonnes. j'aime l'art contemporain aussi, mais faut il rappeler que les artothèques contemporaines sont vides de public,que le marché de l'art contemporain est artificiel et relatif à une toute petite minorité à la limite du fascisant. En france, ceux qui sortent des ENSBA sont hyper-subventionnés dans un système qui leurs est réservé et, sont imposés de force au public. Malgré tout, la plupart ne décollent pas, alors, lorque vous dites qu'ils sont de plain-pied dans la réalité du marché etc.. je me marre franchement. vous voulez des noms ? j'en ai.
Je suis peintre, je ne me sens pas "historique" mais bien actuel, progressiste,à l'écoute du monde et lié à une forte éthique.Je ne suis pas désintéréssé, j'ai besoin de bouffer.Je ne cherche pas un refuge dans le passé mais juste une base de données. Je ne tiens pas à rompre avec la peinture pour des raisons purement techniques, voir logistiques et j'ai une grande estime pour les artistes contemporains avec lesquels je n'ai aucun contencieux.J'espère même en faire parti.
Vincent Lemaitre 03 avril 2012
Créez des cadeaux photo personnalisés (livre photo, calendrier photo, …) sur Snapfish, le spécialiste du tirage photo numérique en ligne.
Le 118000 annuaire professionnel Paris et renseignements téléphoniques.
Vous pensez profiter des beaux jours pour visiter la capitale ? Sélectionnez simplement la rubrique hotel sur le site Voyages-sncf.com et trouvez votre hotel paris !