Une esthétique de résistance: la «Ronde infinie des obstinés» 23 avril 2009 Numéro 275 Au cours des cinq dernières années, le mouvement «Sauvons la recherche» n'a cessé de tirer la sonnette d'alarme, de dire et redire, inlassablement, l'imbécillité d'une politique qui hypothèque gravement l'université et la recherche, à un moment historique où l'intelligence est devenue la richesse principale des nations. Inlassablement, il a démonté les mécanismes d'un immense abandon de ces ressources inestimables de pensée et de culture qui ont, pendant des siècles, fait rayonner la France.
Or, aujourd'hui, l'inouï est désormais l'ordinaire. Le démantèlement du service public de l'université et de la recherche s'est accéléré au profit du modèle entrepreneurial
Par André Rouillé
de concurrence généralisée entre les personnels et entre les établissements qui, nouvellement autonomes, sont placés sous l'autorité discrétionnaire d'un «patron».
A l'imbécillité politique antérieure de sous-estimer les forces de l'intelligence s'ajoute aujourd'hui l'imbécillité supplémentaire de les soumettre au modèle et aux principes de rentabilité de l'entreprise capitaliste. A contre sens des des processus de recherche et de construction du savoir; et à contre temps des circonstances où la crise dévoile au grand jour les limites et les dérives des pensées d'inspiration libérale.
Les conditions de l'indépendance intellectuelle et de l'exercice même de la pensée libre et critique sont gravement menacées, et avec elles la vitalité d'une recherche dynamique, d'un enseignement de qualité, et d'un rayonnement culturel de la France dans le monde. Une période séculaire d'excellence de pensée et de culture françaises est en train de s'éteindre. Sans doute à tout jamais, car l'intelligence collective d'un peuple est le fruit de processus trop longs, trop complexes, et trop fragiles, pour qu'elle puisse se reconstituer rapidement après avoir été négligée, malmenée, sacrifiée.
Alors que la France a longtemps bénéficié dans le monde d'un fort capital symbolique en raison de son passé glorieux de libertés et de culture, on assiste au spectacle lamentable d'un immense gâchis où cet héritage est chaque jour mis à mal par des dirigeants incultes et irresponsables — les récentes orientations de CulturesFrance chargé de promouvoir la culture française à l'étranger le confirment encore.
Il ne s'agit pas là d'une lamentation rituelle et nostalgique sur un supposé déclin, mais d'un constat : celui de la destruction délibérée, par imbécillité, idéologie et intérêt à (très) courte vue. Tandis que le déclin est un mouvement progressif, subi, inexorable et sans visage nettement assignable, la destruction est, elle, une action délibérée menée tambour battant par des acteurs bien définis.
Le désastre est tel, qui chaque jour touche plus de personnes, concerne plus de secteurs, et détruit plus d'acquis, que les méthodes traditionnelles de résistance et de lutte — les grèves, les blocages, les occupations — tendent à se radicaliser, à verser dans la violence.
Sans refuser ces modes d'action, les enseignants-chercheurs, les étudiants, et tous ceux qui soutiennent leur mouvement, ont inventé une autre manière de résister et d'exprimer la profondeur de leurs revendications, la force de leur combat, et la détermination de leur engagement.
C'est ainsi qu'est née la «Ronde infinie des obstinés» qui tourne sans interruption, jour et nuit, depuis le 23 mars, sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris, à l'emplacement de l'ancienne place de Grève où avaient lieu sous l'Ancien Régime les exécutions et les supplices publics…
Par son emplacement, par sa forme et ses protocoles, la «Ronde infinie des obstinés» est une réponse inédite au mépris, à l'autisme et à la brutalité du gouvernement qui, par son obsession de la rentabilité, est en train de mettre à mal les fondements et les missions de l'université, d'abandonner sa vocation égalitaire, et de condamner à mort tous les secteurs non rentables qui sont autant de lieux de pensée critique: les sciences humaines, la littérature et la philosophie, les arts, etc.
Sur la place de Grève, c'est la mise à mort de l'université, de la recherche et de la pensée critique et libre, qui est offerte au regard et à la réflexion du public. Non sous l'aspect d'un rassemblement massif, bruyant, ostentatoire et éphémère comme doivent l'être les manifestations pour se faire voir, se faire entendre et se compter. Pour établir un rapport de forces.
Plus proche de la performance artistique que de la manifestation-spectacle, la «Ronde infinie des obstinés» est à chaque moment composée d'un nombre restreint de personnes, habituées ou occasionnelles, qui y rentrent et en sortent à leur gré.
C'est donc une forme discrète et sobre : presque invisible, modestement située dans un coin de la place près de la Seine; presque silencieuse, n'émettant pas d'autres sons que ceux des conversations, échanges et débats des «rondeurs» entre eux ou avec les passants; et totalement minimale, consistant en ce protocole simple de rassembler un petit groupe de personnes pour tourner pendant la durée et la périodicité de leur choix…
Mais cette esthétique minimale et inédite, cette singularité formelle de l'action, permettent l'affirmation forte et claire d'une obstination durable et solide.
C'est ...
zazie Une esthétique de résistance: la «Ronde infinie des obstinés» à dd2g
«Place de grève... Dans le film 'Midnight express', on voit le personnage principal tourné à contre sens d'une ronde de prisonniers-fous pour manifester son désaccord au sort qui lui est fait et sa résistance face à une situation qu'il ne peut contrer» (sic vous, dde2g).
Le rapprochement avec ce film m'est indigeste. Allons, petite analyse du film: vilains Turcs, corrompus, obèses, violeurs (de l'avocat aux enfants) et j'en passe, versus beaux occidentaux (de l'avocat au prisonnier nordique avec scène subliminale d'amour avec le héros qu'on en oublie qu'il possédait une ceinture kamikase à dose explosive que je ne nommerai pas d'herbacée.
Ce film américain ne fait pas l'apologie de la résistance mais bien au contraire promeut un culte à l'obéissance. Ah! si ce gentil américain avait obéi, il n'aurait pas subi les perversions ataviques dont sont capables les barbares d'un autre monde. Bien au contraire, il oppose deux civilisations.
Supposons, un seul instant que notre héros explosif ait suivi la ronde des obstinés cad celle des prisonniers fous... Je l'ai rêvée cette scène et c'est sur la place de la grève qu'elle se joue ENFIN !
04 mai 2009
Fedac Peinture d’une civilisation bord cadre... Ou la Peinture une écriture d’avenir. Falltère PIEROTTINI LA PEINTURE EST–ELLE TOUJOURS NOTRE IDENTITE COMMUNE ?
La poésie dans la peinture est un facteur fondamental permettant de comprendre l'importance des codes qui nous entourent.
J'ai souvenir d'avoir vu, en un laps de temps très court, deux merveilleux portraits; le premier, un homme de face peint par Giacometti, et l'autre, une femme dans l'attente sublimement peinte par Modigliani.
Une poésie indescriptible et presque respirable ressortait des ces œuvres.
Nous savons tous qu'elles ne sont faites «que de pigments et d'huile» judicieusement assemblés dans un ordre propre aux artistes et facilement compréhensible par le commun des mortels.
La magie tient dans la charge émotionnelle que ces artistes ont, au moment précis de leurs créations, pu insuffler au travers de la «représentation» codifiée de Notre Réalité.
Un court moment de perfection dans un monde empli d'imperfections.
Et si cet instant d'immobilité, cette fraction de seconde captée par l'œil et la main de l'artiste n'était en fait que la répétition d'une seule et unique parcelle de Notre Véritable Réalité que nos yeux voient enfin clairement et ne font pas, comme à l'habitude, que « vaguement » regarder.
Nous pourrions même envisager que tout l'Art pourrait être en fait la répétition à l'infini de quelques notes jouées imperturbablement et qui structurent le souffle du vent de notre création intérieure !
Comme les milliards de molécules qui forment un corps, un monde, un univers ; les signes et les rictus codifiés par la peinture depuis nos origines continuent à nous parler et nous émouvoir.
C'est un peu comme si c'était l'écriture génétique de notre Ame, la trace formelle de notre ADN social.
Ce langage universel que nos ancêtres, au travers de toutes les civilisations créées, ont élaboré contient la véritable alchimie qui transforme un corps inerte en or.
Cette alchimie est depuis toujours en notre possession; magie tellement enfouie en nous que nous n'y prêtons plus attention, ne laissons pas passer la sublimité élaborée par ces millions
d'années de création qui ont su construire ce langage pur et simple commun à toute l'humanité, à toutes les races : la peinture.
Bizarrement nous trouvons une même ligne identitaire entre les peintures rupestres, les fresques de Pompéi, les chefs d'œuvre de la Renaissance, les peintures des arts premiers; la même foi en cette trace laissée par une main, dirigée par un cerveau de cultures différentes et crépitée par la poésie du cœur.
B- POURQUOI LA PEINTURE A PERDU SA CREDIBILITE DANS LE MONDE DE L'ART ?
Un seul moment, arrêtons de nous voiler la face, ne croyons pas avoir réinventé l'Art à partir du travail solitaire et intéressant d'un Duchamp.
Il a permis, bien sûr, de faire des objets du quotidien et de la pensée du jour des « œuvres d'art », mais il a aussi par cet acte donné les armes pour endormir la peinture.
Certains peintres ont malgré tout continué leur quête de poétique ; la recherche de l'Ame ne se détruit pas aussi facilement; le dédain et le manque de lieux pour exposer leurs travaux les ont relayés à un obscurantisme d'un demi-siècle, dicté par un académisme conceptuel et théorique généré par le secteur ; une véritable avalanche de mots et de concepts.
Surpasser la technique, l'apprentissage, le style, pour rejoindre cette « Ame collective » qu'est l'écriture picturale, est un combat qui, pour l'artiste, est de longue durée : des dizaines d'années de travail introspectif et de réflexion profonde sur le monde et l'humanité.
Il est donc plus facile de se revendiquer artiste et de produire en peu de temps des «Œuvres du quotidien » permettant d'entrer dans un marché porteur et qui détient plus de 80% du secteur que d'envisager la création d'un véritable univers intérieur.
Poser sa pierre en l'édification d'une Humanité rayonnante et éternelle à côté de nos ancêtres, est un cadeau et un privilège énorme.
Nous comprenons donc qu'il est plus facile de montrer l'illusoire de notre société que de faire ressentir les lignes de force de notre Humanité.
Notre société de fin du vingtième siècle a misé sur la réussite directe engendrée par l'art conceptuel; la croissance économique de l'Occident a permis, par l'importance des flux financiers autour du marché de cette culture.
L'Art était le symbole de notre lien avec le passé et notre cheminement vers un futur; comprenez bien que je ne renie en rien les tranches de l'art de la fin de XXéme siècle mais la dictature de certains mouvements créatifs est devenue intolérable.
On a détruit tout un passé riche de savoirs, basé sur la force de la peinture, on a fait table rase de ce qui constituait notre patrimoine intemporel, pourquoi cet état de fait ?
C- POURQUOI CE MEPRIS ENVERS LA PEINTURE ?
Evidemment les lobbies tout puissants de l'art ont décidé, par conviction mais aussi par intérêt, de braquer les feux des médias sur l'art conceptuel.
Les penseurs et les enseignants de nos écoles d'art s'y sont impliqués, c'était quasi une obligation pour ne pas être traité de rétrograde.
Dans une fin de XXème siècle chaotique, forte de ses contradictions, de la destruction d'un modèle social, religieux et de valeurs, nous pouvons constater que malgré cette société que personne, soi-disant, ne voulait, tous l'ont utilisée.
Le déni de ce qui représentait la qualité ultime de notre société, c'est-à-dire la peinture, est le symbole de l'anéantissement des modèles.
Cette situation a causé une perte de valeur et une déstabilisation de la pratique de l'acte pictural engendrant l'exaltation de « la chose qui choque » à outrance.
La valeur de l'œuvre d'art n'est plus dans le ressenti, la force, le contenu ou la facture mais surtout dans la vision théorique qu'en font les marchands, les critiques et les galeristes.
Il faut redonner à la peinture la place qui lui a été dérobée, le public boude la création contemporaine,....certains théoriciens de l'art nous ont dit : « En peinture, on a tout fait. » on avait soi-disant fait le tour, la toile étant descendue des murs, on nous a fait croire que la peinture n'avait plus rien à raconter, mais ce qu'il y a à raconter c'est Nous !
D- LA PEINTURE REFLET DE NOTRE SOCIETE ?
La peinture est «Ame et acte de sens ».
La peinture comme l'amour est un éternel recommencement mais aussi une histoire différente à chaque fois, ce sont toujours les notes que l'Ame utilise pour chanter sa passion de la vie mais, comme en musique, avec peu de choses, sept notes, la diversité est infinie.
Si vous regardez longtemps au fond d'une âme, l'âme vous renverra le reflet de la vôtre.
E- RENOUVEAU ...
Notre jeune société de ce début du XXIe siècle doit s'obliger à laisser cette vieille peau déposée sur nous par la fin XX ème siècle et se lancer dans la construction du renouveau en reprenant confiance en nos valeurs éternelles qui sont enfouies au fond de nous.
Nous devons sortir de cet état d'adolescent fortuné et plonger vers l'exaltation d'une maturité pleinement retrouvée et partagée.
Mettre l'Humain Universel au centre de nos priorités.
Retrouver le chemin de notre Ame Collective, que nous avons égarée, est vital.
Relancer la dynamique poétique est indispensable.
La disparition de cette poétique dans l'univers de l'art en est le marqueur le plus visible.
Nous devons être fier de poser notre pierre à l'édifice de l'Humanité.
Redonner sa place à la peinture, la recentrer dans un vecteur de reconnaissance, lui permettra de la remettre en phase avec sa dynamique perdue.
Amorcer une tendance à vocation poétique permettra aux artistes de plonger au plus profond de l'âme de l'homme, de ses rêves, de ses fantasmes, de ses désirs, de se connecter à ses villes, à sa nature, de transcender ses sentiments et ce, à l'intérieur d'un système poétique immuable.
Mais comprenons bien que LA PEINTURE EN EST UNE CLEF.
La peinture en est donc clef et reflet.
Elle doit accompagner une reconstruction totale de notre moi social et collectif.
Elle doit être montrée, défendue, exposée.
Ce monde de la poésie réaliste remplacera peu à peu le monde superficiel du paraître.
Le renouveau de l'art passe par le respect de la peinture, n'attendons plus pour participer nous aussi au redémarrage de cette merveilleuse histoire malheureusement interrompue.
Erasme dans « l'Eloge de la folie » sous-entend que la folie fait partie inhérente de l'homme et que les lois et les codes élaborés par l'humanité servent de gardes fous.
La folie sera donc constructrice ou destructrice, seul le seuil d'acceptabilité des valeurs imposées par la société et ses retombées positives marquera le basculement dans l'une des deux voies.
Toutefois, pour que cette folie soit constructrice, elle a besoin de signaux clairs telles que l'espoir en la vie et la relance de cette fameuse poétique dont la peinture en est depuis toujours le traceur.
La peinture n'est ni usée, ni dépassée, elle n'est ni image, ni symbole, elle contient en elle, quoique l'on peigne, l'essence de notre poétique universelle.
Falltère Pierottini _
www.fondationfedac.com
28 avril 2009
Marthe Félicitations J'apprécie énormément l'ensemble de vos éditos et spécialement celui d'aujourd'hui.
Ex-chercheur, née en 1925, je me rendrai à la ronde.
28 avril 2009
Michel Caubel Déjugeons-nous Excusez, s'il vous plaît, mon si bémol! En effet, «La ronde infinie des obstinés» est un merveilleux geste de contestation qui est dans la tradition non-violente des Gandhi et Martin Luther King, à imiter.
Cependant, permettez-moi de vous signaler que l'association grenobloise: «Pièces et main-d'œuvre» a moult fois dénoncé dans ses livres et sur son site Internet, la collusion financière et tyrannique des chercheurs scientifiques de «Sauvons la recherche» avec les lobbies de la haute technologie appliquée à la mortification et à l'aliénation économique de nos vies quotidiennes. Peut-être que l'argent qui serait levé afin d'obliger les médias à émettre des informations sur les luttes sociales, serait bien utilisé.
Toutefois, si l'État est une vaste dictature du clientélisme démocratique; les nantis et leurs spéculations monétaires sont une plaie qui ruine nos libertés au profit de leurs gains et plaisirs au nom de la LIBERTE des bourgeois et de la circulation des marchandises.
Jusqu'au jour où la planète sera bétonnée et totalement irradiée et les survivants vivront sous un amas de déchets technologiques. A ce moment-là, que se passera-t-il? Les chercheurs chercheront le trou noir où il y aura une autre planète hospitalière, n'est-ce pas!
Nous n'avons que notre Terre-mère.
[AR: L'initiative de «La ronde infinie des obstinés» ne vient pas de «Sauvons la recherche». Son principe et sa localisation émanent de l'université Paris8]. 26 avril 2009
Une fundraiser et au delà, proposition de fortifier l’action de la ronde A. Rouillé, quelle pertinence ont le plus souvent les commentaires que je lis à la suite de l'un de vos articles. Parce que je me dis toujours qu'il faut aller plus loin et que la critique et la dénonciation sinon ne servent à rien, au plus ne suffisent pas.
Je me demande ce qu'il faut faire pour soutenir cette révolte silencieuse et digne pour le respect de l'éthique: y participer, encourager ses proches, amis, collègues d'y participer aussi.
La solidarité en action, ça n'est pas très ancré dans nos mœurs français et je m'en sens - en évitant l'auto-jugement un exemple : je n'ai à ce jour rien fait alors que j'habite Paris.
J'avais été frappée lors de l'élection d'Obama de l'action d'un tout petit (au départ) mouvement philanthropique (soutenu peut-être par une agence) qui a in fine levé des millions de dollars en faveur d'Obama et contre toute attente.
Je me souviens de ce que disait le responsable de son développement : il faut agir contre son adversaire avec les mêmes atouts que ce dernier: seul moyen de se faire respecter (et donc entendre).
Prenons contact avec les organisateurs de la ronde (qui ne sont pas mis en avant et je trouve ceci remarquable) et créons un organe et un média de fundraising (levée de fonds) pour soutenir et rendre visible le mouvement, structurer la protestation et donner corps et moyen techniques, financiers et un renfort humain à cet exploit, à ces héros, non ?
Créer une résistance active, plurielle et solidaire avec des objectifs de résultat et les moyens de les atteindre. Sylvie L. M
25 avril 2009
J-M R @lili-oto Vous avez dit Buzelli? Eh bien bravo, c'est effectivement un immense dessinateur, sa "Révolte des ratés" est inoubliable; quant à son "HB", on est dans le génial.
Le grand homme fut de son vivant souvent traité comme de la merde et il est mort comme le génial Forest oublié de tous, le milieu de la bd et de l'art louant quelques chévres... Encore merci d'avoir parlé de Guido Buzelli, c'est si rare! 25 avril 2009
Jean-no Silence radio Je remarque un silence médiatique quasi total au sujet de cette action. Le "beau geste" un peu désespéré serait-il une menace pour le pouvoir qui préfère présenter les chercheurs comme des feignants? 24 avril 2009
dd2g Place de grève... Dans le film «Midnight express», on voit le personnage principal tourné à contre sens d'une ronde de prisonniers-fous pour manifester son désaccord au sort qui lui est fait et sa résistance face à une situation qu'il ne peut contrer.
La Ronde des obstinés me fait penser à cette scène... Cette esthétique minimale de la résistance où chacun entre quand il veut dans la ronde, dans le mouvement pour ainsi dire, peut être regardée comme une métaphore de toutes les résistances au Sarkozysme.
Chacun, selon ses luttes, est libre de se joindre à la contestation, entretenant le mouvement de revendication et de lutte, jusqu'à ce qu'un mouvement d'envergure en surgisse où que la simple continuité de la dynamique et de la poussée finisse par faire tomber les murs et les boucliers (fiscaux bien sûr...).
A moins que, selon le modèle météorologique, ce soit une lame de fond qui lève en même temps qu'une tornade. Il est des printemps qui ne sont pas toujours calmes.
Le durcissement des relations se lit au rythme des séquestrations et des premières manifestations de violences. On y va doucement, mais sûrement. 24 avril 2009
Michèle Collery Merci pour cet article Etant impliquée directement dans cette ronde (en espérant qu'elle ne tourne pas trop en rond ou en jus de boudin!), votre article est d'un grand réconfort dans le silence médiatique qui entoure de telles manifestations (tout comme les cours alternatifs "hors les murs", lectures dans des lieux publics, etc.).
La «Princesse de Clèves» n'a pas dit son dernier mot! 24 avril 2009
Apollonie Décalage Bonjour,
je trouve votre analyse du mouvement "La Ronde des obstinés" intellectuellement intéressante, mais, pardonnez-moi, dans la réalité de la société qui nous entoure menée par l'imbécillité politique, totalement décalée!
Pensez-vous que le pouvoir actuel soit sensible à cette analyse, dérangé par ce mouvement? Ils s'en moquent et continueront avec la force aveugle et prédatrice qui les caractérise leur destruction.
Je rends hommage aux enseignants-chercheurs j'ai d'ailleurs signé leur pétition, mais je pense maintenant que ce pouvoir ne peut être sensible qu'à une seule forme d'action: celle qui le mettrait directement face à sa responsabilité.
Le peuple a placé Nicolas Sarkozy là où il se trouve, le peuple doit exprimer le pouvoir qui est le sien de l'en déloger, et il devrait être dans l'obligation de rendre des comptes à la nation.
Je comprends la violence qui saisit certains face à l'imbécillité et à la morgue de ces politiciens incultes, n'accordant de valeur "morale" qu'au profit. Mais, je pose une question, la société française n'a-t-elle pas le Président qu'elle mérite? Hélas!!!!!
cordialement
Sylviane Pantigny 24 avril 2009
lili-oto Ronde infinie des obstinés face à ce pouvoir La "ronde infinie des obstinés" dans sa forme nous fait penser à la BD de Guido Buzzelli, "la révoltes des ratés", d'une société divisée en deux castes où les travailleurs, les chercheurs, artistes, les chômeurs sont les moches et dominés par les parfaits, les libéraux.
Aujourd'hui les parfaits sont ceux qui ont prôné ces dernières décennies l'ultra libéralisme accusant de ringard ceux qui s'opposaient à cette recherche permanente de profits juteux, donc une opposition assimilée "aux ratés".
Les parfaits encore aujourd'hui s'attribuent malgré cette profonde crise économique 8 millions d'euros de primes énormes comme chez Dexia. Pour ceux qui ne connaissent pas Guido Buzzelli, à lire, il est un très très grand dessinateur.
Lili-oto 24 avril 2009
jlschoellkopf disclaimer La mention de l'irresponsabilité de galerie, artiste et l'affirmation de l'absence de rapport entre l'"illustration" et le texte du billet me fait penser qu'il serait plus clair et plus judicieux de se passer d'illustration.
On sait que cette réserve est largement hypocrite, sachant que chacun, même inconsciemment, établit un rapport entre le texte et l'image! 24 avril 2009
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