logo
BF15DemocraciaTxT02
AUJOURD'HUI EXPOSITIONS EVENEMENTS SPECTACLES VERNISSSAGES EDITOS
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | EDITORIAL

309
René Wirths, <em>Hand</em>, 2008. Huile sur toile. 185 x 185 cm.<br /><br><br>Courtesy Daniel Templon, © René Wirths No culture! No future!
01 avril 2010
Numéro 309
Le slogan «No culture! No future!» est l'un de ceux qui ont ponctués la «Grande manifestation pour défendre l'art et la culture» qui s'est tenue à Paris ce 19 mars en réponse aux menaces de la politique gouvernementale dite de «démocratisation culturelle». Car aujourd'hui le malaise est grand. A cause des difficultés grandissantes pour les artistes à travailler et à créer; à cause des craintes pour la survie même des compagnies de théâtre et des lieux d'art; à cause, également, du mépris que les autorités vouent de façon à peine voilée à la culture, à l'intelligence, à la liberté de penser et de créer.
imprimer
Share to Facebook Share to Twitter
carre_rouge  Par André Rouillé

Le slogan «No culture! No future!» est l'un de ceux qui ont ponctués la «Grande manifestation pour défendre l'art et la culture» qui s'est tenue à Paris ce 19 mars en réponse aux menaces de la politique gouvernementale dite de «démocratisation culturelle». Car aujourd'hui le malaise est grand. A cause des difficultés grandissantes pour les artistes à travailler et à créer; à cause des craintes pour la survie même des compagnies de théâtre et des lieux d'art; à cause, également, du mépris que les autorités vouent de façon à peine voilée à la culture, à l'intelligence, à la liberté de penser et de créer. Conjointement, plusieurs pétitions proclament «La culture en danger». Le Président de la République avait pourtant lui-même défini, dès août 2007, la «rupture» dans les domaines de l'art et de la culture comme le passage nécessaire d'une politique de l'«offre» à une politique de la demande «répondant aux attentes du public».

La culture est en danger, c'était la situation d'hier. La culture est d'ores et déjà fortement touchée et affectée, c'est le constat d'aujourd'hui. La culture telle qu'elle s'est déployée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et plus encore à partir des années 1980, est condamnée à périr: c'est la tragique perspective qui risque de rapidement se dessiner. «No culture! No future!»: si les coups portés à la culture ne cessent pas, le futur sera sombre.

«No culture!» ne signifie évidemment pas que la culture disparaîtra totalement, mais cela désigne le spectre d'une sorte de mutation génétique de la culture qui risque rapidement de ne plus exister qu'en version marchande et libérale: celle des industries culturelles. L'antinomie entre l'«industrie» et la «culture» lézarde d'ores et déjà la culture au point de la faire dériver vers des horizons aussi incertains que menaçants, et de l'ébranler dans ses fondements.

L'industrie n'est évidemment pas moins noble ni moins légitime et nécessaire que la culture. Ce n'est pas l'industrie en soi qui est néfaste à la culture, c'est l'alliage «industrie culturelle» dans lequel la fragile culture est soumise à l'implacable logique hétéronome de la puissante industrie. Industrie et culture s'opposent par leur différence de puissance, mais surtout par leur logique contraire. Il est en l'occurrence fortement à craindre que David ne sorte pas vainqueur de Goliath.

L'«industrie culturelle» est industrielle avant d'être culturelle. Ses produits (films, séries télévisées, jeux vidéos, concerts, disques, etc.) sont soumis aux lois d'airain du marché: le profit, la rentabilité, la concurrence. La création et la culture ne sont certes pas exclues des «industries culturelles», elles leur sont même nécessaires. Mais la création et la culture des «industries culturelles» sont subordonnées à la logique industrielle et financière qui balise leur champ d'action et de liberté.

Pendant près de trois-quarts de siècle, la mission du service public de la Culture a été, sous l'égide des figures désormais emblématiques d'André Malraux et de Jack Lang, de créer les conditions institutionnelles et budgétaires pour assurer l'essor et la qualité de cet oxygène des esprits qu'est la culture face à la logique hétéronome, sinon hostile ou indifférente, de l'industrie et du marché.
Face à l'impérialisme du marché, face à l'accession du nombre et de la mesure au firmament des valeurs, face à la généralisation de la concurrence et de la compétition entre les hommes, face à l'individualisme grandissant, autrement dit, face à l'essor fulgurant du néolibéralisme, il s'agissait, à travers l'art et la culture contemporains, d'affirmer l'importance vitale d'autres valeurs, d'autres pratiques, d'autres modèles de vie, d'autres visions du monde, d'autres rapports aux autres.
Il s'agissait en fait de soutenir les forces vitales de la création et du sensible face à l'imposante domination de la production, de la raison pratique et des intérêts économiques. Il s'agissait aussi, tout simplement, d'assurer aux citoyens, créateurs et spectateurs, leurs droits à la culture par delà les «industries culturelles».

Mais sous le règne du néolibéralisme débridé qui prévaut aujourd'hui, l'État se désengage de la culture pour la livrer à elle-même et l'abandonner aux intérêts marchands. La culture est en danger parce qu'elle n'est plus ni défendue, ni protégée, ni surtout affirmée dans sa nécessité sociale ...


puce rouge Page 1 / 2 fleche suivante Page suivante

site_com


130614jdpShibli
ÉDITORIAL fleche_rouge
Jeu de Paume: terreur dans la culture
L'exposition «Phantom Home» de l'artiste palestinienne Ahlam Shibli, au Jeu de Paume à Paris, donne lieu à de vives réactions de la part de certains secteurs de la communauté juive, en particulier du Crif qui dénonce une «apologie du terrorisme». Après des protestations officielles adressées à la directrice du musée et à la ministre de la Culture, une véritable offensive s'est enclenchée: clameurs dans les réseaux sociaux, appel à manifester devant le musée, déferlement...
">fleche Lire la suite
130616MarechWomenGR
130609JdPmvt300
130408VilletteKawa
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Valérie Jouve, prix Niépce 2013
puce rouge  Exposition de l'artiste palestinienne Ahlam Shibli: le Jeu de Paume répond aux accusations
puce rouge  Etienne Balibar: «Non au retour de la dictature en Grèce!»
puce rouge  Polémiques autour des photos des martyrs palestiniens d’Ahlam Shibli
puce rouge  Lancement d'une mission consacrée au design
puce rouge  Camille Henrot, Lion d’argent à la Biennale de Venise
puce rouge  Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique
puce rouge  Vente de la Maison de France à Berlin
puce rouge  Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre
puce rouge  Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris
puce rouge  Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations
puce rouge  Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis

DIAPORAMA

nowLe miroir est devenu un objet de décoration primordial et apprécié de tous. Un beau miroir design peut être le détail qui change une pièce ! Découvrez la gamme miroir design sur le site de PIB.
pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales