No culture! No future! 01 avril 2010 Numéro 309 Le slogan «No culture! No future!» est l'un de ceux qui ont ponctués la «Grande manifestation pour défendre l'art et la culture» qui s'est tenue à Paris ce 19 mars en réponse aux menaces de la politique gouvernementale dite de «démocratisation culturelle». Car aujourd'hui le malaise est grand. A cause des difficultés grandissantes pour les artistes à travailler et à créer; à cause des craintes pour la survie même des compagnies de théâtre et des lieux d'art; à cause, également, du mépris que les autorités vouent de façon à peine voilée à la culture, à l'intelligence, à la liberté de penser et de créer.
Par André Rouillé
Le slogan «No culture! No future!» est l'un de ceux qui ont ponctués la «Grande manifestation pour défendre l'art et la culture» qui s'est tenue à Paris ce 19 mars en réponse aux menaces de la politique gouvernementale dite de «démocratisation culturelle». Car aujourd'hui le malaise est grand. A cause des difficultés grandissantes pour les artistes à travailler et à créer; à cause des craintes pour la survie même des compagnies de théâtre et des lieux d'art; à cause, également, du mépris que les autorités vouent de façon à peine voilée à la culture, à l'intelligence, à la liberté de penser et de créer. Conjointement, plusieurs pétitions proclament «La culture en danger». Le Président de la République avait pourtant lui-même défini, dès août 2007, la «rupture» dans les domaines de l'art et de la culture comme le passage nécessaire d'une politique de l'«offre» à une politique de la demande «répondant aux attentes du public».
La culture est en danger, c'était la situation d'hier. La culture est d'ores et déjà fortement touchée et affectée, c'est le constat d'aujourd'hui. La culture telle qu'elle s'est déployée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et plus encore à partir des années 1980, est condamnée à périr: c'est la tragique perspective qui risque de rapidement se dessiner. «No culture! No future!»: si les coups portés à la culture ne cessent pas, le futur sera sombre.
«No culture!» ne signifie évidemment pas que la culture disparaîtra totalement, mais cela désigne le spectre d'une sorte de mutation génétique de la culture qui risque rapidement de ne plus exister qu'en version marchande et libérale: celle des industries culturelles. L'antinomie entre l'«industrie» et la «culture» lézarde d'ores et déjà la culture au point de la faire dériver vers des horizons aussi incertains que menaçants, et de l'ébranler dans ses fondements.
L'industrie n'est évidemment pas moins noble ni moins légitime et nécessaire que la culture. Ce n'est pas l'industrie en soi qui est néfaste à la culture, c'est l'alliage «industrie culturelle» dans lequel la fragile culture est soumise à l'implacable logique hétéronome de la puissante industrie. Industrie et culture s'opposent par leur différence de puissance, mais surtout par leur logique contraire. Il est en l'occurrence fortement à craindre que David ne sorte pas vainqueur de Goliath.
L'«industrie culturelle» est industrielle avant d'être culturelle. Ses produits (films, séries télévisées, jeux vidéos, concerts, disques, etc.) sont soumis aux lois d'airain du marché: le profit, la rentabilité, la concurrence. La création et la culture ne sont certes pas exclues des «industries culturelles», elles leur sont même nécessaires. Mais la création et la culture des «industries culturelles» sont subordonnées à la logique industrielle et financière qui balise leur champ d'action et de liberté.
Pendant près de trois-quarts de siècle, la mission du service public de la Culture a été, sous l'égide des figures désormais emblématiques d'André Malraux et de Jack Lang, de créer les conditions institutionnelles et budgétaires pour assurer l'essor et la qualité de cet oxygène des esprits qu'est la culture face à la logique hétéronome, sinon hostile ou indifférente, de l'industrie et du marché.
Face à l'impérialisme du marché, face à l'accession du nombre et de la mesure au firmament des valeurs, face à la généralisation de la concurrence et de la compétition entre les hommes, face à l'individualisme grandissant, autrement dit, face à l'essor fulgurant du néolibéralisme, il s'agissait, à travers l'art et la culture contemporains, d'affirmer l'importance vitale d'autres valeurs, d'autres pratiques, d'autres modèles de vie, d'autres visions du monde, d'autres rapports aux autres.
Il s'agissait en fait de soutenir les forces vitales de la création et du sensible face à l'imposante domination de la production, de la raison pratique et des intérêts économiques. Il s'agissait aussi, tout simplement, d'assurer aux citoyens, créateurs et spectateurs, leurs droits à la culture par delà les «industries culturelles».
Mais sous le règne du néolibéralisme débridé qui prévaut aujourd'hui, l'État se désengage de la culture pour la livrer à elle-même et l'abandonner aux intérêts marchands. La culture est en danger parce qu'elle n'est plus ni défendue, ni protégée, ni surtout affirmée dans sa nécessité sociale ...
ppa intempestif la force de l'art n'est pas fondamentalement d'être intempestif
mais d'aller à l'essentiel et de "ressourcer" le quotidien
autrement dit le surprenant n'est pas suffisant
l'art fait partie de la danse des atomes traversant nos murs de plomb
vous défendez le socio culturel comme bien des contemporains
et du coup entrez en politique le danger est là
l'action vaut réaction
cela dit continuez à réfléchir et à nous proposer vos attitudes critiques même si vous faites le jeu de la mode 02 avril 2010
julum réaction à intempestif pourquoi tant de mépris à l'égard du social et de l'humain (le terme socio culturel est d'emblée péjoratif) et les pouvoirs publics ne le défende pas assez, au contraire. Trop invisible. il ne s'attelle pourtant qu'à donner la parole aux uns et aux autres, à éveiller nos curiosité, le gout de l'altérité qui nous fait regarder et penser autrement; qui magnifie la tension créatrice dans la surprise et l'étonnement de ce que l'autre nous offre; un cadeau 02 avril 2010
Strogof ppa et julum ont raison Nous sommes là devant un disque rayé soixantehuitard. La même rangaine cryptosovietique ou kryptomaoiste, ou autre cryptochose. Ce terrorisme culturel qui se prétend défenseur des créateurs à condition qu'ils soient dans la ligné spéculative soixantehuitarde.
André Rouillé est intéressant dans la mesure où il déploie le discours formaté et exclusif des nostalgiques elitomaniaques.
Paris art reste une information utile pour constater l'usure soixantehuitarde. Je me répète, mais quoi faire d'autre face à cette arrogance catégorique et méprisante, tout autant qu'aveugle sur la vie et ces autres qui "ne comprennent rien à l'art", étant à priori condamnés à l'opprobre. Peut-être que grâce à Rouillé nous découvrirons que Corin Tellado et Barbara Cartland sont plus intéressantes que Sollers, Kristeva et Scarpetta. Ça viendra. 02 avril 2010
Strogof ppa et julum ont raison Nous sommes là devant un disque rayé soixantehuitard. La même rangaine cryptosovietique ou kryptomaoiste, ou autre cryptochose. Ce terrorisme culturel qui se prétend défenseur des créateurs à condition qu'ils soient dans la ligné spéculative soixantehuitarde.
André Rouillé est intéressant dans la mesure où il déploie le discours formaté et exclusif des nostalgiques elitomaniaques.
Paris art reste une information utile pour constater l'usure soixantehuitarde. Je me répète, mais quoi faire d'autre face à cette arrogance catégorique et méprisante, tout autant qu'aveugle sur la vie et ces autres qui "ne comprennent rien à l'art", étant à priori condamnés à l'opprobre. Peut-être que grâce à Rouillé nous découvrirons que Corin Tellado et Barbara Cartland sont plus intéressantes que Sollers, Kristeva et Scarpetta. Ça viendra. 02 avril 2010
gilbert assez de politique ! vous êtes un média de culture ou de politique ?
ce blabla lassant (68'tard dit l'un, avec raison, je dirai plutôt un disque rouillé), contestataire de tout, cracheur dans la soupe (de surcroît de la part d'un enseignant : encore un de trop) est à mettre à la poubelle avec son émetteur...
il y a trop de gens comme vous, payés par le contribuable (sans demander leur avis), qui prétendent se faire subventionner pour vomir sur tout : prétentieux et typiquement parisien... zou, à la porte ! 02 avril 2010
bibi azertuyop Schopenhauer: "l'art de l'insulte" Veuillez chers lecteurs et chères lectrices excuser mes écarts de langage. Monsieur André Rouillé, je suis pleinement d'accord avec vous: No culture! No Futur! Cependant, la technique artistique quand elle devient technologie productiviste industrielle tue les créateurs et indirectement l'acte créatif.
Pour ce qu'il en est de mes insultes, elles s'adressent aux quatre nazes ayant réagis précédemment.
Messieurs et peut-être Mesdames: les réactionnaires réactifs socialo populistes libéraux , je vous pisse au cul tas de fachos et de bof pisse froid!
C'est à vous de dégager de ces lignes car autrement on va s'alpaguer pour rien et à part vos nostagies du royaume gaulliste ou mitérrandiste si ce n'est de l'actuel royaume du petit NapoléonIII bis Nicolas: Vous êtes à côté de la plaque de ce qui fait l'art contemporain et de ses luttes, combats et plaisirs. 02 avril 2010
indian Loin des yeux loin du coeur Étrangement, ce n'est peut être pas si négatif...
Un tel État omniprésent, qui se désengage de la culture, cela veut dire aussi qu'il use moins de la puissance publique pour infléchir les arts à ses dictats de salon;
Et que tous ses messieurs artiste-courtisans ... en rayonnent d'autant moins, offrira davantage aux mouvements d'art une place, ce qui se fait d'ailleurs toujours loin de leurs côtés. 02 avril 2010
bibi azertuyop Qu'est-ce que la richesse des peuples? C'est marrant. Ceux qui demandent moins d'Etat dans les secteurs de la santé/éducation/social/culturel et artistique , sont les premiers à réclamer plus de lois sécuritaires, plus de libre concurrence assassine et plus d'argent pour sauver leurs thunes et dividendes.
Nicolas Napoléon III bis a très bien compris ça. Le martélement des think tanks libérales veut nous faire gober que les artistes et les acteurs du socio-culturel sont des profiteurs: alors que les profiteurs cumulards sont les sujets et courtisans du Prince et de ces mêmes think tanks. L'argent va à l'argent et ceux qui le méritent n'ont qu'à laisser faire l'économie des experts et des nantis qui voudraient nous gérer et et qui décident ce qui est bon pour nous aliéner et nous imposer une servitude involontaire hypnotique décérébrée. En fait, ils se la jouent... Ne soyons pas dupes de leurs manigances. Créer! Créer! Créer! Agir! Penser! Oser dire! 03 avril 2010
Thierry TRADUCTION DU TEXTE EN ANGLAIS Y a-t-il une version anglaise de ce texte d'André Rouillet ?
Nous souhaitons le relayer largement à l'étranger, car nous sommes en contact avec de nombreux artistes et acteurs culturels en Europe.
Si non. Nous donnez vous l'autorisation de le faire traduire en anglais ? Et nous vous le ferons bien entendu parvenir.
Heure Exquise ! _centre international pour les arts vidéo
www.heure-exquise.org
Thierry Destriez
03 avril 2010
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