La mort, partout la mort 22 janv. 2010 Numéro 299 Sous la majestueuse verrière du Grand Palais à Paris, l'exposition «Personnes» de Christian Boltanski ouvre la seconde décennie du siècle volontairement sans chauffage, dans un froid glacial d'hiver et de mort. Le choix de Christian Boltanski pour cette nouvelle édition de Monumenta s'avère finalement avoir été le meilleur. Non seulement parce que Christian Boltanski est sans doute l'artiste français le plus célèbre, mais plus certainement parce que son œuvre pourrait bien exprimer quelque chose de l'état en profondeur de la France d'aujourd'hui.
On ne peut en effet pas considérer comme totalement fortuite l'actualité de Christian Boltanski.
Par André Rouillé
Sous la majestueuse verrière du Grand Palais à Paris, l'exposition «Personnes» de Christian Boltanski ouvre la seconde décennie du siècle. Volontairement sans chauffage, dans un froid glacial d'hiver et de mort. Le choix qui a été fait de confier à Christian Boltanski cette nouvelle édition de Monumenta s'avère finalement avoir été le meilleur. Non seulement parce que Christian Boltanski est sans doute l'artiste français le plus célèbre, mais plus certainement parce que son œuvre pourrait bien exprimer quelque chose de l'état en profondeur de la France d'aujourd'hui.
On ne peut en effet pas considérer comme totalement fortuite l'actualité de Christian Boltanski. Simultanément au 13 000 m2 de son imposante exposition du Grand Palais, il présente au Mac/Val, à Vitry-sur-Seine, l'œuvre labyrinthique Après où le public est conduit à faire l'expérience de l'au-delà. En outre, il vient significativement d'être désigné par le ministère de la Culture pour représenter officiellement la France à la prochaine Biennale de Venise.
Son œuvre a la force d'une obsession: celle de la mort, de la disparition, de l'effacement du souvenir, et celle de l'impuissance humaine à conjurer cette inéluctabilité. Pour exprimer notre incapacité à défier le temps et l'oubli, Christian Boltanski met en forme, en scène, en espace, en lumière, en son, en température et en corps, l'immense échec des tombeaux, des autels, des monuments, des archives, des commémorations, et de tous les dispositifs de mémoire: leur échec à perpétuer le souvenir de chacun, de chaque «personne», dans son irréductible unicité et singularité.
Face au «tragique de la vie qui se termine toujours par la mort», les dispositifs de mémoire ne savent produire que de la mémoire abstraite, institutionnelle ou anonyme, dans laquelle les «personnes» disparaissent dans un oubli anonyme, ou dans l'évidence de leur absence.
Comme toutes les grandes œuvres, celle de Christian Boltanski dépasse de beaucoup les intentions, les utopies, ou les naïvetés qui peuvent leur servir d'argument. Ce ne sont jamais des exposés de concepts ou de théories, encore moins des démonstrations ou des manifestes, ce sont au contraire des réalités de formes et de matériaux, des blocs de sensations.
Ces blocs de sensations, qui échappent à la maîtrise du discours, ont, en art, cette capacité précieuse de résonner avec les forces du monde, d'en capter certains des battements sourds, de nous les faire éprouver par les sens et le corps. C'est d'ailleurs ainsi qu'une œuvre peut être dite contemporaine: par sa capacité à résonner avec ce monde-ci pour en capter certaines des forces souterraines.
L'actualité française de Christian Boltanski pourrait ainsi signifier que cette œuvre exprime quelque chose de fondamental et de profond de la France d'aujourd'hui. Quelque chose qui pourrait se dire ainsi que la mort, partout la mort, règne dans le pays.
Les obsessions de Christian Boltanski ne sont évidemment que métaphysiques et esthétiques. Il n'a cessé d'inventer et d'expérimenter des formes, des matériaux, des dispositifs guidé par cette seule volonté farouche et désespérée d'approcher le scandale de la mort, et de retenir dans la vie quelque chose des disparus. Ce refus de se résigner à la tragique condition humaine, et cette obstination à vouloir, par l'art, l'inverser, ont évidemment échoué dans leurs intentions.
Or, c'est dans ce qu'il nomme ce «ratage» que l'œuvre de Christian Boltanski trouve sa force esthétique, et ouvre à l'évidence sensible certaines des réalités présentes. Ses deux expositions qui nous plongent dans une atmosphère pesante et glaciale de mort, pourraient bien résonner sourdement avec une forme de tragédie, sociale celle-là, qui est en train de subrepticement se jouer en France.
Autant l'œuvre de Christian Boltanski est, par ses formes mêmes, souvent associée à la Shoah; autant, sans qu'il l'ait évidemment voulu ni même pensé, elle peut renvoyer à ces drames du monde d'aujourd'hui qui nous traversent et nous habitent.
La liste de réminiscences morbides est longue, qui va des victimes du tremblement de terre d'Haïti ou des attentats terroristes, au décès de personnages célèbres, dont les médias saturent notre quotidien.
Mais ce sont des pans plus vastes de la réalité, des phénomènes plus diffus mais non moins actifs d'aujourd'hui — des sortes de nappes de morbidité — que l'œuvre de Christian Boltanski réactive en nous.
La série terrifiante d'employés de grandes entreprises qui se suicident au travail; ou ces non moins sinistres cas de jeunes, écoliers ou non, qui s'entre-tuent; ou ces chasses au faciès auxquelles, démunis ...
Alain Décennie Attention ! 2010 n'est que la dernière année de la première décennie du siècle. Encore un an à attendre jusqu'à la prochaine.
Sans rancune ! 23 janv. 2010
Christian Mayeur La mort, et alors ? Il faut bien être rendu à un hypermodernisme tardif pour avoir oublié et occulté la mort, come l'a fait notre civilisation de l'extrême oubli. Christian Boltanski ne fait que nous ramener à ce qui devrait guider tout être humain conscient. Dès notre premier jour, nous sommes condamnés à mort. Et cela nous encourage à la vitalité et à la joie. Comme dit l'aphorisme "il y a une vie avant la mort". A la vision absolument pessimiste présentée ici, on peut aussi rétorquer que les Français n'ont jamais autant fait la fête, que les campagnes sont joyeuses de beuveries, lotos, foires en tous genres, que les biennales et les foires d'art sont pleines de couleurs et de créativité (souvenons-nous de Slick 2009), que le carpe diem est quand même le leitmotiv des jeunes générations, qui dans de nombreux cas jouissent de toute la panoplie des jeux, loisirs, distractions en tous genres, et ce dans quasiment toutes les classes de la société. Un entertainment pour oublier la mort. A l'heure du spectacle intégré, tout est prétexte à rire, à moquerie, à dérision, donc à pieds-de-nez à la mort, qu'on a évacuée dans les hôpitaux. Le virus H1N1, plutôt que comme un ange de mort, peut être vu comme une bouffonnerie médiatique. Les hédonistes ne se sont jamais aussi bien portés, voir le succès de Michel Onfray. Alors, un retour de la mort, face à la catastrophe de grande amplitude qui vient, je veux parler de l'écologie du monde, l'irruption du monstrueux, du grand hors norme (le danger violent d'un déchaînement non maîtrisable des éléments mais aussi les crises et les guerres qui émergeront de la compétition économique mondiale titanesque qui se prépare en ce moment entre puissance établies et puissances émergentes) l'irruption du monstrueux donc dans le confort engourdi hérité des dernières décennies, la fin de l'illusion des "Sciences de la vie", qu'il serait urgent de rebaptiser, avec Peter Sloterdijk, "Sciences de la vie et de la mort", par simple prise de cosncience de notre finitude en cette enveloppe fragile nommée "environnement" dont nous découvrons à peine les limites, eh bien il me semble que cela n'a rien à voir avec notre petite actualité politique passagère franco-française et au mal-être bien français qui va avec, mais que Christian Boltanski inscrit son engagement artistique dans une perspective bien plus ample et profonde. Ce n'est pas pour rien qu'il est l'artiste français le plus audible et crédible dans le monde. La mort présentée par Boltanski, c'est celle, symbolique, de tout un système de rapport au monde et de production d'objets déchets dit "occidental" - et ce système, comme l'a bien rappelé Pierre Legendre, dépasse largement les frontières géographiques traditionnelles de l'Occident - le système occidental est donc pris de vertige devant son incapacité politique, sociale et économique, de droite comme de gauche, à inverser la course vers l'abîme. Seuls les artistes - en encore, pour ceux qui ne participent pas à la frivole fuite en avant - entretiennent encore la conscience de la puissance de Thanatos. On oeut douter que la force des artistes soient suffisante, mais ils nous auront prévenus. Chapeau à Christian Boltanski. 23 janv. 2010
Christian Mayeur La mort, et alors ? Il faut bien être rendu à un hypermodernisme tardif pour avoir oublié et occulté la mort, come l'a fait notre civilisation de l'extrême oubli. Christian Boltanski ne fait que nous ramener à ce qui devrait guider tout être humain conscient. Dès notre premier jour, nous sommes condamnés à mort. Et cela nous encourage à la vitalité et à la joie. Comme dit l'aphorisme "il y a une vie avant la mort". A la vision absolument pessimiste présentée ici, on peut aussi rétorquer que les Français n'ont jamais autant fait la fête, que les campagnes sont joyeuses de beuveries, lotos, foires en tous genres, que les biennales et les foires d'art sont pleines de couleurs et de créativité (souvenons-nous de Slick 2009), que le carpe diem est quand même le leitmotiv des jeunes générations, qui dans de nombreux cas jouissent de toute la panoplie des jeux, loisirs, distractions en tous genres, et ce dans quasiment toutes les classes de la société. Un entertainment pour oublier la mort. A l'heure du spectacle intégré, tout est prétexte à rire, à moquerie, à dérision, donc à pieds-de-nez à la mort, qu'on a évacuée dans les hôpitaux. Le virus H1N1, plutôt que comme un ange de mort, peut être vu comme une bouffonnerie médiatique. Les hédonistes ne se sont jamais aussi bien portés, voir le succès de Michel Onfray. Alors, un retour de la mort, face à la catastrophe de grande amplitude qui vient, je veux parler de l'écologie du monde, l'irruption du monstrueux, du grand hors norme (le danger violent d'un déchaînement non maîtrisable des éléments mais aussi les crises et les guerres qui émergeront de la compétition économique mondiale titanesque qui se prépare en ce moment entre puissance établies et puissances émergentes) l'irruption du monstrueux donc dans le confort engourdi hérité des dernières décennies, la fin de l'illusion des "Sciences de la vie", qu'il serait urgent de rebaptiser, avec Peter Sloterdijk, "Sciences de la vie et de la mort", par simple prise de cosncience de notre finitude en cette enveloppe fragile nommée "environnement" dont nous découvrons à peine les limites, eh bien il me semble que cela n'a rien à voir avec notre petite actualité politique passagère franco-française et au mal-être bien français qui va avec, mais que Christian Boltanski inscrit son engagement artistique dans une perspective bien plus ample et profonde. Ce n'est pas pour rien qu'il est l'artiste français le plus audible et crédible dans le monde. La mort présentée par Boltanski, c'est celle, symbolique, de tout un système de rapport au monde et de production d'objets déchets dit "occidental" - et ce système, comme l'a bien rappelé Pierre Legendre, dépasse largement les frontières géographiques traditionnelles de l'Occident - le système occidental est donc pris de vertige devant son incapacité politique, sociale et économique, de droite comme de gauche, à inverser la course vers l'abîme. Seuls les artistes - en encore, pour ceux qui ne participent pas à la frivole fuite en avant - entretiennent encore la conscience de la puissance de Thanatos. On oeut douter que la force des artistes soient suffisante, mais ils nous auront prévenus. Chapeau à Christian Boltanski. 23 janv. 2010
andré breton Plutôt la vie la vie de la présence
où une voix dit "es-tu là ?"... 23 janv. 2010
glowise Tous coupables d'exister Un cimetière de vêtements.
On est en face d’une force :
La grue qui représente Dieu ?
Une force supérieure qui décide de la mort…
Et si les vêtements exposés étaient avec des marques de « créateurs » ?
Gucci Chanel Dior Lagerfeld Gaultier Armani Boss … ?
On attaque les accoutrements des Riches ??
Les perruques, les costumes cravate, les robes du soir, les manteaux de fourrure ?
Mais non- ce sont les vêtements des PAUVRES qui sont agressés,
dont on dispose comme des CHIFFONS.
Nous sommes là nous pauvres spectateurs
à pied de cette MAIN VISIBLE
mais contrôlée par des forces INVISIBLES.
Ce ne sont pas les occupants des limousines blindées vitrages teintées
connaisseurs du CAC 40 qui viendront se recueillir
dans ce vaste et très cher (payé par qui ?)
Monumenta 2010.
NON
c’est nous les Pauvres qu’on adresse.
Message : Regardez, vous n’avez pas le choix
c’est NOUS
une force supérieure qui décide de votre destin.
Le Loto, quoi.
Ou Dieu.
Ou ceux qui se prennent pour Dieu
et qui veulent transmettre ce message-
tant mieux que c’est par la voix d’un artiste,
tellement plus sublime que celle des journalistes- :
Vous êtes tout petits, coupables
d’exister,
MINABLES
IL est temps de se débarrasser de tous ces CHIFFONS INUTILES
Voilà le message qui nous est transmis par l’artiste.
Bravo.
24 janv. 2010
serge malik etc.. Une fois n'est pas coutume: j'adhère à ton texte comme la poisse au malchanceux (je n'ai pas écrit au haïtien!). Quel portrait sans concession tu y fais de notre monde et de notre temps! De la France et d'ailleurs, (d'ailleurs)...
Boltansky artiste officiel et singulier, reconnu et méconnu obsessionnel et fécond, sert ici de prétexte bien choisi à une extrapolation lucide vers ce qu'est en train de devenir notre monde: totalitaire!
Et nous n'y pouvons rien : life's a bitch and then you die!
24 janv. 2010
marto éditorial Bonjour
je m'insurge contre les mots disant de Boltanski ...." autant l'oeuvre de Boltanski est associéé par ses formes....sans qu'il l'ait évidemment voulu ni pensé ". C'est lui attribuer peu de possibilité de réflexion. Bien au contraire, il sait ce qu'il fait et ce qu'il veut dire ! Ses précédentes oeuvres l'attestent ainsi que le climat général de ses expositions. Son histoire familiale aussi baigne dans cette atmosphère. Le "ratage" éventuel fait partie du bagage des intellos et des artistes depuis qu'il a été "mis en vedette" par Samuel Beckett et revendiqué comme expérience fondatrice par l'artiste. 24 janv. 2010
Aude de Kerros Omnia vincit amore et nos cedamus amori Moi, je crois à l'Amour plus fort que la mort 24 janv. 2010
variable Tartuffe La mort, les déjections, le vide du discours... Une "oeuvre" qui parle - à qui d'ailleurs ? - de "l'unicité de chaque être" ? Laquelle tient dans le vêtement peut-être ? Glorieux Monumenta de la négation de ce qui nous relie les uns aux autres.
Pour écouter Tartuffe s'écouter en ne disant rien : http://www.rue89.com/artnet-france/2010/01/12/boltanski-mon-oeuvre-parle-de-lunicite-de-chaque-etre-132998
24 janv. 2010
Bonzai L'art est-il politique? Superbe article ! Je l'ai lu avec émotion. Merci 24 janv. 2010
Marc MALDINEZ Un symbolique mystique, cyclique et de bas en haut, et plus encore... Christian Blotanski (dont j'ai eu la chance d'être le tireur photo il y a quelques années) est fidèle à sa ligne directrice dans cette exposition MONUMENTA 2010, une ligne droite dont l'axe tourne irrémédiablement autour de la roue du Temps qui passe, du souvenir ou de la trace que "ce qui a été".
D'une certaine façon, "l'absence" sait bien mieux marquer la présence que si celle-ci était signifiée simplement d'emblée devant nos yeux habitué au signifiant visible; c'est donc jouer sur ce vide pour nous faire prendre conscience de ce qu'est l'Homme en ce monde, une simple enveloppe charnelle semblable à tous ces vêtements empilés ou classifiés dans le grand livre de la Vie et de la Mort.
Il y a une démarche fortement mystique dans toute son œuvre, encore plus distincte ici au Grand Palais qui amplifie intensément l'immensité de ce cycle auquel personne n'échappe, mais, la "finission" des choses et des personnes n'engendre pas le néant ni le vide absolu ou l'immobilité totale, non au contraire, il y a toujours un spectateur-observateur de ce qui a été pour signifier pleinement la continuité. On peut donc dire que finalement Christian Boltanski est paradoxalement, en prenant cet angle de vue et cette dimension plus haute, un grand optimiste du cycle de la Vie avec cette démonstration qu'il existe encore des vivants pour témoigner de ce qui a été, des visiteurs pour comprendre cette alchimie hautement symbolique qui déclenche en nous un sentiment d'Existence plus fort.
Bravo Mr Boltanski de "nous passer le témoin" via ce tour de magie digne d'un grand créateur ou à l'image de celui qui dévoile les rouages de la Création, dans tous les sens du terme, ici bas et aussi plus haut...
24 janv. 2010
variable du terrorisme ... A quoi bon aussi les monuments? "Trace", dit-on, mais de quoi? de qui? et pour quelle durée? pour quel monde commun? César, les morts te saluent? Plus d'avenir, pas même l'attente d'un sens. Un Monument pour personne. Pas même pour le futur. Juste pour une gloire éphémère. Quelle différence finalement avec une explo-si-tion aveugle au milieu d'une foule anonyme ? Un parfum de rats crevés inondant le Grand Palais. 25 janv. 2010
andré dré Boltanski c'est de la mort aux rats qu'il lui faut ...je suis un peu revenu du boltanskisme hypocondriaque de foire institutionnalisé.
on en peu plus des Buren, des Calle et des Messager.
De ces artistes du pape au roi de la France, vivement que notre petit droitard de président réduise les budgets et scinde en un même ministère la poire budgétaire coupée en deux. On pourra enfin ouvrir un bric à brac et s'acheter des anoraks en solde.
Allez -50 par ici, -70 par là, ne vous bousculez pas il y en aura pour tout le monde.
D'ailleurs c'est toujours les autres qui meurent, j'irai taguer sur vos tombes.
En vous embrassant, vous les fétichistes de la paire de chaussette. 27 janv. 2010
andré dré Boltanski c'est de la mort aux rats qu'il lui faut ...je suis un peu revenu du boltanskisme hypocondriaque de foire institutionnalisé.
on en peu plus des Buren, des Calle et des Messager.
De ces artistes du pape au roi de la France, vivement que notre petit droitard de président réduise les budgets et scinde en un même ministère la poire budgétaire coupée en deux. On pourra enfin ouvrir un bric à brac et s'acheter des anoraks en solde.
Allez -50 par ici, -70 par là, ne vous bousculez pas il y en aura pour tout le monde.
D'ailleurs c'est toujours les autres qui meurent, j'irai taguer sur vos tombes.
En vous embrassant, vous les fétichistes de la paire de chaussette. 27 janv. 2010
vra la main de Dieu est un jouet rouge Tout d'abord je pense que il faudrait tous nous mettre sous lexomil, Monsieur Rouillé déprimerait le plus optimiste d'entre nous . On a devant nous une oeuvre qui touche à une très sombre période de l'humanité (comment cela peut-il être plus noir aujourd'hui que dans les années 40) mais il parait que Boltanski n'a pas fait une oeuvre sur la Shoah alors qu'il est évident que c'est son obsession, né en 1944 d'un père juif, il porte en lui, comme nous tous le poids de l'histoire et chacun est concerné dans sa responsabilité, dans "sa honte d'être un homme" comme dit Deleuze. C'est l'être humain qui est capable de cela. c'est de ce désastre dont nous parle ce travail. On peut se questionner sur le côté spectaculaire grandiose (à grand renfort de publicités radio télé journaux) de cette "main" rouge pétard de jouet d'enfant animé par "Dieu" ,un conducteur de grue dans une petite cabine soulevant des vêtements qui retombent avec légèreté sur un grand faux tas trop bien géométrique pour être crédible: c'est beau, d'ailleurs beaucoup de gens se font pendre en photo devant...on se fait bien photographier devant le "Radeau de la Méduse"...oui mais il y avait une certaine distance une interprétation poétique artistique, du génie chez Géricaut. C'est peut-être cela qui manque ici...Les enfants courent entre les vêtements au sol, on leur a pas expliqué, ça doit être pour ça. 27 janv. 2010
FORMACOLOR, créateur artistique / arts plastiques Vraiment ?... Réponse sous éditorial « Paris-art.com » n° 299 : « La mort, partout la mort », André ROUILLE.
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[J’ai commencé à lire cet éditorial le lundi 25 janvier, qui a vrai dire ne m’a pas remonté le moral…avec la vague froid glacial qui sévit en ce moment…dedans comme dehors…
LA MORT, PARTOUT LA MORT. Vraiment ?
Je souhaite faire écho à quelques problématiques qui traversent votre dernier éditorial.
Fait strictement partie de la condition humaine ce questionnement sur le que laissera t on, après cette inéluctable fin, qui signe incontestablement une égalité (peut être la seule ?) entre les êtres humains… ? Pour la majorité des gens ne nous inquiétons pas, maints sont là pour s’en occuper, des fois à votre place : le patrimonial est là qui dicte sa loi !
Et pour les créateurs artistiques sur le « qu’as-tu fais de ton talent ? » de l’Ecclésiaste ? Poser une œuvre est, en ce sens, en même temps qu’une position esthétique, une posture existentielle, et un œuvrer au quotidien pour que précisément Demain il ne reste pas : plus rien ! Qu’on le taise ou le confesse, surtout pour la peinture qui prend son temps à devenir demain, il n’y a là aucune vérité qui blesse.
Dans des conditions particulières ou exceptionnelles, il peut y être question de « peintres maudits »
Aussi. Et personne ne reprochera aux tenants de cette dure école, au quotidien, leur trajet faisant sens surtout au travers des œuvres (l’atelier d’un Francis BACON faisait peur à voir…). Les œuvres, ce sont précisément ces petits rien de la quotidienneté qui mis bout à bout construisent un devenir : à commencer par le matin, en sirotant un café, ce plaisir à regarder ce qu’on a fait la veille sans évacuer une vue critique…ces « petits bonheurs » valent mieux que le moral dans les chaussettes…
Parce que le goût du rance, on le connait.
Il est impossible, sauf à se couper de la société, de rester trop longtemps, sur ces terres lointaines de cette poisse qui vous colle à la peau, qui dégouline, même quand il s’agit de mots. Et quels mots mettre, précisément, sur cette lancinante décrépitude dont vous parlez, parfois sur le mode du paradis perdu ? Le désespoir, ça se travaille, aussi, en création.
Salutations.
28 janv. 2010
andré dr dré le dernier qui parle... la loi du dernier qui parle...
à vous les studios.
ce message s'autodétruira dans quelques secondes.
bien à vous et un conseil en passant : ne mélanger surtout pas de lexomil à votre café, c'est la meilleur manière de devenir un addict. 01 fév. 2010
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