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Around you, around me

17 Jan - 30 Mar 2014
Vernissage le 17 Jan 2014

L’exposition «Around you, around me» présentée à Stimultania à Strasbourg propose de découvrir le travail de la photographe autrichienne Amelie Zadeh. A travers ses œuvres, elle explore le thème du portrait en associant références à l'histoire de l'art classique et réflexions sur la plasticité de l’image.

Amelie Zadeh
Around you, around me

L’artiste autrichienne, Amelie Zadeh se fascine pour le médium photographique et le croisement des langages visuels et artistiques. Elle développe un univers plastique où l’image, objet de ses réflexions, s’impose dans sa pluralité et où concept et figuration se confrontent subtilement.

L’ensemble des travaux d’Amelie Zadeh explore le thème du portrait, riche et multiple, pour développer une nouvelle forme de photographie: une photographie conceptuelle, pensée et construite sur les codes picturaux de l’histoire des arts.

Avec «Around you, around me», Amelie Zadeh nous entraîne au cœur de la structure narrative de l’image, de ses codes et de ses usages. La figure y est centrale. Le portrait caché, dévoilé, pictural.

Tantôt reflet d’une personnalité, tantôt image d’une identité, le portrait aborde les notions de l’éphémère et de la temporalité. Il devient l’empreinte d’une expression et le reflet d’une absence.

L’exposition nous présente des visages figés, intenses, frontaux, et quasi tangibles. Mais, telle l’image atemporelle que nous renvoient les miroirs, ils s’effacent aussitôt pour devenirune abstraction, des traits et des expressions.

L’artiste a réuni plusieurs séries d’œuvres. Des photocollages qui démontrent des réflexions plastiques sur la composition d’une image, des tableaux photographiques, des études picturales et descriptives qui puisent largement leurs références dans l’histoire de l’art classique — comme le Patrocle et le Serment des Horaces de David ou encore le reflet de Narcisse du Caravage. Ce sont des rappels mythologiques du genre du portrait.

Certains portraits aux teintes quasi picturales s’inspirent des grands classiques de la peinture. On trouve ici ou là, un air de Madone italienne, un clair-obscur à la Rembrandt qui renforce le caractère réaliste des regards, ou encore des gros plans aux influences cinématographiques saisis à travers un miroir sans tain qui souligne l’absence du photographe.

Amelie Zadeh photographie des visages, elle capture des sourires, elle fige des impressions pour garder une trace de ces échanges, de ces moments intimes. Chaque visage est le début d’une histoire, l’objet de souvenirs qui se condensent en une expression.

L’œuvre de la photographe mêle confusément références passées et temps présent. Elle saisit un moment qui n’est déjà plus: une représentation éphémère, un temps en suspens.

Dès lors, l’espace d’exposition devient un lieu de rencontres qui invite le public à approcher et découvrir de façon intime un portrait, des regards.

L’orientation de la lumière, douce et étouffée, attire le regard par le jeu de contrastes et d’ombres qui confèrent à l’image une nouvelle plasticité où le modèle se révèle sculptural. La lumière de l’ombre accentue la fragilité de l’instant, la froideur des chairs et l’intensité des regards qui croisent celui du regardeur.

Telles des constructions éphémères d’identités ou des projections d’émotions, les visages s’apparentent à un terrain de jeux visuels et d’expérimentations qui s’imposent dans leur expressivité et leur interprétation.
D’après un texte de Barbara Hyvert