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Aqua Vitalis. Positions de l’art contemporain

15 Juin - 28 Déc 2013
Vernissage le 15 Juin 2013

L’eau, source d'inspiration artistique pour ses spécificités plastiques et sensibles est également en tant que ressource vitale, une substance convoitée. Les artistes contemporains questionnent les enjeux liés à l’eau — bouleversements climatiques, enjeux industriels — se saisissant du concept d’«écosophie» et développant un art citoyen.

Communiqué de presse
Marie Aerts, Allora & Calzadilla, Kader Attia, Fayçal Baghriche, Yto Barrada, Taysir Batniji, Lionel Bayol-Thémines, Daniel Beltrà, Philippe Chancel, Florence Chevallier, Alexandrine Deshayes, Marcel Dinahet, Christiane Geoffroy, Camille Goujon, HeHe, Nick Laessing, Malik Nejmi, Lucy et Jorge Orta, Zineb Sedira, Studio 21bis, Claire Tabouret, Barthélémy Toguo, Marie Velardi
Aqua Vitalis. Positions de l’art contemporain

L’eau potable, ressource vitale, est d’ores et déjà une substance convoitée, dont la pénurie, attestée en maintes zones de la planète, constitue un enjeu international facteur de tensions. L’eau, celle des mers cette fois, est aussi la voie d’accès privilégiée des migrations de la misère, route liquide de l’exil, du déracinement. Enfin l’eau c’est aussi l’atmosphère, ce manteau gazeux et humide qui raréfie aujourd’hui les pluies et enregistre un état de pollution croissant.

Nombre d’artistes contemporains, autour de la question de l’eau, des problèmes cruciaux qui lui sont afférents, tissent un réseau de formes multiples, entre constat et alerte, le signe d’une préoccupation vigile – en faveur de l’environnement, de la liberté de circulation, du respect des écosystèmes humains comme biologiques. Cette exposition, qui regroupe les travaux d’une vingtaine d’artistes, met l’accent sur le caractère vital de l’eau, sur sa symbolique incarnée, sur la question politique qu’elle génère de façon chaque jour plus insistante. L’esthétique oui, mais aussi l’éthique.

Des artistes concernés de Paul Ardenne
«Aqua Vitalis» expose le travail d’artistes qui, pour justifier leur création, lui donnent un but pratique et programmatique: faire valoir un nécessaire combat. L’eau des rêveries, du baroque, de l’impressionnisme, c’est, pour eux, celle d’hier. Respect mais sentiment d’obsolescence. Car l’eau dont se saisir aujourd’hui, en effet, c’est celle du robinet, de la salle de bain, de la plage, des mers qu’il faut parfois traverser à des fins de survie. L’«eau dure», pour solde de tout compte, cette Hard Water qui échappe chaque jour plus au statut de bien commun. Également, l’eau salie, celle que la vie humaine contemporaine transforme en boue, plus qu’elle la préserve ou la restitue épurée à la nature après usage.

Pouvoir disposer de l’eau n’est pas encore un droit de l’homme. Détruire l’écologie de la Planète et y promouvoir l’«écocide» ne sont pas non plus, à ce jour, un crime contre l’humanité. Il faut le regretter. Car la pollution de l’eau, aujourd’hui, atteint des sommets, qui prend de multiples formes, visibles ou, le plus souvent, insidieuses. Ou, agissant comme une bombe à retardement, l’enfouissement au fond de la mer de Barents, près du Jutland, entre 1992 et 1994, de milliers de tonnes de produits hautement toxiques par l’Armée Rouge, récemment révélé.

Ces dernières années, l’art contemporain a accru de manière sensible sa composante «écopolitique». Artistes et œuvres présentées dans le cadre de l’exposition «Aqua Vitalis», qui en sont, se caractérisent de manière ouverte par leur option «écosophique», pour emprunter à la terminologie récente, celle des Günther Anders, Ivan Illitch et autre Félix Guattari: les partisans d’une écologie opposée aux excès du productivisme, assurant que l’homme ne saurait plus être la mesure de toute chose, outre le fait d’avoir conscience de sa propre position idéologique, à discuter et démocratiser, sur le mode de la responsabilisation collective mais plus encore individuelle.

Ces mêmes artistes, plus largement, font la preuve de leur statut de créateurs «concerned». Par ce terme anglo-saxon traduisible au plus court par «concerné», on entend une forme d’engagement civique, que guide la disposition altruiste. L’autre nom de la préoccupation solidaire et de la non-indifférence, et un étai opportun pour l’éthique.

Eau de vie, eau de création
de Claire Tangy
L’eau, symbole de notre société d’abondance, de notre hédonisme, continue de nous inspirer des rites de régénérescence et de vitalité. Il n’est que d’observer la publicité environnante pour en prendre conscience. La société industrielle puise dans les archétypes de l’eau et les renouvelle pour parvenir à une grande efficacité de production et de consommation. Mais, au-delà des mythologies narratives sur l’eau désirée et purifiante, l’eau reste ce dont la vie de chacun dépend. Elle est devenue un sujet capital pour le monde du XXIe siècle: une force naturelle, une matière première plus qu’un mythe, une arme parfois plus qu’un droit humain.

Pour cette raison, l’Artothèque de Caen a invité vingt-quatre artistes à porter un regard critique sur l’eau: l’eau comme ressource naturelle menacée de pollution, l’eau comme théâtre des flux migratoires contemporains, l’eau inaccessible pour certaines populations, l’eau comme marchandise moderne devenue objet de spéculation, mais aussi l’eau comme élixir de vie et source de bonheur, l’eau en somme comme sujet politique.

Les vingt-quatre artistes réunis dans le cadre d’«Aqua Vitalis» explorent différents aspects de la relation entretenue par l’Humanité avec l’eau. Tout en étant très critiques sur notre attitude imprudente à l’égard de ce précieux liquide, certains y plongent aussi avec délice et sensualité. Ils nous donnent de quoi penser, mais nous invitent également à faire l’expérience de cet élément insaisissable.

Les artistes d’«Aqua Vitalis» se montrent résolument concernés par leur époque. Plus encore, ils en pointent les dysfonctionnements et interrogent nos pratiques à l’égard de ce symbole de vie. Ce faisant, ils s’engagent. Ils créent, au travers de leurs œuvres, leur propre rapport à une eau ouvertement politique.

Commissariat: Paul Ardenne, Claire Tangy

Dans le cadre du festival Normandie Impressionniste


Acte 1

Du 15 juin au 24 août 2013 à L’Artothèque de Caen, Hôtel d’Escoville, Caen.
Acte 2
Du 14 septembre au 28 décembre 2013 à L’Artothèque, espace d’art contemporain, Palais Ducal, Caen.

Vernissage
Samedi 15 juin 2013

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