DESIGN | EXPO

Antiquité / Modernité

23 Nov - 17 Déc 2016
Vernissage le 22 Nov 2016

La galerie Alexandre Biaggi présente « Antiquité / Modernité », une exposition rappelant la permanence et l’influence de l’antiquité dans la création contemporaine en matière d’arts décoratifs.

L’exposition « Antiquité / Modernité », organisée par la galerie Alexandre Biaggi, présente un ensemble de pièces créées par de grands noms des arts décoratifs et des designers contemporains, témoignant de l’influence inactuelle de l’antiquité dans les arts décoratifs.

Présence des arts décoratifs

Antiquaire et galeriste, Alexandre Biaggi a d’abord présenté dans sa première galerie ouverte en 1989 du mobilier et des objets d’art des dix-neuvième et vingtième siècles, et s’est ensuite consacré exclusivement aux arts décoratifs du vingtième siècle, notamment à la période des années 1920-1950, en exposant les créations de décorateurs et designers français et italiens renommés tels Jacques Adnet, André Arbus, Paul Dupré-Lafon, Jean-Michel Frank, Gio Ponti, ou encore Ettore Sottsass. Mais cette activité d’antiquaire a trouvé en quelque sorte son complément idéal dans l’intérêt porté à ses contemporains. Biaggi a commencé alors à travailler avec des designers français tels Hervé van der Straeten et Patrick Naggar, montrant ainsi que la tradition des arts décoratifs se prolonge jusqu’à nos jours.

C’est une telle volonté de filiation qui anime très certainement le nouveau projet d’Alexandre Biaggi, « Antiquité / Modernité ». Sensible à la succession des temps et à la permanence des influences, l’exposition à l’initiative de Biaggi rend sensible l’inactualité de l’antiquité dans l’histoire des arts décoratifs de la Renaissance à nos jours.

Permanence de l’antiquité dans la modernité

Nombre de décorateurs se sont en effet inspirés du mouvement néo-classique tels André Arbus, ou Emilio Terry dessinant des meubles pour Jean-Michel Frank, avec des ornements empruntés à l’antiquité comme le pied en sabre. Toutefois, cette présence de l’antiquité dans les arts décoratifs ne se limite pas aux grands moments grecs et romains classiques. Elle trouve aussi son origine dans l’Egypte ancienne ou dans la période archaïque comme nous le rappelle des sculptures de Giacometti créées pour Jean-Michel Franck.

Le décorateur britannique Robsjohn-Gibbings, quant à lui, créé un mobilier mélangeant des éléments classiques de la Grèce ancienne au style Art Déco. Il fait revivre dès 1937 des meubles classiques grecs imaginés d’après les peintures sur les vases antiques et les bronzes exposés au British Museum. Après avoir rencontré l’éditeur grec Elefthherios Saridis, il développe la ligne Klimos, dont les pièces faites de noyer, cuir, bronze et marbre, revisitent précisément ses travaux au British Museum. Sa démarche est en cela comparable à celle de l’archéologue Théodore Reinach qui, aidé de son ami l’architecte Emmanuel Pontremoli, bâtit à Beaulieu-sur-Mer la villa Kérylos, inspirée des maisons de l’île de Délos, fait figure de véritable recréation grecque.

De même, cette volonté de recréation apparaît chez Mauro Ficabbro qui a conçu un lampadaire « Panthéon » en fer et en parchemin, ou chez Mattia Bonelli et Patrice Dangel qui ont spécialement créé pour l’exposition des pièces, lampe en bronze patiné et cristal de roche ou lampadaires en en bronze et en plâtre.

Enfin, on pourra voir les créations du designer italien Andréa Branzi qui n’hésite pas à intégrer des reproductions photographiques de fresques et de mosaïques antiques dans des meubles constituant la ligne Grandi Legni.