ART | EXPO

Parler de loin ou bien se taire

02 Fév - 21 Avr 2019
Vernissage le 01 Fév 2019

L’exposition « Parler de loin ou bien se taire » au Grand Café de Saint-Nazaire, dévoile une installation sonore d’Anne Le Troter qui s'inscrit dans ses recherches sur la forme orale du langage et son rapport au corps, à l'individu, au collectif, à l'émancipation et à l'aliénation...

L’exposition « Parler de loin ou bien se taire » au Grand Café, à Saint-Nazaire, présente une nouvelle proposition d’Anne Le Troter autour du langage, du corps, de l’identité et de l’aliénation, du collectif et de l’intime.

Anne Le Troter explore la forme orale du langage

L’exposition a été conçue par Anne Le Troter comme une seule installation investissant l’ensemble du Grand Café : cette vaste pièce sonore à travers laquelle les visiteurs sont invités à circuler se répartit entre les deux salles du rez-de-chaussée et le premier étage, autant d’espaces communiquant directement les uns avec les autres, dans une mise en dialogue. L’ensemble s’inscrit dans le travail qu’Anne Le Troter consacre à la forme orale du langage, à la façon dont les corps à travers elle s’expriment mais aussi se collectivisent et s’instrumentalisent.

Le titre de l’exposition, « Parler de loin ou bien se taire »  est tiré de la fable L’Homme et la couleuvre de Jean de La Fontaine, dans laquelle le moraliste montre que dans certaines situations, il vaut mieux parler de loin ou bien se taire, faute de quoi on se met en danger. Une conclusion qui fait directement écho à la notion de discours, autorisé ou non, qui est au cœur des recherches d’Anne Le Troter. Pour sa nouvelle proposition, cette dernière s’est intéressée à une banque de sperme américaine, sur le site Internet de laquelle les profils des donneurs sont notamment cernés à travers des entretiens enregistrés portant sur leur vie, leur famille, leur travail, etc., et des commentaires de l’équipe de l’entreprise sur chacun d’eux.

« Parler de loin ou bien se taire » : une installation sonore d’Anne Le Troter

Après avoir téléchargé et analysé tout ce matériau oral, Anne Le Troter en a noté l’aspect très répétitif, lissé et contrôlé et a entrepris, à travers les nouvelles œuvres qu’elle a créées à partir d’eux, de reprendre de la distance par rapport à ce discours autorisé, pour pouvoir « parler de loin ». Alors que la banque de sperme tend à transformer les individus en stéréotypes marchandisables à travers la parole, l’artiste cherche, selon ses propres mots, à « retrouver les personnes derrière les personnages ».

D’un espace à l’autre du Grand Café, l’installation conçue par Anne Le Troter permet un échange entre différents points de vue, entre les personnages créés par l’entreprise et les personnes qui résistent au rôle qu’on leur impose. La pièce sonore est ponctuée d’éléments vidéo qui font office de respirations et d’interludes : des images de percussion ou encore les portraits des donneurs lorsqu’ils étaient enfants.