ART | INSTALLATION

Bouche-moi ce trou

16 Fév - 09 Sep 2018
Vernissage le 16 Fév 2018

L’exposition « Bouche-moi ce trou » au Palais de Tokyo présente une installation aérienne d’Anita Molinero qui s’inscrit dans son travail inspiré par la science-fiction. Objets et matériaux industriels transformés évoquent une scène apocalyptique.

L’exposition « Bouche-moi ce trou » au Palais de Tokyo dévoile une installation d’inspiration post-apocalyptique d’Anita Molinero.

Bouche-moi ce trou, une installation apocalyptique d’Anita Molinero

Avec l’installation Bouche-moi ce trou, Anita Molinero déploie dans les airs, au-dessus du palier d’honneur du Palais de Tokyo et dans l’espace environnant une scène aux allures de récit d’apocalypse de série Z. L’installation est composée d’une grande sculpture en polystyrène brûlé, autour de laquelle sont suspendus des carénages de moto fondus, tandis qu’une sculpture enchaînée recouverte de fourrure les surplombe.

L’ensemble conçu par Anita Molinero évoque une planète fossilisée autour de laquelle gravite de sombres satellites ou un improbable vaisseau spatial, fruit d’une technologie inconnue, cerné par des oiseaux de mauvais augure. La sculpture semble veiller sur cette scène aérienne telle une gardienne silencieuse mais porteuse de savoir et jouant le rôle de témoin.

Les installations d’Anita Molinero témoignent des troubles du monde contemporain

L’installation Bouche-moi ce trou s’inscrit dans la recherche que mène Anita Molinero depuis plus de trente ans à travers les fondamentaux de la sculpture que sont la matière et le volume, le plein et le vide, le poids et la masse. Ses réalisations à partir d’objets du quotidien et de matériaux de récupération favorisent le geste et l’improvisation dans ce qu’ils ont d’énergique et d’irréversible. Les objets et matières sont ainsi traités au lance-flamme pour faire naître par la carbonisation, l’ondulation, le perçage, la boursouflure ou la cristallisation des formes libres, variées et foisonnantes.

La transformation par Anita Molinero de matériaux tirés du monde industriel donne naissance à un univers proche de celui des films de science-fiction. Les œuvres mutantes qu’elle crée sont autant de « formes-fictions » qui, à travers leur précarité, leur originalité formelle, leur humour mais aussi leur aspect parfois violent, témoignent des troubles du monde contemporain.