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Andres Serrano

07 Oct - 14 Jan 2018
Vernissage le 07 Oct 2017

L’exposition « Andres Serrano » au Petit Palais présente les œuvres du photographe américain dans un échange avec des tableaux anciens choisis par lui dans les collections du musée. L’occasion de redécouvrir ses talents de portraitiste, la force picturale de ses œuvres et surtout leur enracinement dans des thèmes universels.

L’exposition « Andres Serrano » au Petit Palais, à Paris, offre un dialogue entre des œuvres du photographe américain contemporain et des œuvres anciennes issues des collections du Petit Palais.

Le photographe Andres Serrano dialogue avec des peintres anciens

L’exposition s’inscrit dans un projet du Petit Palais de rétablir le lien avec la création contemporaine qu’il avait lorsqu’au début du XXe siècle, le musée achetait au Salon des œuvres d’artistes vivants pour alimenter sa jeune collec­tion. Depuis trois ans, le Petit Palais propose chaque année à un ar­tiste contemporain de faire dialoguer ses œuvres avec celles du fonds ancien qu’il détient.

Andres Serrano a choisi dans la collection du Petit Palais une quarantaine d’œuvres qui viennent souligner la formation classique du photographe qui se définit lui-même comme un « artiste avec un appa­reil photo ». Le dialogue avec des peintres anciens met en lumière son style qui puise sa force picturale chez les grands maîtres de la Renaissance et du Caravagisme comme dans l’art moderne.

Andres Serrano confronte ses œuvres à celles de Courbet, Constant, Doré…

Le parcours débute avec les photographies de la série Torture, réalisée par Andres Serrano en 2015, par Blood on the Flag, prise au lendemain du 11 Septembre 2001. Ces œuvres présentées dans l’écrin de la galerie nord du Petit Palais et sa voûte au décor républicain rappellent combien l’art peut être chargé d’un message politique. Dans la grande galerie de peintures, les œuvres des séries Nomads, Residents of New York et Denizens of Brussels sont mises en regard d’autres portraits d’exclus de la société signés Gustave Courbet et Fernand Pelez.

La confrontation avec des tableaux de Benjamin Constant, Gustave Doré et William Bouguereau souligne l’importance de la peinture religieuse parmi les sources d’inspiration d’Andres Serrano, comme en témoignent les séries The Morgue et Holy Works. Parce qu’Andres Serrano est avant tout un grand portraitiste, on découvre ici les séries Cuba, Native Americans et America à travers lesquelles il scrute depuis plus de trente ans la société américaine, aux côtés de portraits peints du XVIIIe siècle à la Belle Époque.

Volontiers iconoclaste et provocateur, Andres Serrano vise surtout à amener chacun à regarder ce que l’on a tendance à ignorer, ou à renouveler le regard que l’on porte sur les choses. Ainsi le visiteur est-il amené à travers les choix et la vision de l’artiste à voir autre­ment les collections du Petit Palais. Au rez-de-chaussée, les images parfois ambigües des séries The Interpretation of Dreams, The Klan et Objects of Desire, réactivant des mythes et des souffrances universelles dans le contexte contemporain, éclairent d’une lumière nouvelle les tableaux historicistes et symbolistes du musée.