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Le temps et l’histoire me recouvrent

16 Oct - 27 Jan 2019
Vernissage le 15 Oct 2018

L’exposition « Le temps et l’histoire me recouvrent » rassemble au Jeu de Paume vingt films et près de trente photographies d’Ana Mendieta, offrant ainsi la première présentation d’envergure de sa production filmique. L’occasion de redécouvrir le travail novateur d’une artiste qui fut au centre des mutations pluridisciplinaires survenues dans les arts visuels d’après-guerre.

L’exposition « Le temps et l’histoire me recouvrent » au Jeu de Paume réunit vingt films et une trentaine de photographies d’Ana Mendieta, une des artistes les plus novatrices de la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale.

« Le temps et l’histoire me recouvrent » : la production filmique d’Ana Mendieta

L’exposition offre le plus grand ensemble jamais présenté d’œuvres d’Ana Mendieta : vingt films, dont six inédits,  et près de trente photographies qui leur sont associées. Des réalisations qui s’inscrivent dans une carrière courte (de 1971 à 1985) mais prolifique, variée, singulière et profondément novatrice qui a vu l’artiste cubano-américaine aborder aussi bien le dessin, que la sculpture, l’installation, la photographie, la performance et la vidéo.

En se concentrant pour la première fois dans un cadre muséal sur la production filmique d’Ana Mendieta, l’exposition éclaire un pan moins connu mais pourtant tout aussi riche de son travail : les cent quatre films qu’elle a réalisés entre 1971 et 1981 ont fait d’elle une figure incontournable dans le domaine des arts visuels pluridisciplinaires qui s’est développé au cours des années 1970 et 1980. Comme ses œuvres relevant d’autres champs artistiques, les films d’Ana Mendieta tendent à brouiller les frontières entre les différents médiums : ils documentent ses performances, mais n’en constituent pas moins des œuvres d’art à part entière.

Ana Mendieta, à la croisée du land art, du body art, de la performance et de la sculpture

Le titre de l’exposition, « Le temps et l’histoire me recouvrent », est une allusion à la première œuvre réalisée en 1973, par Ana Mendieta : le développement de la végétation dans une tombe aztèque l’ayant fait penser au temps, elle avait alors acheté des fleurs blanches dont elle s’était recouverte, après s’être allongée dans la tombe : « par analogie, le temps et l’histoire [la] recouvraient ».

Ainsi sont soulignés d’emblée les thèmes centraux de l’œuvre d’Ana Mendieta : la nature et ses quatre éléments, la mémoire, le temps, l’histoire, la culture, le rituel… A travers les films d’Ana Mendieta se dévoile un œuvre majeur situé à la croisée du land art, du body art, de la performance, de la sculpture, du minimalisme, et porteur d’une réflexion puissante sur le sexe et le genre, le rapport à la nature ou encore la spiritualité.