PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
INTERVIEW
Gilles Lipovetsky

Gilles Lipovetsky porte une voix originale dans le contexte intellectuel actuel. Comme le montre sa bibliographie, son analyse porte sur des phénomènes aussi divers que l’individualisme, la consommation de masse, l’éthique des affaires, la mode, le luxe, la publicité, bientôt le bonheur et le cinéma.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR

Matthieu-Laurette-<i>The-Louisiana-Repo-Purchase<-i>-2003-2004-Video-17-Courtesy-Matthieu-Laurette-galerie-Yvon-Lambert

Sylvie-Fleury-<i>Monolith<-i>-2005-Mixed-media-350-x-120-x-40-cm-Courtesy-galerie-Thaddaeus-Ropac-Paris

Ben-Grand-mur-de-la-galerie-Jean-Brolly-avec-Ben-vue-partielle-de-l-exposition-2005-Courtesy-galerie-Jean-Brolly-©-Cedrick-Eymenier

Jean-Luc-Moulene-<i>Bi-Fixe<-i>-(Paris)-7-septembre-2003-Bromure-noir-et-blanc-sur-aluminium-Courtesy-galerie-Chantal-Crousel-Paris-©-ADAGP-Paris-2005

Thomas-Hirschhorn-<i>Chalet-Lost-History<-i>-2003-Techniques-mixtes-Dimensions-variables-Courtesy-galerie-Chantal-Crousel-Paris

Davide-Balula-<i>Un-air-de-fete<-i>-2004-Installation-Courtesy-Arc-Paris-et-Lappareilcom-©-Davide-Balula-Lappareilcom

  
Interview
Par Hélène Mugnier

A l’image du personnage, cette curiosité éclectique n’en est pas moins structurée par un fil conducteur fort : donner du sens à des phénomènes de société aussi envahissants que déroutants. Humaniste de toute évidence et d’un optimisme rare, il porte un regard pourtant sans concession sur ses contemporains. C’est d’ailleurs probablement ce ton propre, à la fois positif et ouvert, qui explique le succès international de ses ouvrages, traduits dans 18 langu
s. De Rio de Janeiro à Sofia, il intervient régulièrement comme consultant dans les entreprises et organismes publics pour apporter ses analyses. Il prépare aujourd’hui son dernier ouvrage sur la nouvelle société de consommation et le bonheur.

Interrogé sur la création artistique contemporaine, Gilles Lipovetsky propose ici d’y intégrer les secteurs économiques du design, de la mode, de la publicité. Une association de l’art et de l’entreprise qui fait souvent grincer des dents...

Hélène Mugnier. En sociologue et en philosophe, vous avez apporté une analyse surprenante sur les phénomènes de la mode, du luxe et de la publicité en particulier. Je me réfère à vos travaux L’Empire de l’éphémère, le Luxe éternel et à votre contribution au catalogue de l’exposition «Art et Publicité» du Centre Pompidou (1991). Voilà trois secteurs économiques dont la créativité est souvent méprisée et dont vous soulignez sans relâche la formidable dynamique.
En effet, le paradoxe c’est qu’ils sont entrés dans la consommation de masse mais qu’en même temps leur créativité est souvent remarquable et dépasse parfois celle de l’art contemporain lui-même. Que l’on puisse le déplorer ou non, c’est un autre problème. Mais la dimension économique de ces secteurs est telle qu’ils ne peuvent se passer d’une continuelle innovation, et celle-ci passe en grande partie par la créativité artistique.

Prenons l’exemple du luxe. On le croyait moribond il y a quarante ans et c’est aujourd’hui une véritable «pin up» ! Les richesses se démultiplient à l’échelle planétaire, les marchés en puissance que constituent les pays émergents sont considérables. Ce secteur ne peut qu’exploser dans les décennies à venir ! Il se transforme d’ailleurs considérablement depuis les années 1990.
Côté offre, il est entré dans une logique marketing et financière, bien loin de ses origines familiales et artisanales. Côté demande, le diktat social est bien moins prégnant et la stricte étanchéité des classes a disparu. Le désir de luxe se démocratise et ne concerne plus aujourd’hui la seule élite sociale, restreinte et close.
Or le luxe est directement concerné par «l’art» à tous les niveaux : conception du produit, savoir-faire mis en œuvre dans la réalisation, qualité des matériaux, architecture des bâtiments et conception décorative des boutiques, présentation des vitrines et packaging, communication et image… Dans une époque où se développe un luxe parfois moins statutaire et plus «émotionnel», les liens industrie-art-création devraient se renforcer encore.
En ce qui concerne la publicité, elle n’est certes pas de l’art pur puisqu’elle doit être efficace et traduire au plus près les demandes de l’annonceur et ce, à l’inverse de l’artiste qui est seul responsable de son œuvre. Pourtant, force est de constater que l’art contemporain s’est parfois enfermé dans un certain nombre d’impasses et de ressassements tandis que la publicité peut se montrer ingénieuse, belle, innovante, maintenant qu’il existe d’autres voies que la traditionnelle copy strategy. Elle n’est pas méprisable parce qu’elle est commerciale, et l’art n’est pas à encenser en tant que tel parce qu’il est gratuit. Sortons des catégories et des hiérarchies toutes faites. Regardons ce qui est réalisé, les œuvres et les produits eux-mêmes.

Vous semblez finalement, dans un monde individualisé à l’extrême et saturé par la consommation de masse, porter un regard très attentif à la créativité artistique, et positif qui plus est. L’élargiriez-vous à d’autres secteurs et quel sens lui donnez vous ?
Les développements du design me semblent prometteurs. Ils s’intègrent dans une évolution vers des demandes d’esthétisation de la vie quotidienne à une échelle nouvelle (voyez le succès du mobilier contemporain, des magazines de décoration de la maison, etc.), inséparable de ce que j’appelle la «société d’hyperconsommation». Le contexte de la production de masse a changé: l’obsession du moindre coût doit s’accompagner d’une plus grande recherche créative. L’esthétisation du quotidien m’apparaît comme une aspiration nouvelle, élargie aux masses, et non plus une demande d’élite. On ne veut plus seulement une maison propre qui nous abrite : on veut s’y sentir bien, dans un cadre personnalisé, convivial, harmonieux et que l’on aime changer fréquemment qui plus est. C’est pourquoi, aujourd’hui, le design est bien plus qu’un bonus, un luxe. Il est devenu indispensable à toute production industrielle, comme outil stratégique du marketing en réponse aux nouvelles attentes qualitatives des hyperconsommateurs. La créativité du coup entre dans une nouvelle ère au sein de l’entreprise. Le design dit «polysensoriel», les nouvelles formes plus organiques, rondes et maternelles qui viennent en écho aux désirs de bien-être sensitif devraient ouvrir un avenir créatif stimulant et plus divers.
Le sens de ce mouvement global se lie également dans les vogues spectaculaires du jardinage, du zen, de l’amour du patrimoine ou des paysages qui expriment le désir d’un nouvel art de vivre, une nouvelle sensibilité au beau et à l’histoire, une recherche de personnalisation, de culture et de mieux-être. Le cadre esthétique peut contribuer au mieux vivre, à être bien avec soi-même et avec les autres. L’aspiration au beau de nos jours traduit un nouvel âge du confort et du bien-être, moins fonctionnel-mécaniciste et plus qualitatif, plus

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
 

 
VOS RÉACTIONS
0 réaction




Rechercher une interview





 DÉPÊCHES
Quoi de neuf sur les planches? : Pièces classiques et contemporaines, têtes d'affiche et personnalités inattendue ...
Orsay joue les grandes stars de la peinture : Son nouveau président, Guy Cogeval, annonce une programmation musclée et des tra ...
La culture à la mode Hondelatte : «Vendredi, si ça me dit !» - Pour le premier numéro de son magazine hebdomadair ...
Paris et province : les 25 expositions à voir : Mantegna au Louvre, Picasso au Grand Palais, les Flamands à Lille, Jeff Koons à ...
10 jeunes talents à découvrir : À chaque rentrée, on les attend avec gourmandise. Cette année, les jeunes écriva ...
Visa pour l'image 2008 : les sélections du figaro.fr : Le plus grand festival international de photojournalisme, Visa pour l'image, qui ...
À Deauville, l'Amérique en questions : Le 34e Festival du cinéma américain accueille de nombreux films mais moins de lo ...
Schroeder : «Un jeu littéraire et criminel» : Avec «Inju, la bête dans l'ombre» , le réalisateur signe ici un élégant pastiche ...
Les 12 albums de la rentrée  : Tour d'horizon des nouveautés CD variétés et rock à écouter en priorité.
Keziah Jones reprend le métro : À 40 ans, Keziah Jones renoue avec un enthousiasme de débutant qui fait plaisir ...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Page exécutée en 0.80627 secondes.- requetes : 293- requetes différentes : 236