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Valérie Belin



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Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Mannequins-2003-Photo-noir-et-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Robots-1999-Photo-noir-et-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Bodybuilders-1999-Photo-noir-et-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Voitures-accidentees-1998-Photo-noir-et-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Femmes-blanches-2001-Photo-noir-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Jeunes-mariees-marocaines-2000-Photo-noie-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Miroirs-1997-Photo-noir-et-blanc-©-Valerie-Belin

Valerie-Belin-<i>Sans-titre<-I>-serie-Transsexuels-2001-Photo-noir-blanc-©-Valerie-Belin

  
les miroirs on voit l’ensemble comme une radiographie de l’objet.

Par contre dans les « Acteurs » vous avez utilisé de la couleur.
La couleur s’est imposée dans cette série, car elle était destinée à être montrée dans le Château d’Azay-le-Rideau à l’intérieur de caissons lumineux. Pour moi, c’était comme une évidence d’utiliser la couleur dans ce contexte. J’avais réfléchi au lieu en termes d’installation plutôt que d’objet photographique. Il y avait un jeu avec le décor du
hâteau, un contrepoint de lumière. Par contre les « Chips » ont été photographiées en ektachrome couleur, à la chambre 20 x 25 cm, parce que je voulais obtenir un noir et blanc impossible à obtenir en prise de vue noir et blanc. Le passage par Photoshop m’a permis de dénaturer les couleurs originales pour avoir des gris et des noirs que je n’aurais pas pu avoir autrement. Tout cela est de la cuisine, mais maintenant la question de la couleur peut se poser pour moi. Jusqu’à présent le noir et blanc était tellement évident qu’il s’imposait de lui-même sans même que le ne me pose la question de la couleur. La métamorphose que j’opère sur les objets avec la photo est vraiment liée au matériau photographique qui se confond depuis les origines avec le noir et blanc. La couleur montre de la couleur avant de montrer de la matérialité, de la lumière, de la transparence. La couleur des objets n’était pas une dimension que je voulais interroger dans mon processus, alors que leur matérialité, le grain de la peau, la lumière, étaient essentiels dans mon travail, voilà pourquoi le noir et blanc s’est imposé à moi. Toutefois mon travail est en perpétuel évolution. Pourquoi pas, un jour, donner de l’importance à la couleur, voire la travailler d’une manière luministe ou monochrome.

Votre dernière série « Chips » n’est pas sans évoquer Warhol encore une fois, même attirance pour la marque et pour ce qui brille.
Les paquets de chips découlent des « Sosies » de Michael Jackson, des « Masques », des objets comme cela, vernaculaires, sans noblesse apparente mais non pas sans qualités. Mon travail est toujours très pragmatique, et un jour, dans une errance, je suis tombée sur ces objets qui m’ont interpellée avec leurs qualités quasi-picturales et physiques. Au-delà du contenu, quand on voit les photos on ne sait plus très bien de quoi il s’agit tellement la métamorphose est opérante. Les chips en soi ne sont pas très intéressantes, mais elles sont sans qualité et ça, par contre, ça m’intéresse. Cet objet de consommation courante était intéressant à transformer en quasi monochrome, ça m’intéressait de faire ce basculement comme j’avais pu le faire avec les objets kitsch de Venise, des années auparavant. Ce qui est important pour moi, c’est que ces paquets avaient des qualités particulières, à la fois ils étaient grands et très colorés avec des graphismes très exubérants et relativement plats en volume. En photographie, en agrandissant le paquet et en supprimant la couleur, on arrive à une qualité plane réelle. On passe d’un format petit à la taille d’une affiche, et ceci n’est possible que grâce aux qualités de l’objet, on ne peut pas rajouter ces qualité après coup. D’une façon générale je vais toujours à l’essence de l’objet, mais toujours en exagérant ses potentialités grâce à la photo.

Toutes vos séries sont des masques, pourquoi le redire si simplement avec les « Masques » ?
L’idée de masque est présente depuis que je photographie des visages. Ce qui m’intéressait dans les « Masques », c’était l’aspect grotesque. Je n’avais jamais pu travailler cet aspect auparavant. Quelque part ils font peur.

Un peu comme les « Sosies » de Michael Jackson qui font froid dans le dos.
C’est un prolongement direct de cette série, sauf qu’il ne reste plus que le masque, il n’y a plus le corps. C’est assez radical, plus brutal que d’autres séries. Néanmoins, je trouve que c’est un travail assez spécifique qui peut éclairer d’autres travaux de façon rétrospective, je le revendique complètement et je l’aime beaucoup. Je n’avais pas envie d’interroger le masque en général mais plutôt ce type de parure grotesque, fausse et monstrueuse. Je voulais interroger ces trois thèmes qui sont présents mais diffus dans d’autres travaux. Un climat général, un cynisme ambiant pendant la seconde guerre d’Irak, m’a poussé à m’intéresser à ces thèmes. Mais, en même temps, ce climat n’explique pas à lui seul l’émergence de ces thèmes.

Vous travaillez sur quel genre de série actuellement ?
Pour l’instant je ne peux pas tellement m’engager à en parler... mais probablement des portraits... des objets aussi, les deux de front.

Valérie Belin expose ses travaux à la galerie Xippas jusqu’au 19 février 2005. Lire l’article sur l’exposition de Valérie Belin


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