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INTERVIEW
Olivier Mosset
Olivier Mosset



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Olivier-Mosset-<i>Sans-Titre<-i>-2007-Glace-180-x-180-x-240cm-(c)Mathieu-Harel-Vivier

Olivier-Mosset-<i>Sans-Titre<-i>-2007-Beton-180-x-450cm-(c)Mathieu-Harel-Vivier

Olivier-Mosset-<i>Sans-Titre<-i>-2006-Ensemble-de-six-tableaux-acrylique-sur-toile-480-x-240cm-(c)Mathieu-Harel-Vivier

Olivier-Mosset-<i>Sans-Titre<-i>-2000-Trois-tabelaux-acrylique-sur-toile-315-x-315cm-(c)Mathieu-Harel-Vivier

  
"non, tout vaut quelque chose" et c’est vrai. Dans les années BMPT, il y avait un discours critique sur le système de l’art, son fonctionnement et le produit lui-même. En même temps, c’est ce qui m’intéresse: j’aime la peinture, je suis ouvert à ce que mes contemporains font. Et c’est dans ce dialogue qu’on fonctionne. Aujourd’hui quand je dis que je rate mes toiles, en fait ça ne veut rien dire parce que dans le champ de l’art, et c’est ça qui est formidable, il y a un espèce de terrain de librté qui fait que quoi qu’on fasse, si les gens sont prêt à le montrer, ça existe. Après les travaux ont leur propre vie, leur propre discours.

Est ce qu’on pourrait dire que vous pratiquez un art subversif?
Bon, il y a un art académique, un art pompier et quelque chose qui l’est moins. Mais au fond, faire de l’art, ce n’est déjà pas un truc tout à fait normal. Si c’est un lieu de réflexion sur le monde, ma manière de traiter ce regard, c’est de me concentrer sur une pratique concrète, et puis j’ai des problèmes techniques. Voilà, je ne sais pas si je suis bien clair…

Si, si...
Je pense que tout est politique, ou du moins idéologique: les chaussures que l’on porte, notre manière de s’habiller, la voiture que l’on conduit... Et l’art l’est tout autant, peut-être même un peu plus. Je suis en même temps conscient que ça l’est par défaut. Il y a des actions qui sont réellement politiques, des meetings à la porte de Versailles ou des promenades en Chine. Cela je le sais. Si on veut faire de la politique, et bien on a qu’à faire de la politique. Il y a aussi une relativité de l’art qui est un lieu privilégié qui n’a pas d’impact réel. On s’adresse à une sorte de milieu instruit, non pas une élite parce que tout le monde peut s’y intéresser, mais enfin tout le monde ne s’y intéresse pas... Cependant je crois qu’avoir une réflexion sociale permet de faire un travail disons plus juste, meilleur. Au fond ma critique elle n’est pas tant sur l’art et les autres artistes, mais plutôt sur ce que je vois à la télévision, les variétés, le cinéma commercial, tous ces trucs qui ont quand même beaucoup plus d’impact que la peinture abstraite.

Au palais de Tokyo, vous intervenez en rendant hommage à Ellsworth Kelly. Cette pratique de l’hommage, on la retrouve souvent dans votre oeuvre. Je pense notamment à la très belle pièce que vous avez installée à Vassivière en hommage à Paul Cézanne.
Oui c’est vrai. Il y a une histoire qui existe. Au palais de Tokyo, j’ai eu la chance que l’on m’ait proposé ces fenêtres. Je savais que cette phrase de Kelly existait. France Culture, le soir du vernissage était venu me demander si je trouvais les fenêtres plus intéressantes que ce qui était exposé, j’ai répondu que ça n’était pas plus intéressant, mais que c’était la même chose. On peut regarder les fenêtres, on peut regarder ce qu’il y a dans le musée. Je ne dis pas que c’est mieux, mais que les deux sont possibles.
Cézanne? Oui, j’aime beaucoup Cézanne. Je ne vais pas faire ici un hommage à Cézanne, je pense qu’il n’a pas besoin de moi.

Au fond, même si l’on vous présente comme un artiste radical, il n’y a pas de table rase du passé, bien au contraire.
Au départ effectivement, BMPT était un discours très critique sur tout ce qui s’était fait jusqu’à maintenant. Aujourd’hui ce que je fais c’est peut-être un peu à côté de tout un système, en même temps je suis dans le système. Si au départ on s’intéresse à ce genre de problèmes et à ces pratiques, c’est bien parce qu’on s’intéresse à ce qui a été fait. C’est drôle parce qu’en ce moment à Beaubourg, il y a l’exposition Yves Klein et l’exposition Rauschenberg et quand j’étais plus jeune, ce qui m’a plus ou moins déterminé à "faire artiste", c’était une exposition de Rauschenberg à Berne, à la Kunsthalle, dans laquelle j’ai vu cette chèvre avec un peu de peinture sur le nez. Quand on voit ça, c’est quand même assez formidable, on se dit qu’on peut tout faire! Après dans ma pratique, c’est peut-être plutôt Jasper Johns qui m’a intéressé. J’ai fait un peu les choses à l’envers, j’ai d’abord vu le Pop, puis la peinture américaine des années cinquante, les hollandais et le suprématisme. Ensuite, avec les discussions qu’on a eues avec Toroni, Parmentier et Buren, il y a eu une espèce de rupture et là c’était un peu radical, c’était les années soixante aussi, mais c’était quand même avant tout de la peinture. En fin de compte on participe à toute cette affaire.

Olivier Mosset
Galerie Art et Essai, Université Rennes 2
Ecole des beaux-arts de Rennes
Musée des beaux-arts de Rennes
Jusqu’au 23 février 2007
Commissariat général: Christophe

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