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INTERVIEW
Bertrand Lavier (Libération)



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Bertrand-Lavier-vue-de-l-exposition-1947-2002-Œuvres-de-la-serie-des-<i>Walt-Disney-Productions<-I>-Courtesy-Musee-d-Art-moderne-de-la-Ville-de-Paris

Bertrand-Lavier-vue-de-l-exposition-au-Musee-d-art-moderne-de-la-ville-de-Paris-De-gauche-a-droite-<i>Paulin-Planokind<-I>-1992-;-<i>Charles-Eames-Chair<-I>-2002-;-<i>Embryo<-i>-2002-;-<i>Panton-Fagor<-I>-1989-;-<i>Bertoia-Eames<-i>-2001-Courtesy-Musee-d-Art-moderne-de-la-Ville-de-Paris

Bertrand-Lavier-vue-de-l-exposition-au-Musee-d-art-moderne-de-la-ville-de-Paris-1947-2002-Œuvres-de-la-serie-des-<i>Walt-Disney-Productions<-I>-Courtesy-Musee-d-Art-moderne-de-la-Ville-de-Paris

Bertrand-Lavier-<i>Nautiraid<-I>-2002-Resine-de-polyester-70-x-500-x-85-cm-Collection-de-l-artiste-courtesy-Musee-d-Art-moderne-de-la-Ville-de-Paris

  
Paris, à Genève ou à Tokyo. Pour moi, le temps arrêté est une valeur de l’art, sur laquelle nous avons à la fois une responsabilité et une chance folle, car nous sommes les seuls à en disposer.

Qu’entendez-vous par « temps arrêté » ?
C’est le temps accompli, la chose devant vous, l’objet Ñ qui peut être un tableau ou une vidéo, puisqu’une bonne vidéo essaye d’atteindre le temps arrêté du tableau. Cela va d’une peinture d’Aurélie Nemours à une vidéo de Bill Viola : vous êtes
n présence d’un objet qui est là, qui vous regarde et vous transforme. Ce n’est pas le regardeur qui fait le tableau. C’est le tableau qui vous change et lui ne bouge pas. L’autre jour, je suis allé voir la mise en scène de La Flûte enchantée par Bob Wilson : les gens de l’art auraient intérêt à sortir davantage, pour voir le déficit dans lequel ils sont par rapport à d’autres activités artistiques. Quand on s’approprie quelque chose, il vaut mieux ne pas être en deçà de la chose qu’on s’approprie. Puisque par chance, on met en relation les disciplines artistiques et même extra-artistiques, il y a des pans entiers de la création qui s’écroulent : ou alors on reste dans notre club des cinq, on joue dans notre bac à sable. Et on est content.

Avec cette notion du temps arrêté, ne restituez-vous pas une aura à l’oeuvre ?
Je la rematérialise. Faut bien que je travaille ! Je suis à contre-courant de la dépression. Il y a une posture dépressive qui donne un plus de crédibilité. Vous êtes déprimé, le monde doit l’être, le nouveau n’est plus intéressant et la peinture est morte. J’ai 55 ans et j’ai assisté au moins à cinq « retours de la peinture ». Je ne supporte pas l’idée de faire son commerce de détail sur la misère du monde. Je veux bien que Paris Match le fasse, mais pas l’art. Faire ainsi son beurre implique un choeur de pleureuses et je ne supporte pas les pleurnicheries.

On parle souvent de vous comme d’un artiste qui ne « travaille pas ».
J’ai l’image d’un artiste qui ne fait rien. J’ai eu une Ferrari très tôt et j’ai fumé des cigares à peu près en même temps, deux très mauvais points par rapport au clergé artistique. Mais ce n’est pas une posture : j’aime les automobiles depuis que je suis tout petit et les cigares. En plus, quand on fait un art qui ne montre pas la transpiration, ça y est, on est classé ! Par vanité, je ne proteste pas, mais je ne fais pas complètement rien.

Vous n’avez pas eu de modèle attitré ?
On m’a beaucoup infligé Duchamp. Effectivement s’il n’y avait pas eu l’onde de choc du Readymade, je ne serais pas là. Mais on est généralement plutôt myope lorsqu’il s’agit d’une généalogie qui n’est pas celle de la peinture. Les analystes veulent bien faire des microdifférences entre les monochromes gris d’Alan Charlton et ceux de Gerhard Richter, mais quand on arrive dans des travaux qui ne sont plus de ce domaine-là, on y va à grands coups de machette ! Du coup Lavier, c’est comme la roue de bicyclette de Marcel Duchamp. J’ai souvent cette réponse : « Vous ne pouvez pas peindre sur toile, ça a déjà été fait » ! Mais je n’ai jamais regardé Duchamp avec bigoterie ou dévotion, ça sentirait un peu la vieille soutane ou l’urinoir. Je préfère les odeurs d’échappement de Picabia.

Vous n’avez pas fait d’école des beaux-arts, pas eu de maître.
Je n’ai donc pas eu de crime à commettre. Etudiant, j’avais une petite chambre rue Bonaparte et je passais tous les jours devant la galerie Templon. Et je voyais, par la vitrine, du verre pilé par terre avec un corbeau, et je ne savais pas que c’était de l’art. Je voyais un magasin et ce magasin m’intéressait. C’est l’art contemporain, qui a été mon déclencheur, pas l’art. Le virus a été virulent : je suis devenu artiste contemporain, il est normal que ça me retombe dessus !

Vous avez une colère à partager ?
Oui. L’inauguration du nouveau siège parisien de LVMH. Je trouve affligeant qu’un grand groupe ignore de manière aussi stratégique la scène française. Si la même cérémonie avait lieu chez Prada à Milan, chez Boss à Berlin ou Shiseido à Tokyo, jamais on n’assisterait à une telle pantalonnade. J’y suis allé en connaissance de cause. Je savais que nous serions humiliés : il faut vraiment le faire exprès pour ne pas mettre un seul artiste français. Peut-on imaginer qu’à New York, Estée Lauder expose Buren, Boltanski, Raynaud, Messager, moi-même, à l’exclusion de tout artiste américain ? Ce serait inconcevable. Aujourd’hui, les architectes font les magasins, les artistes les décorent. Nous avions toujours été dans les salons bourgeois, là ça a pris d’autres dimensions...

On voit Jean-Jacques Aillagon chez Pinault et notre chargé parisien à la culture, Christophe Girard, chez Arnault...
En fait, on va leur demander de l’argent. On ne peut plus faire une expo importante sans aller demander l’aumône auprès des grands groupes. On ne parlait pas d’argent il y a dix ou quinze ans. Aujourd’hui, les artistes sont comme des pilotes de F1 à aller chercher les sponsors avant de monter dans la voiture. Si vous n’avez pas vos sponsors vous n’entrez pas dans le musée, ce qui veut dire avoir la bénédiction d’un autre type de clergé. Les coûts de production sont pharaoniques et on n’est pas l’Opéra de Paris, chez nous il y a obligation de résultats, qui se comptent en nombre d’entrées, et plus il y en a, plus les artistes en sont fiers.
Le succès est devenu une valeur qui vient influencer le jugement esthétique. Entre moi qui n’avais aucun succès et Louis Cane, qui en avait au début des années 1970, il n’y avait pas une différence énorme. Aujourd’hui, entre, disons, Bernard Joisten et Pierre Huyghe, elle est incommensurable. La carrière, le succès sont devenus des valeurs ajoutées et la liste des galeries est là pour « prouver qu’on est bon ». On en est arrivé à montrer une liste d’expos pour cacher des oeuvres. Il est de notre

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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