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INTERVIEW
Paul-Armand Gette

Je crois le public beaucoup plus timide qu’hypocrite. L’élargissement des fantasmes serait un beau programme pour un artiste. J’aime beaucoup l’expression familière «faire son cinéma». Si ce que je montre au public le conduit sur cette voie, alors je suis comblé...


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Paul-Armand-Gette-<i>La-Theophanie-d-146;Artemis<-i>-2003-Peinture-Courtesy-galerie-du-jour-Agnes-b

Paul-Armand-Gette-<i>Theophanie-de-Diane<-i>-2002-2003-Peinture-Courtesy-galerie-du-jour-Agnes-b

Paul-Armand-Gette-<i>Les-Aphrodites<-i>-1999-2003-Photo-Courtesy-galerie-du-jour-Agnes-b

  


Diane Brousse. On peut voir actuellement quelques unes de vos œuvres, issues du Fonds national d’art contemporain au Mamco de Genève. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Quelque chose qui n’a pas un lien direct avec l’objet de cette exposition. Sur la quarantaine d’artistes qu’elle comporte, il n’y a pas une seule femme ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Dans le genre, c’est un record ! Voilà un beau sujet de réflexion pour la critique.

Vous qui travaillez sur les débord
ments et ces multiples aspects, sur la participation du modèle, lui donner une liberté c’est une façon pour vous de laisser place à l’imprévu ?

C’est surtout une façon de changer mon regard sur les êtres. C’est aussi une manière de rendre au modèle sa personnalité. J’ai toujours été surpris par la disparition du modèle derrière le sujet, sauf dans l’art du portrait, car dans les autres cas le modèle disparaît.
La question que je pose est naïve en apparence, mais c’est volontairement qu’au Louvre, par exemple, devant la Diane peinte par Watteau, je demande « qui est-ce ? » Alors on me répond « arrête de poser des questions idiotes... on s’en fout... le problème n’est pas là ». Mais moi je veux savoir qui était là. Dans la plupart des cas, le modèle, qu’il soit féminin ou masculin, à été chosifié, il n’a pas d’existence en tant que personne : il est devenu Vénus naissant ou Diane au bain… Ma question est qualifiée de triviale, indigne de l’art. Un de mes modèles qui accepte d’être Diane reste la personne qu’elle est. Au théâtre on indique bien que Mademoiselle X ou Y jouera tel personnage alors...

Cela comporte aussi une grande part de jeu.
Naturellement et pourquoi ne jouerait-on pas ? Lors d’une de mes lectures intitulée La dissimulation de Diane, j’ai demandé à un de mes modèles d’être la déesse et de faire ce qu’elle voulait. Elle a mélangé mes papiers, s’est couchée sur ma table. En quelque sorte elle a perturbé ma prestation et cela a très bien fonctionné. La liberté est pour moi un idéal de travail, c’est le plaisir que je trouve important dans une civilisation qui ne lui accorde pas une très grande place.

Pensez-vous qu’il y ait une phobie par rapport au plaisir ou par rapport à l’expression des émotions ? Roland Barthes disait que la nouvelle obscénité était le sentimentalisme...
Je n’ai pas la même approche de l’obscène. L’est pour moi ce qui se passe en dehors de la scène des conventions et qui est accepté voire désiré par les protagonistes, c’est dire si toute connotation péjorative s’en trouve exclue. Dans cette aventure modéliste de la liberté, il y a exposition du plaisir, du désir et quelques fois aussi de l’inquiétude qui peut se manifester dans l’espace débarrassé des contraintes, la liberté est difficile à pratiquer, nous en avons perdu l’habitude!
Quand je lance un appel à modèle, je suis toujours surpris d’obtenir des réponses — certes dans le microcosme de l’art — et de découvrir des modèles désirants qui sont confrontés au dilemme suivant : qu’est-ce que je veux faire et qu’est-ce que je peux faire ?

Cette aventure modéliste c’est aussi la rencontre entre deux désirs; ainsi vous devez parfois vous confronter aux fantasmes du modèle. Vous a-t-on déjà demandé quelque chose que vous ne vouliez pas faire ? De poser à votre tour, par exemple?
Oui et je déteste ça mais j’accepte bien évidemment. Poser le problème de la liberté est une bonne chose à condition qu’on ne se dissimule pas les difficultés qui vont surgir. J’avoue avoir refusé la première sollicitation d’un modèle masculin. Après réflexion, j’ai accepté et j’ai appris alors qu’il s’agissait d’une provocation de sa part, ensuite nous avons joué le jeu.

Il vous plaît de trouver des modèles sur place, dans le contexte d’une exposition.
C’est vrai j’aime beaucoup procéder ainsi. Lors de ma dernière exposition (Musée d’Art contemporain de Rochechouart), le régisseur m’a fait part de l’envie qu’avait une de ses amies de poser pour moi. Cette jeune femme, étant connue de personnes présentes à notre entretien, les poussa à me dire que c’était impossible, car elle était enceinte. À leurs yeux, elle ne pouvait pas entrer dans le cadre de mon activité. Bel exemple de la manière dont s’établissent les stéréotypes ! Néanmoins, nous avons fait ensemble des images que j’ai intégrées dans l’exposition.

On s’empare de l’artiste, on applique un cadre, ainsi votre travail serait lié en grande partie aux corps des jeunes femmes...
Pas à mes yeux mais à ceux de mes interlocuteurs. D’après eux, les modèles de Paul-Armand Gette doivent tous avoir entre 16 et 25 ans ce qui n’est pas toujours le cas.

Ceci me conduit à vous formuler la question du choix du modèle en rapport avec votre liberté d’artiste. Si le modèle s’impose à vous, le travail se situe ailleurs que dans le choix de celui-ci. Vos propres choix s’effectuent en fonction d’une contrainte, celle du modèle.
C’est vrai mais je conserve la liberté de choisir le point de vue, ensuite je montre l’ensemble des prises de vues, puis j’utilise les images acceptées en les combinant entre elles. Je n’agis pas comme le ferait le photographe.

Se pose ensuite le problème du regard du modèle.
C’est là que sa surprise peut se manifester devant les images. Il découvre alors un regard extérieur. Ce qu’il a montré ou cru montrer n’est pas obligatoirement ce que l’autre a regardé. À cela s’ajoutera un regard inconnu, celui du public.

L’absence de critères de choix qui fonde le principe de liberté et régit votre œuvre, met en avant le tissu complexe de relations unissant les différents regards. Dans le processus de création, se croisent des regards de différents niveaux : artiste, modèle, public. Emerge de tout cela l’idée que le questionnement, l’état d’incertitude, tient une place fondamentale au sein de votre œuvre.

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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