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INTERVIEW
Claude Closky
Gilles Fuchs
18 juin 2005
Gilles Fuchs est le président de l’ADIAF, l’Association pour la Diffusion internationale de l’Art français. En 2000, il crée le Prix Marcel Duchamp aujourd’hui célèbre dans le monde de l’art contemporain. Après Thomas Hirschhorn, Dominique Gonzales-Foerster, Mathieu Mercier et Caroline Benzaken, c’est au tour de Claude Closky d’être lauréat.


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Claude-Closky-<em>Sans-titre-(NASDAQ)<-em>-2003-2004-Papier-peint-pour-les-Sims-Fichier-wll-©-Claude-Closky

Carole-Benzaken-<em>Travelling-3<-em>-2004-Acrylique-et-huile-sur-toile-Courtesy-galerie-Nathalie-Obadia-Paris

Mathieu-Mercier-vue-de-l-rsquo;installation-de-l-rsquo;Espace-315-du-Centre-Pompidou-du-10-d-eacute;c-2003-au-9-f-eacute;v-2004-agrave;-Paris-Photo-Philippe-Migeat-Centre-Pompidou

Dominique-Gonzalez-Foerster-<em>Exotourisme<-em>-2002-Courtesy-Centre-Pompidou

Thomas-Hirschhorn-<em>Chalet-Lost-History<-em>-2003-Techniques-mixtes-Dimensions-variables-Courtesy-galerie-Chantal-Crousel-Paris

  
L’Adiaf regroupe plus de deux cents collectionneurs et amateurs d’art contemporain. Vous la créez en 1994 au moment où la crise du marché de l’art commence à se faire longue.
Le propos de l’Adiaf n’a pas de lien avec le marché. Lors de la création de l’association, nous voulions dénoncer la quasi-absence des artistes de la scène française dans les grandes collections et les usées étrangers. En dehors des institutions, il y avait une méconnaissance de la scène française. Et ce, même en France où cette situation se traduisait par une pénurie de collectionneurs.
Nous voulions donc essayer de montrer que cette scène française était non seulement existante, mais aussi vivante, et qu’elle présentait autant d’intérêt que les autres scènes actuelles (en particulier anglo-saxonnes).
Il y avait quelque chose de l’ordre de l’irrationnel dans ce total oubli de la présence française. L’idée de l’effritement de la scène française à l’étranger a été reprise dans le rapport Quemin en 1998 qui a d’ailleurs été mal perçu par les institutions.

Monsieur de Villepin est intervenu le 10 octobre au sujet de la création artistique et de sa valorisation sur le plan international. Il confirme, en quelque sorte, le rapport Quemin sept ans plus tard. Dans ce même discours, il a souligné l’aspect positif des actions de l’Adiaf en faveur de la scène française. Il a rendu hommage au Prix Marcel Duchamp et a tenu à rencontrer Claude Closky pour le féliciter.
Notre première action a été d’aider un certain nombre de galeries à présenter des artistes français à l’étranger dans des endroits un peu difficiles : au Japon, à la foire de Chicago, etc. On aidait au financement de ces expositions. Nous sommes ensuite entrés un peu plus dans le vif du sujet. Nous avons organisé des expositions à l’étranger d’artistes de la scène française avec des œuvres directement issues des collections privées françaises.
Dans ce second temps, nous avons donc essayé de fédérer les collectionneurs et de les inciter à se montrer plus actifs. Il ne suffit pas de collectionner, mais il faut prendre part à la vie artistique, soutenir les artistes de façon, un peu à la façon de mécènes, en finançant des catalogues ou en produisant des pièces par exemple. Nous avons aussi organisé une exposition au musée de Tourcoing à partir de collections privées françaises (œuvres françaises, mais aussi étrangères). Elle montrait les tendances des achats de ces collectionneurs durant les trois dernières années et les particularités de ces collections par rapport à celles des institutions.

Et le Prix Marcel Duchamp...
Enfin, nous nous sommes particulièrement consacrés à la création et au développement du Prix Marcel Duchamp. Ce prix des collectionneurs montre leur engagement et les met face à leurs responsabilités vis-à-vis de la scène artistique française en désignant chaque année quelques artistes qui leur paraissent représentatifs, connus mais pas encore reconnus.
Ces artistes sont choisis par un comité de sélection, renouvelé chaque année, et composé de collectionneurs de l’Adiaf, très impliqués dans le monde de l’art. Puis, c’est un jury qui désigne le lauréat. Ce jury (1), lui aussi différent chaque année, est composé de sept membres dont le pivot est Mme Matisse Monnier, l’ayant-droit moral de Marcel Duchamp, entourée de trois collectionneurs et trois conservateurs.
Nous avons toujours, en dehors du directeur du Centre Pompidou, un ou deux conservateurs étrangers ainsi qu’un ou deux collectionneurs étrangers, constituant ainsi un jury à moitié français à moitié étranger.
La présentation des candidats se fait par le biais de rapporteurs choisis par les artistes eux-mêmes. C’est une caractéristique du Prix Marcel Duchamp qui permet ainsi d’engager un dialogue entre les membres du jury et les rapporteurs (2).

Le Monde a présenté le Prix Marcel Duchamp comme l’équivalent du Turner Prize. Depuis quelques années, les prix se multiplient à l’instar des foires d’art contemporain: le prix Petrobas, le BP Portrait Award, The Carnegie Art Award, le Max Mara Art Prize for Women à Londres, et aussi le Beaux-Arts Award décerné par le magazine français. Que pensez-vous de la multiplication de tous ces prix? Vous avez vous-même reçu un prix il y a deux ans, le Montblanc du mécénat culturel.
J’étais auparavant dans l’industrie, et bien que l’idée du Prix Marcel Duchamp m’accompagne depuis très longtemps, je me suis toujours refusé à le faire à cette époque-là, car je pense que le mécénat se caractérise avant tout par la générosité et la discrétion.

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