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INTERVIEW
Alain Declercq
Alain Declercq

En dépit de cette évidence qu’Alain Declercq est un plasticien et non un activiste politique, il est souvent perçu de façon inverse — même par la police… Cela parce que la réflexion politique est à la base de son travail qui ne parvient pas à se limiter à des pièces purement plastiques, ni à un nombre restreint de matériaux.


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Alain-Declercq-<i>Feed-back-American-Airlines<-i>-2003-Vue-d-exposition-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>Les-Manifestes<-i>-2000-Installation-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>Mike-on-the-Top-of-the-World-Trade-Center-NYC<-i>-2001-Photo-couleur-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>FBI-Headquarters-Washington-DC<-i>-2005-Photo-couleur-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>Sheraton-Hotel-Arlington-Pentagon-West-South-West<-i>-nd-Photo-couleur-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>Sans-titre-(Missile)<-i>-nd-Photo-couleur-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

Alain-Declercq-<i>White-Plume-of-Smoke<-i>-nd-Photo-couleur-Courtesy-galerie-Loevenbruck-Paris

  
Samantha Longhi: André Rouillé a décrit assez justement ton travail en ces termes: «Des actions politiques qui mobilisent certains des moyens de l’art et qui le débordent». Pourquoi tu as choisi l’art contemporain comme moyen d’expression.
Alain Declercq: En premier lieu, je suis un plasticien et non un activiste politique. Sans nier que la réflexion politique puisse être à la base de mon travail, je recherche d’abord une efficacité plastique en privilégiant une lecture immédiate, frotale, susceptible de parler à un public même non averti.
L’idéal, selon moi, étant une œuvre à impact immédiat qui dévoile peu à peu différents niveaux de lecture. Ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie ni ne respecte des travaux nécessitant une lecture du catalogue (du mode d’emploi) pour être assimilées.
Par ailleurs, j’ai beaucoup de mal à présenter des pièces purement plastiques. Je me dis parfois que c’est presque un défaut. Que je manque d’une véritable identité au regard d’un certain nombre d’artistes de ma génération comme Bruno Peinado dont l’ensemble du travail présente de véritables signes distinctifs. Cela tient sûrement à la variété de médias — le dessin, la photo, la vidéo, des installations, du son —, que j’utilise dans mon boulot et dont je ne pourrais me passer.
Du coup, ce que les gens retiennent de mon travail artistique est l’activisme politique alors que dans ma démarche c’est plutôt l’inverse. J’ai d’abord l’intuition d’une pièce et ensuite j’architecture la réflexion autour d’elle.

En 2003, tu as participé à l’exposition «Hardcore, vers un nouvel activisme» au Palais de Tokyo. Comment considères-tu aujourd’hui ce qu’on appelle l’art engagé, en particulier en France?
Il est frappant que le thème de l’activisme, de l’art engagé, n’était pas du tout majeur dans l’exposition «Notre Histoire» du Palais de Tokyo qui présentait dernièrement de jeunes artistes travaillant en France. C’est un plutôt un thème minoritaire dans le travail de la scène française.
Je crois pourtant qu’en tant que citoyens, il y a un certain nombre d’artistes qui ont plus ou moins les mêmes idées et les mêmes constats sur la société. Je ressens cependant davantage de formalisme que d’activisme dans la production actuelle française, un art échappatoire...
Pour en revenir à «Hardcore», je tiens à rappeler que je n’étais accompagné que par deux artistes français ou vivant en France, dont Jota Castro.

Les artistes traitant de sujets sociaux plus populaires et plus consensuels tels que la société de consommation sont légion, mais les thèmes que tu abordes sont rarissimes dans l’art contemporain français. Tu dois te sentir un peu seul…
Un peu, c’est vrai, mais il y a des artistes comme Renaud Auguste Dormeuil dont je peux me sentir assez proche. La pesanteur policière ou l’infiltration des services spéciaux sont plutôt des thèmes pris en main par la littérature, le cinéma. Peut-être me suis-je aussi laissé enfermer là-dedans; ma production a beaucoup évolué depuis ma première exposition en 1998. A l’époque, mon champ d’investigation était beaucoup plus large. Il y avait des choses plus ludiques que j’ai peut-être mises de côté. J’ai ma part de responsabilité mais je peux aussi la partager avec les centres d’art et les curators qui m’invitent dans des cadres très déterminés. D’un certain point de vue, on m’encourage à radicaliser mon travail. Et je joue le jeu…

J’ai l’impression que ton étiquette d’«activiste» t’a aussi desservi. Tu as connu un certain nombre d’incidents l’année dernière. Tu as subi notamment une perquisition de la brigade anti-terroriste dans l’appartement que tu occupais à Bordeaux pour la préparation d’une de tes expositions…
Je me trouvais dans une résidence appartenant à l’association qui m’accueillait pour une post production à Bordeaux quand une quinzaine de policiers de la brigade criminelle et de la brigade anti-terroriste m’ont perquisitionné.
On m’a accusé d’être la base arrière d’Al-Qaeda en France! C’est absurde, mais le plus troublant, c’est que ce n’est pas la responsabilité d’une seule et unique personne, qui aurait pu fantasmer. Derrière, il y avait toute une machinerie, tout un processus: une dénonciation, un juge d’instruction, une commission rogatoire, un mandat de perquisition. De plus, j’hébergeais ce jour-là un ami journaliste qui, au même moment, a vu son appartement parisien fracturé et tout son matériel professionnel volé.
Rien ne nous dit que cette coïncidence troublante est l’œuvre de la police, les moyens utilisés indiqueraient plus les services spéciaux… Mais nous n’avons aucune preuve, alors restons prudents. Reste une sale impression que cette histoire a pris une ampleur peu rassurante, téléphone sur écoute, planque jour et nuit devant mon appartement, listing de tout mon carnet d’adresse. Je deviens un type peu fréquentable…

Pour la loi des séries, Jolly Roger, une de tes œuvres exposées de façon permanente au Domaine de Chamarande, que l’on dénommait Le Bateau, fut incendiée cette même année.
Nous ne sommes pas dans le même registre, mais quand on m’invite il vaut mieux prévoir un budget de restauration ! Ce n’est ni la première ni la dernière fois que mes pièces sont dégradées, taguées ou détruites dans mes expos…
Le problème de ce type d’incidents, c’est qu’en premier lieu, on me suspecte d’être moi-même à l’origine de ces actes de vandalisme, je deviens suspect de mes propres agressions, c’est un peu dur en encaisser.

Ton travail provoque des réactions violentes…
C’est aussi ma légion d’honneur ! J’ai détesté vivre cette perquisition — c’était assez déstabilisant —, et pourtant, a posteriori, c’est une façon de valider mon travail. Je mets en place un personnage de fiction, un agent de renseignements que j’appelle Mike et que je fais déambuler et agir. Si la police anti-terroriste se fait prendre au jeu,

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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