réel.
Ce "cerveau" surpuissant, doté d’une forme d’absolu, cherche à atteindre synthétiquement la forme de noirceur musicale la plus sombre de tous les temps. Inspirée des systèmes informatiques contemporains permettant de déterminer si un morceau de musique rencontrera un succès populaire, l’installation applique ces mêmes critères à la production du tube musical de la force obscure.
Le casque de Dark Vador, figure ultime et unique du Vilain est ici mis en série, infini comme cette courbe de noirceur régissant un processus musical à la recherche du Mal absolu. Que devient la figure du plus Vilain lorsque celle-ci est légion ?
Ce maximum de noirceur ne semble être ici que le point de départ d’une quête superlative et abyssale. Tout au long de l’exposition, à partir d’une mémoire composée d’une multitude de morceaux de musiques allant du heavy métal au requiem de Fauré, et par un système d’écoute, d’analyse et d’apprentissage, les Dark Vadors réunis autour d’un même idéal de noirceur, tenteront de recomposer ce chant oublié des ténèbres.
Jonathan Monk - "Time Between Spaces"
"Quelle est l'heure de la lune ?" se demande Jonathan Monk qui émet l’hypothèse que la lune est réglée sur l’heure de Houston (Texas) car c’est la mission Apollo qui l’aurait déterminée.
À l’image de ces deux espaces synchronisés, cette exposition prendra place dans deux institutions artistiques différentes: le Palais de Tokyo et le Musée d’art moderne de la ville de Paris - Arc, toutes deux voisines dans le même bâtiment.
Quelle position un artiste peut-il tenir après les gestes héroïques des pionniers de la modernité ? Comment continuer après la tabula rasa des avant-gardes ?
Jonathan Monk rompt avec le modèle traditionnel de l'œuvre unique. Sous le signe de la duplicité Jonathan Monk profite de cette opportunité pour produire une exposition stéréo dans un contexte où le temps serait élastique et les œuvres démultipliées. Des œuvres de l’exposition seront en deux versions différentes. Certaines performances ou installations seront en deux parties et relieront les deux institutions. D’œuvres en œuvres un fil d’Ariane invisible relie les deux espaces. Chacune des parties de l’exposition résonnera de l’autre.
Dans ce contexte exceptionnel, l’ensemble de l’exposition stéréo interroge et met en jeu le temps: historique, autobiographique mais plus simplement le temps de l'exposition. Par cette exposition commune au Palais de Tokyo et au Musée d’art moderne de la ville de Paris intitulée justement "Time Between Spaces", le temps de l’exposition est redoublé.
De nombreuses œuvres de l'exposition font référence au temps: des pendules en tout genre, des horlogers affairés, des personnes pensant au lendemain ou à la veille. Le film "Retour vers le futur" avec Michael J Fox est diffusé grâce à un dispositif complexe d'alternances incessants de cassettes au cours duquel le signal vidéo s'altère progressivement. Deux horloges à balanciers se faisant face sont synchronisées au lancement de l'exposition. Tout laisse à supposer que cette œuvre intitulée "Odd Couple" ("Couple étrange") indiquera progressivement des horaires bien différents.
Le titre induit une dimension biographique que l'on retrouve à de nombreuses reprises: "Mon pied peint/vernis pour ressembler à celui de ma mère", "Père Fils - version épaule", etc. Cette dernière œuvre vous informe de la hauteur du fils de Monk monté sur les épaules de ce dernier. L'indication rend publique un détail de la vie privée de l'artiste, un détail qui évolue au fur et à mesure que le fils de l'artiste grandit (et que le père vieillit).
Le temps se présente en fait dans cette exposition sous le signe de la relativité. Un puzzle existe en deux versions: son pourtour et son centre. L'évidence devient relative même avec un tel objet. Une œuvre de David Hockney représentant un plongeon est rejouée sur le mode de l'avant et de l'après lorsque la piscine est calme.
Un vélo dont les nombreux percements du cadre réduisent la fonctionnalité initiale. Il souligne l'étrangeté et l'humour de cette exposition: "Ni en avant, ni en arrière, à n'importe quel moment dans le présent et une courte histoire au sein de sa propre fin".
Arcangelo Sassolino - "Afasia 1"
"Afasia 1" est la première oeuvre d'une nouvelle série de l'artiste, autour de la question de l'aphasie, de la suspension du langage.
Installation détonante, "Afasia 1" est une sculpture qui propulse des bouteilles de bière vides à plus de 600 km/heure grâce à de l’azote comprimé. Au fur et à mesure de l’exposition, les résidus des bouteilles vides formeront un tapis de verre qui