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AGENDA | ART
Giuseppe Gabellone, Shirley Jaffe
Shirley Jaffe et Giuseppe Gabellone
29 juin - 21 sept. 2008
Bignan. Domaine de Kerguéhennec


VERNISSAGE
INFOS PRATIQUES
à Delfina Studio Trust, à Londres ; en 2002, à Art Pace, à San Antonio aux Etats-Unis. Ses seules expositions personnelles en institutions ont eu lieu au Frac Limousin (1999), à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo (2000) et au Museum of Contemporary Art de Chicago (2002). Il a participé à la Documenta de Cassel (2002), à la Biennale de Venise (2003) et à la Biennale d’art contemporain de Lyon (2003).

Giuseppe Gabellone est représenté par le Studio Guenzani, Milan, la galerie Emmanuel Perrotin, Paris, Miami, la galerie GreenGrassi, Londres, coéditeurs du catalogue à paraître. Il expose également chez Martin Janda à Vienne (Autriche).

Frédéric Paul - La figure humaine entre pour la première fois comme motif principal dans votre travail. D’où vous est venu le désir d’en découdre avec elle ?

Giuseppe Gabellone - On est confronté à une masse de représentations déjà existantes quand on travaille sur une sculpture reprenant la forme humaine. Et l’on peut tirer un avantage ou un désavantage de toutes celles qui ont été faites auparavant. En général, s’il y a bien un "besoin" que je ressens devant un sujet spécifique, c’est d’abord celui de faire abstraction de toute considération historique et biographique propre et d’établir avec lui une relation la moins affective possible. J’ai conçu [c]es sculptures comme si elles étaient des figures "vides", comme des boîtes anthropomorphes faites en acier.

Le seul sentiment qu’elles peuvent éveiller doit découler de leur simple existence, c’est quelque chose qui me rappelle une sensation d’éloignement. J’ai fait ces sculptures comme si elles étaient de petits monuments, et en vérité les monuments sont plutôt inhumains…

F.P. - Comment faites-vous pour développer une œuvre consistante, solide et unique en son genre, qui est la vôtre et reconnaissable comme telle, mais qui est la somme de travaux d’apparences si différentes ? Là est la véritable question. Est-ce quelque chose que vous vous êtes imposé comme une stratégie ?

G.G. - Mon travail est tout sauf stratégique. Je produis peu, j’investis beaucoup et chaque fois qu’on commence à comprendre ce que je suis en train de fabriquer, je change de direction…

Depuis mes premières expositions, j’ai toujours pensé que la première chose que doit faire un artiste, c’est de préserver le maximum d’espace pour échapper aux classifications faciles données par un milieu artistique souvent vorace, et c’est par-dessus tout de gagner en flexibilité, de façon à pouvoir se saisir de toute sorte de références et d’outils, de la façon la plus ouverte possible. Cette nécessité première est devenue une méthode de travail qui me permet de développer entre mes différents œuvres un lien d’affinité décelable par intuition, mais qui n’est jamais démonstratif.

F.P. - Au début de cet entretien, vous disiez que vos nouvelles sculptures avaient été conçues comme de petits monuments ? Pouvez-vous en dire plus ?

G.G. - Je m’intéresse aux monuments à cause de l’impression de confinement qui peut s’en dégager. En fin de journée, même quand ils sont au centre d’une place publique, les monuments sont souvent désertés mentalement, et peut-être prenons-nous ainsi une petite revanche par rapport à leur imposante présence destinée à servir et protéger l’idée de nation.

Je suis en particulier fasciné par la tonalité teintée d’échec et de délabrement qui est si typique des monuments du XXe siècle, et c’est cette sensation que j’essaie de communiquer dans mes photos.

Cet été, à Linosa, une petite île au milieu de la mer Méditerranée entre la Sicile et l’Afrique, alors que je marchais le long de la côte, je suis soudain tombé sur un énorme monument (œuvre de Consagra, je crois) qui émergeait des rochers comme si c’était un buisson.

Frédéric Paul et Giuseppe Gabellone. "Une Conversation - 29 janvier - 13 avril 2008 (à paraître dans la monographie publiée prochainement sur l’artiste par le Domaine de Kerguéhennec)

Ouverture

11-19h, tous les jours sauf lundi. Entrée libre.

Publications
Shirley Jaffe, "Networking...", contributions, textes: Eric Suchère, Frédéric Paul. Interview Shirley Jaffe/Frédéric Paul. Français/anglais. 24 x 18 cm, hard-back 128 pp., 45 ill. coul & 12 noir.

Giuseppe Gabellone, "Giuseppe Gabellone", textes: François Piron. Interview: Frédéric Paul. Français/anglais. 33 x 23 cm. Paper-back, 98 pp., 30 ill. coul.


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