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oeuvres, James Coleman confronte le spectateur avec la temporalité de la perception. La même diapositive couleur d’une place vide de Milan est projetée répétitivement, accompagnée de différentes descriptions narratives de l’image. Le texte est récité par un narrateur, mais il s’agit de l’agrégat de plusieurs lectures, qui sont parfois contradictoires. Aucune des descriptions ne rend compte de l’image dans sa totalité, c’est seulement en regardant plusieurs fois que l’on commence à comprendre. Coleman conçut Slide Piece comme une œuvre pouvant être réalisée en plusieurs langues telle une sorte de work in progress, soulignant les spécificités culturelles et sociopolitiques du regard et de l’interprétation.
Similairement à l’œuvre de Coleman, le diaporama de Marcel Broodthaers Bateau tableau (1973) et le film Voyage en mer du Nord (1973-74) temporalisent une image statique. Les deux œuvres sont basées sur la peinture anonyme du 19ème siècle Un tableau représentant le retour d’un bateau de pêche acquis par Broodthaers chez un antiquaire de la rue Jacob. En utilisant une caméra et un appareil photo, Broodthaers assujettit la peinture à son analyse ludique et ironique caractéristique de son travail, se concentrant sur les détails et révélant des éléments normalement cachés. Le film et le diaporama (ou «film-photo» comme Broodthaers avait l’habitude de dire) jouent avec l’opposition entre l’image totale et le fragment, entre l’immobilité et le mouvement, renvoyant le spectateur à sa propre perception.
Article sur l’exposition dans paris-art.com
Pour lire l’article rédigé par Raphaël Brunel, cliquez ICI
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