concrètes de valeur d’échange et d’authenticité ont été lavées ou masquées pour laisser l’espace aux couleurs et aux thèmes patrimoniaux savamment choisis par les institutions émettrices comme représentatives d’un pouvoir.
Andy Warhol
Andy Warhol réalise les «Piss Paintings» en 1978, en même temps que les «Oxidation Paintings». Ces séries sont un acte conscient en réfutation à sa réputation déclinante à cette époque. Lorsqu’un «tastemaker» new-yorkais avait proclamé qu’il n’était plus d’avant-garde, Warhol s’exclama: «Est-ce qu’elle a vu les “Piss Paintings” ?»
Ces peintures ne furent pas montrées avant la fin de l’année 1986. Leur impact ainsi que l’attention et l’admiration qu’elles suscitent furent donc retardés d’une décennie. (Rosalind Krauss, « The Madness of the Day »)
Dans son texte «A Primer for Urochrome Painting», Benjamin Buchloh écrit: «Uriner sur la toile n’est pas seulement un acte public de souillure de ce qui fut à une époque un espace sacré ou virginal (dans ce sens, il se rapproche des graffiti), c’est aussi un geste polémique ostentatoire de défi à la peinture comme «production». Par contraste, peindre — tout comme répandre — est une perte / un gaspillage, et — pour autant que le processus de la tache (souillure) échappe au contrôle de la main — un défi à l’économie de l’ordre et de la mesure garantie par un produit bien fait».
- «Piss Painting», 1978 (1 et 2), Urine sur gesso sur toile
Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Julia Peker sur cette exposition.
Pour accéder à cet article, cliquez
ici