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AGENDA | ART
Zong De An
Zong Dé An
06 juin - 05 juil. 2003
Paris. Galerie Patricia Dorfmann
Entre un Réel énigmatique, le Temps et le Tao, des sculptures et des empreintes, des mises en scène de surfaces et de volumes dans des matériaux humbles: fer rouillé, toile, papier, plâtre, argile, ficelle, peaux de banane séchées, sel, boules de riz.


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Communiqué de presse
Zong Dé An
Zong Dé An


«La sérénité, l’harmonie. Accord des contraires

Zong Dé An conjugue le sec et les fluides; la verticale, l’horizontale et les obliques; le tendu et le flottant; le fragile et la persistance; l’éphémère et la permanence; le plan et les plis; le diapré et l’éteint; le chatoyant et l’effacé; le rouillé et le radieux; la «chose» et l’ombre; le caché et le visible.

Il concilie les contraires. Il harmonie les opposés. Il réunit des dissemblances, des dissonances heureuses, des différences qui vous enchantent.
Selon Héraclite d’Ephèse (Ve siècle av. J.-C.), «le monde est une harmonie de tensions tour à tour tendues et détendues, comme celle de la lyre et de l’arc». De même les œuvres de Zong Dé An règlent la concentration et la détente, l’intensité et le calme. Elles mettent en évidence les forces affrontées et les contrebalancent, les équilibrent.

Le nom «An» lui convient. «An» signifie la paix, la sérénité, la tranquillité, la concorde.

Le Réel énigmatique, le Temps, le Tao
Dans l’atelier de Zong Dé An, paisible, serein, sans agitation, sans trouble, sans désordre, quand le temps est lent, le Réel se métamorphose doucement, se déplace insensiblement. Petit à petit, de façon mesurée, réservée, le Réel bouge à peine, se modifie avec modestie et sans cesse. Le pouls du Réel est presque imperceptible. Peu à peu, le Réel change, se transmue lentement.
Zong Dé An intitule une majorité de ses œuvres: le Réel. Il ne le définit pas davantage. Pour lui, le Réel et le Temps s’entrelacent. De manière énigmatique, il énonce: «Il n’y a pas d’objet. Le Réel frappe à la porte de l’atelier. Le Réel traverse les formes, les parcourt, les visite, les améliore.» Vous vous interrogez face à ce Réel, difficile à être délimité. Avec retenue, Zong Dé An vous aide à pressentir le monde tamisé, à deviner un fond inconnaissable.
Le Réel voilé est peut-être proche du Tao, Lao Tseu (Tao -Tö -King, XXI) évoque le Tao, la Voie fuyante, insaisissable, juste, «efficace». François Houang et Pierre Leyris donnent une traduction subtile du Tao -Tö -King: «La Voie est au monde des choses / Illusions évanescentes/Illusions évanescentes / Mais en qui se trouvent des formes / Illusions évanescentes / Mais en qui se trouvent des choses / Un mirage crépusculaire / Mais habité par des essences / Et par de solides promesses.» Ainsi les œuvres de Zong Dé An nous donnent à voir les formes de la Voie, en partie évasives, esquissées, devinées, pressenties. Elles nous aident à penser, à nous améliorer. Elles constituent un message en attente, suspendu, de l’énergie immatérielle, de la force, de la vie, de la vérité, de la lumière. Selon Zong Dé An, le message vient d’ailleurs, du divin. Le message passe par les œuvres; il est transmis par nos sensations, par nos sentiments. Les œuvres sont peut-être des prières, des méditations animées par le souffle. Selon le poète Paul Valéry, en 1944, «la liberté est une sensation. Cela se respire.»

Célébrer les matériaux humbles
Zong Dé An a la connaissance des matériaux modestes, simples, économiques; il les aime; il sait les employer, les agencer, les organiser de diverses manières. Il n’utilise ni le marbre, ni le bronze, ni l’argent. Très rarement, il crée un reflet d’or sur une surface. Dans ses œuvres, interviennent le fer rouillé, des couvertures, des toiles parfois usées, des papiers de couleur d’Asie ou d’Occident, le plâtre, l’argile parfois «ligotée», des ficelles tendues, des branches, des peaux de banane et d’oranges séchées et suspendues, le sel, des boules de riz, des galettes, la cire blanche, des fragments de miroirs, des aiguilles de bois, des fils… Il célèbre l’humilité, la réserve, l’effacement, la douceur, la modération, la retenue.

Les matières discrètes rayonnent dans une étrange splendeur furtive, dans une gloire voilée.
La transformation, le changement sont secrets. Ils se dévoilent à peine.
Lie Zi (Du vide parfait) s’interroge: «Mouvement infini du monde / Le Ciel et la Terre changent en secret / Qui s’en aperçoit ?»

Empreintes et ignames sculptées
Zong Dé An agence ses sculptures et ses empreintes. Attentif, circonspect, sensible, il met en scène les surfaces et les volumes. Il oriente un site. Il nous guide. Il dispose des choses dans un ordre qui s’impose; il les arrange; il les orchestre.
Des empreintes, des traces d’eau, celles de lumière marquent des surfaces,

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