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AGENDA | ART
Jin Meyerson
Jim Meyerson
12 sept. - 14 oct. 2006
Paris. Galerie Emmanuel Perrotin
Utilisant une panoplie de techniques — encre de Chine, peinture à l’huile, à la bombe, déversements de couleurs acryliques —, Meyerson représente l’actualité à travers de grandes compositions caractérisées par une iconographie du désastre à grande échelle: déraillements ferroviaires, bombardements, tremblements de terre, et autres catastrophes.


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Communiqué de presse
Jim Meyerson

On pourrait décrire les derniers tableaux de Jim Meyerson, né en Corée mais élevé aux Etats-Unis, comme une prodigieuse incursion dans le fonctionnement monstrueux de l’imagerie médiatique. Utilisant une panoplie de techniques — encre de Chine, peinture à l’huile, à la bombe, déversements de couleurs acryliques —, Meyerson extrait son iconographie des magazines, la mouline sur son ordinateur, puis la représente dans un style aussi chargé que méticuleux. Si le désastre leste ses compositions, souvent de vastes dimensions, les détails l’emportent dans une saturation optique héroïque et schizophrène évoquée par le titre de sa dernière exposition individuelle new-yorkaise, «High Cholesterol Moment».

Le désastre à grande échelle — de l’espèce retentissante des déraillements ferroviaires, bombardements, tremblements de terre, catastrophes aériennes et nucléaires, pour ne citer que ceux-là — est la principale source de ses images. Dans ce sens, Meyerson est un héritier de Warhol. En même temps, ses créations rappellent les peintures néo-pop de Jeff Koons par leur palette galvanisée et leur riches couches iconographiques. Dans son cas, cependant, ce ne sont pas seulement des images qui se côtoient et se superposent, mais aussi des univers et des plans d’existence entiers.

On va de l’histoire de la peinture abstraite, figurative ou historique à l’Histoire tout court, cataclysmique et effroyable. Les perspectives, les échelles, les espaces et les périodes entrent en collision, produisant des juxtapositions improbables, voire sidérantes. Meyerson s’efforce de traiter les événements avant qu’ils se solidifient et que l’info, aussi brute et brûlante qu’une matière en fusion, s’agrège aux couches géologiques de l’Histoire.

Mais le plus extraordinaire, dans son approche de l’actualité, est qu’elle confine au chamanisme. Comme s’il pouvait accorder aux médias et à leur foisonnant fonds iconographique une sorte d’existence autonome, ou était en mesure d’écarter le rideau sur leur fonctionnement inconscient. En contemplant ces images désordonnées et agitées, en effet, on a le sentiment de regarder (ou d’être regardé par ?) des viscères qui s’efforceraient d’assimiler leur inassimilable contenu et de le digérer pour ensuite continuer leur dévoration. C’est de l’art fait en serrant le poing, comme aurait dit le poète post-moderne américain Ted Berrigan, qui affirmait «écrire d’une main, l’autre se cramponnant». Meyerson peint en se cramponnant. Il demande, ou simplement recommande que nous nous accrochions à nos sièges, car la soudaineté est la marque de ses créations.
Chris Sharp



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