Communiqué de presse
Andreas Kaufmann et Alain Josseau
Lieux de belligérance 3
Depuis six ans, le Centre des monuments nationaux et l'association "In Visu" produisent dans la forteresse de Salses des expositions et des projections d'artistes contemporains. Photographes, plasticiens, vidéastes de renommée internationale se succèdent dans ces hauts lieux historiques fréquentés par des milliers de visiteurs.
Après Monika Anselment, Francesc Abad et Bruno Serralongue en 2007, Sophie Ristelhueber, Renaud Auguste-Dormeuil et Till Roeskens en 2006, Antoni Muntadas en 2005, Joan Fontcuberta en 2003, Andreas Kaufmann et Alain Josseau réalisent cette année deux installations in situ pour le troisième et dernier volet de "Lieux de belligérance".
Lieux de belligérance, en référence à la pensée de Walter Benjamin:
Mis en oeuvre par l'association "In Visu" et la forteresse de Salses, dirigées respectivement par Louis Mesplé et Jean-Michel Phéline, ce programme est issu d'une réflexion critique sur un terriroire particulier où l'histoire et ses lieux, le paysage et ses frontières rencontrent l'actualité et ses crises, sur l'image et sa communication.
Dans cet espace marqué fortement par l'architecture militaire de la forteresse, le camp de Rivesaltes, la ligne des Pyrénées et ses passages physiques, politiques et culturels, domine la figure de Walter Benjamin.
En référence à cette pensée essentielle dans le champ actif de la mémoire, les artistes présents dans ces "Lieux de belligérance" travaillent dans le creuset de la production abondante des images, les refondent, créent les liens esthétiques par lesquels se révèlent les problématiques d'hier à aujourd'hui: ils ne sont naturellement ni dans le commémoratif, ni dans le souvenir documentaire ou spectaculaire.
Alain Josseau, "Topography"
Peintre et manipulateur d'images, Alain Josseau a réalisé une dizaine de films et crée des dispositifs audiovisuels complexes utilisant les ressources de la technologie. Son oeuvre met en espace des paysages, des scènes historiques et des épisodes de guerre à travers des procédés par lesquels l'illusion et le témoignage se confondent. Il fabrique des installations spectaculaires où le regard est piégé entre l'évocation réaliste de faits connus et la fascination des techniques mises en oeuvre.
L'oeuvre produite à Salses par "In Visu" est une installation de grande dimension en lumière noire dans l'écurie nord de la forteresse, longue de 50 mètres. Elle révèle un paysage fait de 1500 fils tendus sur une structure invisible. Elle est la traduction en volume de l'analyse numérique d'une phrase de Julien Gracq disant: "ce pays de l'est était né pour la guerre", extraite de "Un balcon en forêt". L'écrivain, décédé en 2007, y évoque la topographie d'un paysage inéluctablement marqué par les passages de plusieurs guerres.
Cette oeuvre entre en résonnance avec les murs de la forteresse, qui portent le souvenir du tonnerre de l'artillerie pour la défense d'une frontière.
Andreas Kaufmann, "Stuffed Silence"
Une oeuvre audiovisuelle de l'artiste suisse Andreas Kaufmann, réalisée en collaboration avec les Maison des arts Georges Pompidou à Cajarc, sera projetée.
Cette installation lumineuse et sonore, intitulée "Stuffed Silence", révélée en 2007 en Catalogne (Olot), sera présentée dans le corps de logis nord de la forteresse, espace impressionnant de 45 x 5,5 mètres. Cette chorégraphie de mots, projetés et se mouvant sur les murs et la voûte de cet espace, évoque la menace que certains intégrismes, usant de la violence, font peser en plusieurs régions du monde sur la paix et la démocratie. Elle est accompagnée d'une musique électronique de Gabriel Ananda. L'installation sera reprise au printemps 2009 dans le cadre d'une exposition personnelle d'Andreas Kaufmann à Cajarc.
Andreas Kaufmann est un producteur d'idées et d'expérimentations visuelles. Observateur critique du monde actuel, il en rend compte dans des montages souvent monumentaux qui empruntent aux techniques de l'image sophistiquée des medias, de la communication, de la culture de masse et de la publicité.
Il a ainsi investi autant des espaces de musées et galeries que des sites industriels et urbains, avec des machineries de projection combinant l'évocation d'une histoire qui nous est proche et la provocation du spectateur à prendre une distance avec l'information la plus communément admise.
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