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AGENDA | ART
Allan Sekula
Allan Sekula
12 juin - 24 juil. 2004
Paris. Galerie Michel Rein
Produire une vision globale des réalités sociales de notre temps et des rapports de forces qui les déterminent à travers des photographies qui scrutent plus qu’elles ne fantasment, qui observent plus qu’elles ne contemplent. Loin des images esthétisantes, proche d’un discours social et critique.


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Communiqué de presse
Allan Sekula
Allan Sekula

L’origine de cette exposition est un texte plus ancien, écrit au début de l’été 2001 à l’époque plus «innocente» où il semblait que les modestes ambitions en politique étrangère de George W. Bush et ses conseillers allaient provoquer une confrontation avec la Chine et la remilitarisation du Japon. De même que j’allais pouvoir imaginer plus tard un opéra purement hypothétique (Black Tide, 2002), de même il a été possible par la suite d’imaginer une prière tout aussi hypothétique, à la suite de l’abordage désastreux d’un chalutier-école japonais par un sous-marin des États-Unis:

Prière pour les Américains et leurs alliés 16/06/01

Le ciel notre bouclier sera
Jamais le marché ne s’effondrera
Jamais les calottes glacières ne fondront
Jamais la mer n’épuisera

Une prière constitue un exercice séduisant pour un athée, voir Mark Twain et sa «Prière de guerre», largement oubliée aujourd’hui. Mais à quel moment le pessimisme matérialiste cède-t-il le pas à l’espoir, et l’espoir à-tout-prix à une nostalgie spiritualiste? Pourquoi ajouter les prières privées d’un incroyant à ce véritable Babel de prières qui émane d’une nation religieuse? Le tortionnaire-en-chef prie bruyamment pour les troupes, et les troupes à leur tour prient pour le tortionnaire-en-chef. Derrière le rideau, les avocats du Pentagone concoctent des exceptions au droit international.

Une séquence calculée de photos, ou alors une superposition involontaire, peuvent-elles constituer une prière? Un psaume? Ou «simplement» ceci: la trace d’un pèlerinage dans la ville où le vieux pilote du Mississippi est né, héraut de l’anti-impérialisme étasunien, en qui on ne veut plus se rappeler aujourd’hui que l’«humoriste» et le chroniqueur de l’adolescence masculine perdue. Ou encore ceci: une fusion de l’anonymat de Time Square et un carnaval de bas étage, juste hors de la portée de Disney, un «évènement artistique» hollywoodien, indéterminé en quelque sorte, et le dîner des quatre-vingts ans d’une mère et grand-mère? Elle, au moins, prie pour mon âme, et pour le monde.



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