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INTERVIEW
Patrice Joly

L’exposition Zones Arides est présentée à l’Espace Ricard et parallèlement au Lieu Unique, à Nantes. L’occasion est de revenir sur les origines de ces expositions et d’interroger la démarche des artistes invités à répondre à la proposition d’Olivier Mosset, à propos de l’Arizona, de ses mythes et de ses réalités. Entretien avec le commissaire de l’exposition, Patrice Joly.


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Anne-Marie-Jugnet-Alain-Clairet-<i>Lone-Mountain<-i>-1999-Courtesy-galerie-Cent8-Serge-Le-Borgne-Paris

Aurelien-Froment-<i>Island-of-Silence<-I>-2006-Techniques-mixtes-225-x-100-x-50-cm-Courtesy-Store-gallery-Londres

Anne-Marie-Jugnet-Alain-Clairet-<i>Mohave-Valley-9<-i>-2005-Acrylique-sur-toile-Diam-50-cm-Courtesy-galerie-Cent8-Serge-Le-Borgne-Paris

Morgane-Tschiember-<i>Sans-titre<-i>-2006-Diaporama-Courtesy-galerie-Martine-et-Thibault-de-la-Chatre

  
Propos recueillis par Damien Delille

Damien Dellile : comment s’est initiée cette exposition «Zones Arides» ?
Patrice Joly : L’exposition est partie de la volonté d’Olivier Mosset de rassembler des artistes liés à l’Arizona, lui-même vivant dans cette partie des États-Unis, à Tucson. Morgane Tschiember, qui est liée à Mosset, m’a proposé d’en assurer le commissariat, en rassemblant une équipe d’artistes. John Armleder avait déjà séjourné à plusieurs reprises à Tucson, Anne-M
rie Jugnet & Alain Clairet vivent au Nouveau Mexique. J’ai aussi invité Aurélien Froment, pour sson travail sur la cité d’Arcosanti, Wilfrid Almendra dont je connaissais une pièce qui pouvait parfaitement fonctionner dans l’exposition, ainsi que Mathieu Mercier pour ses photos prises là-bas. Cette exposition, que nous voulions présenter en France, s’est finalement cristallisée autour de deux lieux : à Nantes au Lieu Unique et à Paris, à l’espace Ricard.

L’exposition prend sa source en Arizona et se trouve pour ainsi dire catapultée en France. Quel lien est tissé entre ces deux univers ?
L’Arizona est une région pleine de clichés : avant tout celui du désert. Plus le cercle géographique s’élargit et plus les mythologies liées au territoire se multiplient, comme les images de cactus, de la musique et du road movie. L’Arizona est un véritable réservoir mythologique dû notamment au caractère grandiose du paysage qui fut le décor réel de la conquête de l’Ouest, puis le décor de nombreux westerns qui ont alimenté notre imaginaire d’occidental.
Mais il a aussi attiré de nombreux artistes, comme James Turrell, et tous les land artists qui y ont réalisé la plupart de leurs pièces très connues comme celles de Smithson, Walter de Maria ou Michael Heitzer.
«Zones arides» veut témoigner de cette dimension fabuleuse, de ce qu’il en reste, et de ce qui est advenu de toutes les intentions utopiques de ces années-là. Les land artists avaient investi un territoire désertique et résolument éloigné, ce qui les mettait à l’abri d’une appropriation marchande.
Mais le projet ne s’arrête pas à une revisitation nostalgique du land art, il s’interroge sur le devenir de ces spéculations en proposant la reconstruction d’un paysage américain au sein d’un centre d’art en tenant compte des réévaluations qui ont été faites sur ces entreprises et en essayant d’importer la complexité de la civilisation américaine actuelle. D’où le mélange des genres et des clichés, et la contiguïté d’éléments très symboliques comme la route de Morgane Tschiember ou les cactus de John Armleder avec les pièces de Mathieu Mercier ou le film d’Aurélien Froment aux contenus plus polémiques.

Cette vision est-elle proprement américaine ? Comment se retrouve-t-elle dans l’exposition à l’espace Ricard ?
La référence aux land artists américains est assez explicite dans l’exposition et on peut y voir comme une réponse aux utopies et aux problématiques présentes au sein de ce mouvement. La pièce de Wilfrid Almendra présentée à Nantes, constituée de sable et de pelles de bulldozer stylisées, fait penser à ce que disait Robert Smithson, qu’«au lieu d’utiliser un pinceau pour exercer son art, il aurait préféré avoir un bulldozer».
Il y a deux expositions vraiment différentes en France et une troisième qui sera présentée à Tucson, dont on ignore encore la forme qu’elle prendra. En travaillant avec des artistes qui y ont vécu ou séjourné (c’était la contrainte minimum exigée par Olivier Mosset pour participer à «Zones arides»), un regard sur la constitution du paysage américain, culturelle et physique, est proposé.

On peut donc parler d’un mouvement d’extraction du paysage ?
L’espace Ricard est plus civilisé, mais aussi beaucoup plus accidenté. La seule pièce commune aux deux lieux est la pièce de John Armleder : une nouvelle version de ses Flower Power avec des cactus à la place des roses. A Nantes, l’œuvre est placée à l’entrée de l’exposition et joue sur la confusion entre le côté sculptural et la dimension ornementale ou décorative des plantes d’entrée de foires ou de salons : cela en fait une sculpture «d’usage». À Paris elle fonctionne clairement avec la pièce de Morgane Tschiember, comme stimulant «réel» d’une vidéo très abstraite.
On peut aborder ces expositions comme la tentative de reconstitution d’un paysage du sud des États-Unis avec des éléments plus ou moins métaphorisés, l’espace Paul Ricard donnant lieu à une exposition plus «mentale» que celle de Nantes : la pièce de Wilfrid Almendra, par exemple, monstre mi-végétal, mi-mécanique, est une espèce de chimère; en face, le monochrome d’Olivier Mosset peut renvoyer à la supposée virginité du désert. Dans la troisième salle, on se situe délibérément dans des projections imaginaires où les peintures en forme de «hublots» de Clairet et Jugnet ouvrent sur une autre forme d’aridité, celle symbolisée par l’iceberg d’Aurélien Froment, tandis que sa bibliothèque circulaire renvoie à la constitution culturelle du paysage, sa dimension écrite, savante, utopique.

Au regard de la thématique et cette reconstitution mythologique, on trouve étrangement peu d’images et de présence iconique.
Effectivement, on a plus affaire à des impressions, des «touches», pour une exposition dépouillée et un tantinet aride. Sauf la pièce de Mathieu Mercier, qui peut se lire comme une «archéologisation» anticipée avec ces casques de football américain sous vitrines. J’aimais beaucoup ce côté hybride entre le masque africain et l’objet préhistorique, renvoyant à une dimension muséographique. Le caractère iconographique est plus présent au Lieu Unique, avec la route monumentale de Morgane Tschiember ou la pièce de Wilfrid Almendra, très spatiale. Si l’exposition de Nantes est une reconstitution plus physique du territoire, celle de l’espace Ricard se veut plus une cosa mentale, avec l’idée d’une ligne de

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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