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INTERVIEW
Bernard Utudjian (galeriste)

Directeur de la galerie Polaris, Bernard Utudjian reste fidèle à certains principes que les évolutions du marché de l’art bousculent souvent : une attention particulière à la qualité des matériaux, un attachement profond à la vocation de la galerie d’accompagner ses artistes sur la durée, une attitude de large ouverture, de conseil et d’accueil en direction des collectionneurs.


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Yto-Barrada-<I>Pastorale<-I>-(Tanger)-2001-Photo-C-print-125-x-125-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Eric-Larrayadieu-<i>Quelle-vie<-I>-2002-Photo-23-x-18-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Wout-Berger-<I>Ditch<-I>-2003-Photo-50-x-65-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Nigel-Rolfe-<I>Between-the-Devil-and-the-Deep-Blue-Sea<-I>-2002-C-print-50-x-60-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Nigel-Rolfe-<I>Between-the-Devil-and-the-Deep-Blue-Sea<-i>-2002-C-print-50-x-60-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Olivier-Rizzo-<i>Metempsychose<-I>-2003-Acrylique-sur-toile-60-x-72-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Anthony-Hernandez-<i>Belmont-3<-I>-serie-Pictures-After-L-A-2002-Photo-111-x-111-cm-Courtesy-galerie-Polaris

Stephane-Couturier-<i>Tijuana-New-Mexico-—-Calle-Villamar<-I>-2001-Cibachrome-123-x-154-cm-Courtesy-galerie-Polaris

  
Interview
Par Doreen Bodin

Paris-art. Votre galerie privilégie les artistes en début carrière. Pourquoi cette préférence ?
Bernard Utudjian. J’ai effectivement la particularité de travailler avec de jeunes artistes. Sur les quinze que je suis, douze ont fait leur première exposition avec moi. J’aime beaucoup l’aspect « découverte », voir mûrir le travail et accompagner ces premières années qui sont, à mon avis, les plus passionnantes.

Comment découvrez-
ous vos artistes ?

De plusieurs façons. On peut aller les rencontrer dans leur atelier, les découvrir lors d’une exposition institutionnelle ou à l’étranger, ou plus simplement par le bouche à oreille. Le plus souvent, ce sont les artistes qui déposent leurs dossiers à la galerie. Nous en recevons dix à quinze par semaine. L’artiste choisit à 50% sa galerie en fonction de ses goûts, de la manière dont elle travaille et de la réputation des autres artistes exposés. Tous les artistes que j’accompagne maintenant ont choisi de travailler avec moi. Mais il faut du temps, tout un cheminement, entre le moment où l’on effleure un travail, car regarder un dossier c’est effleurer le travail, et la confirmation des attentes. Avec Stéphane Couturier par exemple, trois ans se sont écoulés avant sa première exposition.
La programmation est toujours prévue un an à l’avance. Certains artistes ne souhaitent pas attendre et veulent exposer vite. S’ils ne souhaitent pas s’engager sur le long terme, je préfère les laisser partir. Il faut du temps et de la patience pour créer un lien fort entre le galeriste et l’artiste, afin que la collaboration soit fructueuse.

Quelles sont vos grandes lignes de choix ?
La qualité du médium reste pour moi très importante. Ce n’est sûrement pas la quête de la nouveauté qui me guide. Je ne suis pas à la recherche de l’artiste innovant, mais plutôt de celui qui affirme ce qui, à un moment donné, me correspond en peinture, en vidéo, en installation, en photographie ou en dessin.
Mes choix s’opèrent en fonction de mes connaissances en art et de ce que je souhaite ajouter au paysage artistique contemporain. En espérant, bien sûr, que l’artiste soit un jour reconnu.
Mais c’est encore plus égoïste. Je me demande tout simplement si j’ai envie d’avoir telle ou telle œuvre chez moi, de vivre avec elle et de m’interroger sur elle. Si c’est le cas, cela signifie que je suis capable de répondre aux questions des visiteurs.

Intervenez-vous dans la phase de création ?
Jamais avec les jeunes artistes. Il ne faut surtout pas intervenir. Certains de mes confrères le font. Pour ma part, je préfère poser des questions pour avoir confirmation, ou pas, de ce que j’imagine. Je peux donner mon avis sur le choix du format ou la qualité du matériau, mais jamais sur le sujet.

Qui fixe le prix d’une œuvre ?
La galerie et l’artiste. Je définis avec l’artiste un prix qui me semble être raisonnable, pas trop cher pour une première exposition.
C’est important pour moi de mettre l’œuvre à la portée du collectionneur sans que le prix soit prohibitif. Ce qui va complètement à l’encontre du marché où la tendance actuelle est plutôt de répondre à une demande. Les collectionneurs veulent telle photographie ou telle peinture de tel artiste en vogue, il faut donc que les galeristes satisfassent le client. Pourquoi mettre des prix raisonnables à la première exposition puisque de toute façon les gens achètent. Aujourd’hui, les collectionneurs qui suivent la carrière d’un artiste sont de plus en plus rares.
Le marché change et la galerie perd son rôle de découverte et de suivi. Les institutions comme les collectionneurs nous poussent à devenir des centres d’art.

Actuellement, les jeunes artistes sont très prisés sur le marché de l’art. Quel regard portez vous sur cette quête aux nouveaux talents ?
C’est une excellente chose car le marché ne s’est jamais autant ouvert aux jeunes encore aux beaux-arts ou qui sortent à peine d’une école internationale.

Pensez-vous que cela induise une perte de la qualité ?
Il est en effet aujourd’hui possible pour un artiste d’exposer très rapidement. Mais cela ne conduit pas à une perte du niveau artistique global, cela correspond plutôt à une modification du paysage. Les galeries doivent travailler encore plus dur pour imposer un artiste sur une troisième, quatrième ou cinquième exposition.

Mais quelle chance ces artistes ont-ils de durer ?
Tant le galeriste, le journaliste et le collectionneur sont satisfaits, personne ne se posera de questions sur la carrière de l’artiste. S’il disparaît, un autre prendra sa place dans la galerie, la collection ou le musée. D’autant plus facilement que les collectionneurs et les conservateurs ne suivent pas toujours un artiste.
Depuis dix ans, le marché s’est considérablement développé, ainsi que le nombre d’artistes présents sur la scène artistique. Mais ils sont consommés avec rapidité. Après avoir été propulsés dans un centre d’art français ou étranger par exemple, ils trouvent très vite une galerie et arrivent très rapidement sur le marché.
Est-ce que l’œuvre va pouvoir mûrir et se développer ? ce n’est pas sûr. Beaucoup de galeries tendent à se transformer en centres d’art, en trait d’union entre l’œuvre émergeante et le musée. Une galerie qui suit le travail de ses artistes pendant dix ans ne peut pas le faire avec vingt, quarante ou soixante artistes. C’est impossible. De plus en plus de galeries montrent un artiste une ou deux fois et passent le relais à un confrère.
Le turn over est devenu très important, alors que dans les décennies précédentes le panel des artistes d’une galerie restait fixe pendant sept ou huit ans, il change maintenant tous les deux ou trois ans.

Comment se passe la communication entre les galeristes ?
Nous sommes pour la plupart inscrits au

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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