Le transport, le déplacement sont aussi, et toujours, un mouvement réel ou juste un déplacement imaginaire, une quête personnelle et existentielle.
En suivant les personnages que Cécile Paris nous révèle, nous assistons à un retour sur soi, sur son histoire, et à une naissance aussi. Les souvenirs de voyages de Nathalie Talec sont encore plus personnels lorsqu’ils sont le fruit de la rencontre de son imaginaire et de la science que lorsqu’ils sont frottés à la réalité.
Mais le voyage appartient à tout le monde. Il peut aussi être celui du quotidien, d’un regard qui extrait au paysage banal son potentiel de merveilleux ("La fontaine aux amoureux" de Jean-Luc Moulène).
Il peut être aussi l’évasion du trivial, du trajet imposé, une forme de résistance chez Valérie Jouve ("Sans titre", avec Pierre Faure," Time is working around Rotterdam", "Synopsis d’un territoire"). Le voyage impossible ou subi peut condamner à rester, comme le racontent de Pierre Ardouvin ou le "Tunnel" de Delphine Coindet.
Inévitablement, tout voyage entrepris trouve sa chute, rencontre une arrivée, se cogne au réel. C’est ce dont témoigne la longue
suite de photographies, entreprise en 2000 par Melik Ohanian et toujours en cours, "Selected recordings".
Elle ponctue l’ensemble du parcours, comme un fil d’Ariane, tissant un lien entre ces départs et ces arrivées, entre le réel et le rêve, toujours chargé d’espoir. Des images sans paroles, sans légendes, des voyages, on ne sait où, ni quandune histoire sans personnages, faite de paysages et de géographie sans carte.
Un itinéraire impossible à retracer, et pourtant une histoire universelle, connue de tous ceux qui sont parti, et qui sont arrivés. Quelque part. Alors il faut construire, il faut que le rêve rencontre ce qui est.
Ce sont les projets de Archigram et de Peter Cook dont Alain Bublex s’empare pour les réveiller, les mettre à la lumière du présent, de notre paysage et de notre univers social. Ce sont les futurs possibles de Gwen Rouvillois, qu’ils soient terrestres ou martiens, des lendemains poétiques chargés sinon d’espoir, de possibles.
Ce sont des projets à taille humaine avant tout, des rêves à échelle d’homme, comme en témoignent les maquettes photographiées de Patrick Tosani. A échelle humaine, la réalité : la ville écrasante de Philippe Cognée, où l’individu doit creuser sa place ; les intérieurs du Val-de-Marne photographiés par Sabine Weiss, instantanés d’une réalité brutale, d’un rêve fabriqué, touchants d’humanité, des intérieurs qui pourraient
contenir "L’éruption du Weisuvoff", de la série "Le trésor des pauvres" de Daniel Spoerri, une oeuvre composée d’objets et de matières "kitsch", drôles et touchantes.
Cette présentation sera enrichie en cours d’année, comme l’ont été les deux précédents accrochages, eux-mêmes renouvelés plusieurs fois. De nouvelles présences d’artistes en résidence seront aussi l’occasion de ré-interroger cette collection.
Vernissage
Jeudi 9 octobre.