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Regina VirseriusLes Plis de la terre 08 sept. - 20 oct. 2007
Paris. Galerie Éric Dupont
Les photographies de volcans de Regina Virserius évoquent un art qui cherche à creuser le paradoxe de la matière et de l’esprit : esprit pétri de matérialité, matière modelée par l’esprit pour former un paysage mental.
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Communiqué de presse
Regina Virserius
Les Plis de la terre
La série des prises de vue du piton de la Fournaise et du cirque de Mafate à La Réunion est contemporaine des photographies de nus et d’étoffes regroupées par Regina Virserius sous le titre d’ Inflexion. Parallèlement à cette recherche sur les plis souples de la chair et du tissu, la photographe s’est intéressée au plissement de la croûte terrestre.
Les cadrages serrés de Regina Virserius rendent les pliures tangibles. Certaines photographies semblent se boursoufler et se creuser, donnant l’impression d’être des fragments de cartes topographiques en relief. Si les vues de volcan de Regina Virserius peuvent aussi être qualifiées d’abstraites, c’est avant tout d’une abstraction de la matière qu’il s’agit. Granuleuses, comme poudrées d’une poussière minérale, ses images frappent par leur opacité. Les sources de lumière ont été occultées, créant un effet nocturne redoublé par les tonalités assourdies de la pierre et de la végétation : gris mats, verts et bruns tirant sur le noir. Il n’est pas jusqu’au ciel qui ne paraisse épais et lourd. Les nuages qui l’envahissent forment des amas d’une densité étouffante.
Évocatrices d’une apothéose baroque, les nuées font naître simultanément une sensation de vertige : celle-là même qui a saisi l’artiste devant des sites hostiles où tout est négation de la présence humaine. L’ensemble des volcans constitue le premier travail de Regina Virserius sur le paysage naturel suite à plusieurs séries de paysages urbains. En quittant la ville, la photographe n’a pas pour autant opéré un naïf retour à une nature encore préservée. La beauté sublime du décor qu’elle a élu est celle d’un environnement qui échappe à toute mesure et qui semble moins intemporel que marqué par une temporalité existant en dehors de nous. De ce temps géologique et proprement inhumain, inscrit dans l’infinité des plis de la terre, Regina Virserius a recueilli les échos d’éternité.
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