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AGENDA | PHOTO
Philippe Durand
Offshore
24 sept. - 21 déc. 2008
Pontault-Combault. Centre Photo Ile-de-France
Les clichés de la série "Offshore" saisissent un paradis consumériste et en montrent le côté obscure : la pollution visuelle et l'entropie des objets de consommation.


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Communiqué de presse
Philippe Durand
Offshore


En 2005, le Centre Photographique d’Ile-de-France a amorcé une programmation d’expositions autour de la notion d’anti-spectaculaire.

A l’heure de la multiplication et de la rapidité des sources d’information, la surenchère monumentale, une approche de la photographie qui pourrait traiter de sujets d’actualité, du monde qui nous entoure, en détournant les codes véhiculés par la presse et la publicité s’est développée.

"Offshore", le projet de Philippe Durand autour des paradis fiscaux, s’inscrit dans cette logique.

À travers le projet "Offshore", Philippe Durand poursuit son exploration des possibilités de représentation des questions  contemporaines, notamment celle des flux liés à l’économie mondialisée.

L’exposition rassemble un ensemble d’images réalisées aux Caraïbes en 2006, à travers lesquelles Philippe Durand confronte l’hyper visibilité du monde marchand à l’opacité des flux financiers mondiaux.

Si les Caraïbes évoquent en premier lieu une destination touristique de luxe, ils constituent également un des symboles du capitalisme ultralibéral. Ces paysages luxuriants hébergent les chambres de compensation par où une bonne partie des richesses produites par le capitalisme mondial transite pour devenir invisible.

L’absence d’information des façades kitsch des banques offshore, réduites à une forme symbolique, s’oppose à l’étalage des valeurs marchandes produites par cette économie souterraine (voiturettes de golfs, voiliers, …).

Cependant Philippe Durand introduit une dimension entropique dans ce catalogue de signes produits par le monde contemporain. En effet, voitures, bateaux ou maisons désinvestis semblent aussi chercher à se dissimuler dans le paysage, comme de nouveaux rebuts en perte de valeurs qui instaurent une sensation de malaise. Philippe Durand tend à représenter autrement les grandes questions des évolutions historiques, en proposant un possible réalisme contemporain.

Philippe Durand s’intéresse à une photographie paradigmatique : une photographie qui traite de la photographie elle-même.

La plupart de ses clichés montrent ce que l’humanité, sous le règne du capitalisme, a fabriqué pour entrer dans notre champ de vision en tant que signe ; bien en vue pour que nous autres consommateurs, nous puissions voir en quels signes visibles les autres salariés ont transformé leurs salaires ; transformés en voitures, en cartes postales ou en vêtements, en bateaux, en visière pour pare-brise.

À ce monde appartiennent aussi les images qui ont été produites dans l’intention de nous faire dépenser nos salaires pour d’autres produits, comme les cosmétiques, les pharmaceutiques, les piscines et autres biens de consommation.

Ce paradis consumériste, Philippe Durand l’a saisi dans ses séries antérieures ("Les années nonante", "Choses modernes", "A lot", "A propos de Denise", "Pharmacie").

Philippe Durand s’intéresse au décalage entre l’image magnifiée par la publicité de ces signes et de ces objets et leur fonctionnement réel. Les figures, les sujets des photographies donnent à voir les indices de production d’une société capitaliste.

La pollution visuelle, propre au nouveau capitalisme, entre en écho avec l’opacité du monde de la finance, celui qui régit le capitalisme ultralibéral. Ainsi, ce qui, au premier coup d’oeil, pourrait paraître paradoxal dans le projet "Offshore" de Philippe Durand -  photographier la part invisible du capitalisme - n’est finalement que l’aboutissement d’une démarche mise en place il y a environ quinze ans, ceci étant son ultime conséquence.

Riche de son expérience antérieure, il s’est déplacé en 2006 aux Caraïbes, pour n’y trouver que des bourgades dans un paysage tropical.

Ces paysages luxuriants hébergent les chambres de compensation par où une bonne partie de la richesse produite par le capitalisme mondial transite pour devenir invisible. Les chiffres sur les écrans des chambres de compensation défilent loin des yeux de tous les photographes et de tous les juges fiscaux du monde.

En photographiant juste les banques et leurs enseignes, le photographe réactualise la remarque que Bertold Brecht faisait en 1931 : "…la simple reproduction de la réalité ne dit quoi que ce soit sur cette réalité. Une photographie des usines Krupp ou de l’AEG ne nous apprend pratiquement rien sur ces institutions…. La réification des relations humaines, par exemple l’usine, ne permet plus de les restituer".

En confrontant ces façades kitsch et insignifiantes des banques offshore à la "marchandise image", des limousines, des 4 x 4, des voiturettes de golf, des bateaux à moteur, à voile ou

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