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AGENDA | PHOTO
John Miller
Back to the garden
30 janv. - 10 mars 2007
Paris. Galerie Praz-Delavallade
L’exposition réunit un ensemble de 4 sculptures-paysages et 200 photographies issues de la série «The Middle of the Day», commencée en 1994.


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Communiqué de presse
John Miller
Back to the garden


«Les sculptures-paysages appartiennent à un groupe de travaux qui emploient la corne d’abondance – le plus souvent juste des fruits- comme trope. Je vois l’agrégation de fruits comme un déplacement du motif d’impasto brun que j’ai employé dans mes premiers travaux. Bien qu’une profusion de fruits soit en apparence bienfaisante, par certains côtés je la trouve plus grotesque qu’une allusion franche à l’excrément.

L’emploi de fruits en plastique est important. La promesse utopique de la corne d’abondance contraste avec l’aspect daté et de mauvais goût de ses éléments. Mon approche ici est en partie inspirée par certaines natures mortes tardives de Giorgio de Chirico. Dans ces dernières, il confronte le premier plan et l’espace intermédiaire, ainsi l’image pourrait être lue comme un paysage derrière un arrangement ordinaire de fruits ou comme un fruit géant mis en place dans un paysage. L’utilisation de Yayoi Kusama d’éléments répétitifs informe également mon approche de la corne d’abondance comme une sorte d’oblitération.

Les photographies présentées dans cette exposition font partie d’une série toujours en cours et commencée en 1994 : «The Middle of the Day». Ces photos sont prises entre midi et 14h. Je décidai de photographier des choses se prêtant à être lues comme «quotidiennes», considérant que cela signifiait selon moi des «choses tenues pour trop insignifiantes pour fonctionner comme des représentations». Paradoxalement, le sujet de toutes ces images est le Temps – ou, plus précisément la désignation sociale du temps, quelque chose de plus ou moins abstrait et invisible. J’ai choisi cette heure parce que c’est celle que j’aime le moins. Après avoir commencé la série il m’est apparu clairement que l’une des raisons de mon aversion était cela: dans beaucoup de cultures il s’agit d’un temps mal défini et ambigu.

À New York, par exemple, où le travail est marqué par l’éthique protestante, le désir de repos et de loisir se heurte à l’exigence de travail. Ce conflit soulève la question de l’évaluation. La production est-elle vertueuse et la consommation mauvaise? Chose curieuse, les photographes traditionnels considèrent que cette période de la journée est la plus mauvaise, car la lumière est souvent très dure à cette heure. Les tableaux de Giorgio de Chirico ont érigé cette dureté en vertu. Ils figurent le coeur de la ville à midi. Tout est vide. C’est de la sieste que provient leur inquiétante étrangeté. (Michel Leiris a aussi assimilé le point de midi avec la mort.)

Les sculptures-paysages sont clairement allégoriques. Contrairement aux apparences, les photographies ne le sont pas moins. Dans mon installation, le spectateur pourra lire ces scènes dans et hors de ces paysages sculptés.»

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Magali Lesauvage sur cette exposition.
Pour accéder à cet article, cliquez ICI

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