Communiqué de presse
Dennis Hopper
Dennis Hopper & le nouvel Hollywood
Cette exposition est réalisée avec la précieuse collaboration de Dennis Hopper. Icône du nouvel Hollywood et de l'underground artistique californien, Dennis Hopper demeure une figure incontournable des contre-cultures les plus radicales de la Côte Ouest, et ce depuis un demi-siècle.
Le succès exceptionnel en 1969 d'Easy Rider (20 millions de dollars de recettes), film atypique et novateur dont il est le réalisateur et l'interprète, constitue l’acte de baptême d'une nouvelle vague contestataire.
Un véritable bain de jouvence pour un cinéma américain en crise, déconnecté de la réalité, et dont les super productions pharaoniques dilapident beaucoup d’argent depuis le milieu des années 50. Symbole de la jeunesse et de l’anticonformisme, Dennis Hopper incarne un cinéma libertaire, au bord de la rupture.
Avec Easy Rider, road-movie nihiliste et métaphysique, à la bande son explosive, c'est un tout nouvel ordre du monde qui advient. Celui de l'émancipation des Noirs, du festival pop de Monterey, et des sit-in antiguerre du Vietnam.
Une Amérique où s'expriment librement les amateurs de rock et d'hallucinogènes, les hommes qui rêvent, les femmes qui assument leur sexualité, les artistes qui reconquièrent le réel, les cinéastes qui s'affranchissent de l’hégémonie des grands studios.
Easy Rider est un film sur la route, où Dennis Hopper, avec des partis pris de mise en scène insolites, convie le temps d’une scène les héros de son époque : Phil Spector (le producteur musical le plus influent et le plus inventif de l'histoire de la pop musique), Wallace Berman (artiste plasticien qui fut régulièrement exposé à la Ferus Gallery, grande galerie pop de Los Angeles, qui accueillit en 1962 la première exposition solo d’Andy Warhol en Californie, Andy Warhol: Campbell's Soup Cans), George Herms (artiste réputé pour ses assemblages faits à partir d’objets de récupération), et évidemment les acteurs Peter Fonda et Jack Nicholson, avant qu’ils ne deviennent des monstres sacrés.
Qu’est-ce qui a rendu possible l’émergence d’un tel film culte ? De quelle onde sismique a-t-il été l’origine ? En 1969, Dennis Hopper sur son Harley Davidson est connu des cinéphiles, qui se souviennent de lui aux côtés de James Dean en blouson noir dans La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955).
Connu également pour avoir joué aux côtés de John Wayne dans des westerns crépusculaires. Connu pour avoir claqué la porte de la 20th Century Fox en 1958. Pour avoir cosigné un ready-made avec Marcel Duchamp en 1963. Pour avoir joué dans les films expérimentaux d’Andy Warhol ("Tarzan and Jane Regained… Sort Of").
Pour avoir collectionné le Pop’Art avant tout le monde à Los Angeles (Roy Lichtenstein ou Jasper Johns). Pour avoir côtoyé ceux qui rendirent possible un soulèvement politique (de Jane Fonda à Martin Luther King). Pour avoir pris des centaines de clichés en noir et blanc de manifestations et de performances.
Pour avoir publié ses photos très stylées d’une nouvelle mythologie américaine en couverture de Vogue ou d’Artforum. Ou pour avoir assumé en public et sans pudeur les frasques de sa vie privée.
"Je viens de l’expressionnisme abstrait et du jazz", aime à dire l’acteur-réalisateur-artiste. Hopper a toujours été un amateur d’art réactif et un collectionneur inspiré, cherchant à inscrire la multitude de ses pratiques dans un réseau de connivences, au sein duquel il élit ses pairs.
Ses intérêts l’amènent au-delà des attentes de son public. Du cinéma vers la photographie. De la photographie vers la peinture et la sculpture. De la sculpture vers la performance. De la performance vers le film expérimental. De l’expérimental aux formes les plus populaires de la télévision, qui contribuent à ancrer définitivement son visage d’Ange en perfecto et stetson dans l’imaginaire américain.
Un homme aux multiples facettes donc, dont la filmographie croise Roger Corman, Sam Peckinpah, Francis Ford Coppola, Bob Rafelson, Abel Ferrara, Martin Scorsese, Robert Altman, David Lynch ou Quentin Tarantino. Dennis Hopper est le prototype de l’anti-Star border-line, dans une Amérique en ébullition.
Capable de jouer un marin amoureux d’une sirène ("Night Tide"), un cascadeur s’interrogeant sur la mort du cinéma ("The Last Movie", son deuxième long métrage en tant que cinéaste), un père alcoolique et incestueux ("Out of the Blue", son troisième), un vétéran du Vietnam saisi par des hallucinations ("Tracks"), un photographe prophète ("Apocalypse Now"), un espion receleur à l’oeil aiguisé ("L’Ami américain"), un toxicomane violent mais amateur de bluettes romantiques ("Blue