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INTERVIEW
Olivia Grandville
Olivia Grandville
14 juin 2008
Olivia Grandville est une alchimiste de la danse, qui métamorphose le son en gestes, l'air en matière visible. Avec My Space, présenté récemment au Centre Pompidou, la chorégraphe poursuit ses recherches sur la transcription sonore du mouvement. Retour sur un parcours riche en innovations et en expériences. 


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Olivia-Grandville-<em>Comment-taire-<-em>-2004-Pi-egrave;ce-r-eacute;alis-eacute;e-suite-agrave;-une-collaboration-avec-l-IRCAM-Courtesy-Olivia-Grandville-©-M-Jacquelin

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Olivia-Grandville-<em>My-Space<-em>-2008-Musique-par-Tom-Mays-et-J-eacute;r-ocirc;me-Noetinger-Courtesy-Olivia-Grandville-©-M-Jacquelin

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Olivia-Grandville-<em>My-Space<-em>-2008-Musique-par-Tom-Mays-et-J-eacute;r-ocirc;me-Noetinger-Courtesy-Olivia-Grandville-©-M-Jacquelin

Olivia-Grandville-<em>My-Space<-em>-2008-Musique-par-Tom-Mays-et-J-eacute;r-ocirc;me-Noetinger-Courtesy-Olivia-Grandville-©-M-Jacquelin

  
Céline Piettre. En 2004, vous créez Comment taire qui inaugure une période de recherche sur la transcription sonore du mouvement, avec l’appui des nouvelles technologies. Qu’est-ce qui est à l’origine de ces expérimentations ?
Olivia Grandville. Je ne suis pas musicienne mais j’ai beaucoup travaillé sur la musicalité du langage et la question de la temporalité du mouvement, le phrase.

Le créateur :
  • Olivia Grandville


    L'interview :
  • Olivia Grandville


  • Pour moi, les sons ont toujours été des matériaux de création à part entière : le bruit des pas ou des objets qui s’entrechoquent, les déplacements sur scène, les souffles, la voix… Alors, quand Serge Laurent, le programmateur des spectacles vivants du Centre Pompidou, m’a proposé un projet avec l’Ircam, j’ai tout de suite eu envie d’expérimenter un logiciel de captation du geste. Je l’ai vécu comme le prolongement naturel de mon travail, la possibilité de faire entendre, enfin, mon chant intérieur. Je voulais savoir si j’étais capable d’organiser musicalement quelque chose à partir de ma danse.

    Comment s’est passée cette collaboration avec l’Ircam ?

    Olivia Grandville. Pendant cinq semaines, j’ai travaillé en étroite collaboration avec Romain Kronenberg et Nicolas Leroy, respectivement assistant musical et informaticien de l’Ircam. Ils m’ont d’abord expliqué le fonctionnement du logiciel, capable d’identifier dans l’espace une silhouette, celle du danseur, et d’enregistrer certains paramètres de mouvement : vitesse, déplacement dans l’espace, déploiement des extrémités par rapport au centre du corps. Mais je me suis aperçue que cette silhouette n’existait qu’en deux dimensions, qu’il n’y avait pas de notion de volume, comme une marionnette qui écarte les pieds ou les mains.

    Très vite, donc, vous vous êtes heurtée aux limites de cette technologie de pointe ?
    Olivia Grandville. Oui, car ce sont des logiciels en voie de développement. Par ailleurs, les objectifs de l’Ircam en terme de recherche relèvent d’une optique musicale et non chorégraphique. Pour Comment taire, j’ai placé les caméras au dessus du plateau, je pouvais ainsi tricher avec cette notion de volume. Donc, finalement, j’ai tenté d’inventer avec l’équipe de l’Ircam les moyens de détourner les limites de l’outil et surtout de trouver une pertinence entre mes mouvements et les sons que je déclenchais ou ceux sur lesquels j’agissais. Au fil des expérimentations, je me suis détournée du principe de déclenchement, qui est basé sur une simple reconnaissance du mouvement — quand on bouge le bras, le logiciel produit un son ; quand on s’arrête de bouger, la musique cesse du même coup —, pour m’intéresser à la technique de synthèse granulaire, qui découpe le son en tranche, en grains. Avec ce système, l’arrêt d’un mouvement n’interrompt pas le processus sonore, mais le fige sur un fragment de son (ou de silence). Ma présence suffit donc à ce qu’il se passe quelque chose. C’est comme si j’avançais dans un fichier son par l’intermédiaire de mon corps métamorphosé en joystick. Comme si j’entrais dans le son. Tout cela semble ésotérique mais ça ne l’est pas. C’est très concret au contraire.

    Quelles ont été les conséquences de cette première expérience sur votre écriture chorégraphique ?
    Olivia Grandville. Ce qui m’intéresse avec les nouvelles technologies, et plus particulièrement avec ce principe de synthèse granulaire, c’est que j’ai l’impression d’évoluer dans un volume sonore. Il y a un phénomène d’illusion sensorielle. En règle générale, un danseur n’a pas de retour visuel sur son mouvement, il n’a qu’un retour perceptif. Là, tout d’un coup, j’ai un retour auditif, comme un comédien qui entend sa voix ou un musicien son instrument, ce qui me permet vraiment de composer avec cet outil là. Suivant la qualité du son, je vais avoir envie de produire tel ou tel mouvement : un son fulgurant m’incitera à fendre l’air de manière tranchante, un son plus dense me donnera l’impression de transporter une certaine épaisseur de matière etc.

    Et dans My Space, la création que vous venez de présenter au Centre Pompidou ?
    Olivia Grandville. Dans My Space, où je fais équipe avec les musiciens Tom Mays et Jérôme Noetinger, j’ai poursuivi le même travail, avec plus d’expérience et une possibilité de dialogue avec les musiciens que je n’avais pas rencontrée à l’Ircam.
    J’ai plusieurs sortes d’instruments à ma disposition. Certains me permettent de jouer avec toute une variété de sons, je vais donc être dans une danse très articulée, très phrasée rythmiquement. Avec d’autres, je voyage à l’intérieur d’un

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    Lepolsk MATUSZEWSKI
    ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
     
     
     
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