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AGENDA | ÉVÉNEMENT
Rachid Ouramdane
Loin...
12 mars - 15 mars 2008
Paris. Théâtre des Abbesses
Sur les traces de la guerre d'Indochine et de ses ravages identitaires, le nouveau solo de Rachid Ouramdane s'imprègne de l'histoire pour mieux la réinventer. Mouvante, tortueuse, surprenante, la danse épouse les changements de l'homme en sondant le labyrinthe obscur et lumineux de sa mémoire.


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Communiqué de presse
Rachid Ouramdane
Loin...

Horaires : 20h30

Création solo 2008.

— Chorégraphie:
Rachid Ouramdane
— Musique: 
Alexandre Meyer
— Images vidéographiques:
Aldo Lee

Avec son nouveau solo, Loin...,  Rachid Ouramdane propose un autoportrait atypique qui sous-entend un gigantesque déplacement, dont les échos se font sentir dans le titre.

À l’aune du débat postcolonial et postidentitaire, Rachid Ouramdane, fils d’Algériens en France, aurait toute raison d’endosser le costume d’enfant de colonisés. Sauf que son père fut enrôlé dans les corps expéditionnaires d’Indochine. Au cours d’un voyage au Vietnam, une discussion le fait se rendre compte, non sans perturbation, que vu de là-bas, on lui renvoie l’image d’un fils de colon.
D’où un appel à la mémoire, en tant que mode actuel, vivant et ambigu, de relation à soi et aux autres: «Des guerres terribles ont eu lieu, des atrocités commises. Mon père était d’une génération claquemurée dans le silence. Mon but n’est en rien de reconstituer des faits historiques, mais de voir quelles identités ces faits ont généré, jusque dans l’intime».

D’Hô-Chi-Minh-Ville à Haïphong et Saïgon, puis Laï Chan, Son La ou Dien Bien Phû, Rachid Ouramdane a consacré trois mois à repérer, puis parcourir, les localités figurant sur la feuille de route de son défunt parent. Au côté du vidéaste Aldo Lee, il a enregistré vingt-trois heures d’images, dix d’entretiens avec dix interlocuteurs. Il ne s’agit pas d’un reportage, mais d’une démarche d’artiste, par l’objet du questionnement comme par ses modalités de culture de l’intime, invention de la relation et sensibilité subjective. On observe de la retenue dans le nombre de personnes rencontrées. On remarque leur profil: la plupart homologues de Rachid Ouramdane, jeunes artistes, plusieurs ayant grandi en exil, connectés à des cultures diverses hors territoires, et fruits de reconstructions complexes.

Reste à en faire un projet de danse. Tout juste  rentré de voyage début janvier, Rachid Ouramdane n’avait pas encore gagné le studio de répétition. Son travail allait être celui d’un instrumentiste maître de son corps, disponible à une multitude d’essais, d’expérimentations: «Il ne s’agit pas pour moi de relater une autre culture gestuelle, même si je l’ai observée dans la rue, dans l’exercice des métiers, ou les raideurs militaires, pratiques gymniques, nouvelles attitudes pop juvéniles. Ma recherche est de toujours donner à voir le ressenti de mon geste. À propos de corps démembrés, d’identités déstructurées, je dois saisir ce qui me traverse. Ce sont des chocs contenus, des rapports extrêmes, fussent-ils très maîtrisés. Rien de tout cela ne peut se développer dans un simple phrasé».

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