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Vittorio Santoro, The World Was Full of Objects and Events and Sounds That Are Known to be Real...,2011. Groupe de vingt collages (images de journaux sur papier) montés sur bois peint en gris, encadrés en plexi.<br><br>Courtesy de la Galerie Campagne Première (Berlin), © Vittorio Santoro, Photo: Patrick Lafièvre. Vittorio Santoro
Le hibou tourne la tête pour regarder ailleurs
06 mars-31 mars 2012
Vernissage le 05 mars 2012
Paris 8e. Fondation d´entreprise Ricard
Les œuvres de Vittorio Santoro mêlent textes, sculptures ou graphismes, et s'intéressent principalement aux mécanismes de l'ordinaire et aux relations que nous entretenons avec les clichés et le pouvoir. Seront également présentées des œuvres inédites s'interrogeant sur le rapport créateur/spectateur et la fonction sociale de l'art.
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Communiqué de presse
Vittorio Santoro
Le hibou tourne la tête pour regarder ailleurs

Les œuvres de Vittorio Santoro sont enracinées dans l'observation du quotidien et visent à révéler ses réalités historiques, esthétiques, socio-politiques, et métaphysiques. Elles sont généralement des compositions visuelles complexes, faisant fusionner des références variées, mais peuvent tout aussi bien être le fruit de gestes simples et dépouillés. Elles se focalisent surtout sur les mécanismes de l'ordinaire et étudient attentivement nos comportements individuels. L'enjeu est alors de voir comment nos attitudes entrent en rapport avec les réseaux de clichés, d'idéaux communs, de modèles d'autorité, ou de procédés impliquant la manipulation et le pouvoir.

L'installation Reciprocal Scrutiny (bordereau) (2009) évoque l'ambivalence de la perception. Une photographie re-photographiée du soi-disant «bordereau», note diplomatique écrite à la main, et aujourd'hui conservée dans les Archives nationales françaises, apparaît en évidence dans une image presque noire, comme si l'histoire s'était transformée en une entité spectrale. Ce «bordereau» servit à incriminer Alfred Dreyfus dans la fameuse «affaire» de 1894. Sur le mur opposé les mots «Reciprocal» et «Scrutiny» en texte néon suggèrent une relation dialectique avec le document opaque, réminiscence du Carré Noir de Malévitch. Cet agencement de l'image et du texte libère un espace vide au centre du dispositif, et ouvre un passage silencieux au spectateur où les voix du présent et du passé se chevauchent. C'est l'une des caractéristiques de ces créations: le capital politique de la pièce est largement «réfracté» par des stratégies visuelles et spatiales de distanciation, des effets de miroir et d'inversions, mis en œuvre avec une économie de moyens.

Ainsi, même les situations alambiquées semblent être ancrées dans l'ordinaire et subsumées par lui. La pièce Goodbye Darkness IV, Elephants Don't Play Chess (a loose conversation on some aspects of BWV 1001–1006 with Kerwin Rolland) (2010) consiste en l'assemblage de plusieurs objets industriels: un store vénitien percé par un tasseau de bois, associé à un intérieur; deux miroirs face à face (un suspendu), se reflétant l'un l'autre et créant, de facto, une réflexion infinie; deux ampoules émettant une lumière pulsée (programmée en fonction d'un cycle provenant de l'enregistrement sonore d'une phrase particulière, qui, à son tour, a été permutée, visible dans les légendes accompagnant l'œuvre). La pièce, librement inspirée par la structure polyphonique notamment des 6 Sonates et Partitas pour Violon écrites par Johann Sebastian Bach en 1720, est pleine de résonances stimulées par ce langage construit et composé d'un rythme muet – le jeu de lumières des ampoules. Cette pièce, placée dans un angle, s'imbrique à l'espace environnant par des réflexions, des symétries partielles ou échos formels.

L'exposition présente également différents «time-based text works» connus du public. Des fragments de textes sont disposés sur l'étendue blanche d'une feuille de papier, retranscrits et travaillés presque comme une sculpture par leur inscription quotidienne répétée au même endroit au moyen d'une pointe de graphite, durant une période allant de trois à six mois voire plus.

D'autres œuvres telles que l'insaisissable série de dessins 7 Erased Contributions (2008), ou l'installation intitulée The void left by things (2010/2012), montrent une autre facette de l'examen du quotidien que propose Vittorio Santoro. Ces deux groupes d'œuvres révèlent l'intérêt de l'artiste pour la relation entre le spectateur et le producteur, entre l'acte de création et de réception, et comment cette relation joue dans le contexte formel de «l'exposition». Elles sont basées sur des scripts qui impliquent la participation d'autres individus ou d'un groupe de personnes à la construction des pièces, et soulève, en dernière instance, la question de la fonction sociale de l'art.

Enfin, des œuvres spécialement conçues pour cette exposition en compléteront le propos tels que Taches de soleil dans la forêt (2012), un cycle de lumière diffusée dans les locaux de la Fondation, ou une nouvelle installation sculpturale en plusieurs parties évoquant le cosmonaute soviétique Y. A. Gagarine, transformé malgré lui en mascotte humaine populaire pour servir la propagande politique durant la Guerre Froide.

Vernissage
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